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Les soignants refusent de se faire vacciner : Covid chez Kafka
Les soignants méritent-ils toujours d’être glorifiés comme nos héros magnifiques ? A vous de juger.

Par Bertrand Nouel,
le lundi 8 mars 2021

Ils sont une forte proportion chez les infirmiers, et plus encore chez les aides-soignants, à refuser de se faire vacciner contre la Covid. Seuls environ 30% ont reçu le vaccin. En même temps, comme dirait qui vous savez, la Covid est devenue la première maladie nosocomiale française (44.000 cas depuis le début de l’épidémie). Un merveilleux thème pour Kafka.

Inutile de broder sur l’inacceptabilité absolue de cette prétention des soignants. Depuis longtemps, le Code de la santé publique, ainsi que le code du travail, rendent obligatoires pour les professionnels de santé les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, l’hépatite B, la tuberculose et dans certains cas, la typhoïde. C’est notamment grâce à cette obligation que l’hépatite B a été quasiment éradiquée en France. Pourquoi en serait-il autrement avec la Covid ?

Il faut dire que les propres déclarations de nos dirigeants n’ont pas aidé à faire admettre le vaccin Astra Zeneca, les autorités de la santé et le chef de l’Etat lui-même ayant exprimé leurs doutes sur l’efficacité du vaccin en question. Mais c’était fin janvier, et depuis, les études ont montré qu’il n’en était rien. Le débat ne peut plus être élevé que de mauvaise foi.
Que peut faire l’Etat ?

A part évidemment multiplier les possibilités de vaccination, c’est assez kafkaïen :
  Interdire aux soignants non vaccinés l’exercice de leur métier, de façon à éviter l’extension nosocomiale du virus. C’est la mesure la plus simple et celle qui est la moins susceptible de générer des problèmes sociaux. Elle a cependant les graves inconvénients de vider les hôpitaux de leurs soignants, cependant que ces derniers sont payés à ne rien faire ;
  Exhorter les soignants à se faire vacciner en les ramenant à la raison et à leur sens des responsabilités. Pour quel résultat ? ;
  Faire passer un texte de loi obligeant les soignants à se faire vacciner, sous peine de sanction, à savoir le licenciement, comme c’est déjà prévu pour les autres vaccinations obligatoires rappelées ci-dessus. Elémentaire, mon cher Watson ? Aïe ! Certains médecins tremblent à l’idée que les soignants fassent valoir leur « droit de retrait » !! Du coup, « l’hôpital français ne s’en remettrait pas ». Celle-là, on ne s’y attendait pas.

D’accord, on ne sait pas si les soignants oseraient invoquer leur droit de retrait pour répliquer à la décision de rendre obligatoire la vaccination – mais y a-t-il de la fumée sans feu ? Et le médecin qui exprimait sa crainte ne connait probablement pas les conditions juridiques d’exercice de ce droit de retrait, à savoir l’existence d’un « danger grave et imminent » s’opposant à l’exécution de la mission donnée au salarié, conditions qui ne sont absolument pas réunies ici. Le pompier qui va au feu affronte un danger autrement plus grave et imminent, de même pour les forces de l’ordre qui encadrent des manifestations ou tombent dans des guet-apens. Il est insupportable de penser que les soignants pourraient tenter de se « retirer » de leurs obligations professionnelles au prétexte de ne pas risquer quelques heures de fièvre bénigne – que la population de son côté est prête à risquer. Il est aussi insupportable de constater la dégradation de l’autorité légale, se manifestant par la crainte de voir exercer un chantage odieux à la désorganisation de l’hôpital. Oui, c’est bien comme si les pompiers refusaient de se rendre sur les lieux d’un incendie, et l’on a peur que cela se réalise.

Le gouvernement, placé dans cette situation digne de Kafka, a pour le moment choisi l’exhortation, tout en exprimant son exaspération et en ajoutant la menace de rendre obligatoire la vaccination. C’est la bonne solution, mais si les soignants refusent de se rendre à la raison, les Français devraient être prêts à manifester eux aussi leur exaspération, et à applaudir des sanctions drastiques à l’égard des récalcitrants, quitte à crever un abcès avec les conséquences que cela comportera sur l’hôpital. Les médecins hospitaliers disent que ce n’est pas le moment, en pleine crise sanitaire, d’engager un bras de fer avec les soignants. Si, précisément.

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4 réactions :

  • 1. Par Frantz, le lundi 8 mars 2021 (11:20)
    Question

    Savez-vous que la phase III de l’étude du premier vaccin disponible, prouvant la sécurité et l’efficacité sera fini qu’en décembre 2023 ?

  • 2. Par weiss, le lundi 8 mars 2021 (11:21)
    Pensée unique

    Effarant de voir sur ce site un article aussi univoque, qui ne s’interroge même pas sur les causes dont il déplore les effets, et qui piétine la liberté de conscience, et même la liberté tout court...

  • 3. Par ge39, le lundi 8 mars 2021 (15:30)
    Ils doivent être "démissionnés"

    "Les médecins hospitaliers disent que ce n’est pas le moment, en pleine crise sanitaire, d’engager un bras de fer avec les soignants. Si, précisément."
    Alors, s’ils ne sont pas d’accord avec cette obligation de se faire vacciner, alors qu’ils s’en aillent ailleurs porter leurs "nosocomials de leur mal gré" ailleurs qu’à leurs patients de l’hôpital publique.
    Et si cela ne suffisait pas, que tous ceux qui fument, de ces "soignants, infirmiers, médecins et autres pontes médicaux", qu’on leur administre une bonne foi pour toute, de la nicotine pure. Ils ne savent plus le nombre de cancers des voies respiratoires et le cout financier pour la nation.
    Donc, tout "soignant" doit être sain de corps et d’esprit avant de se croire libre, protégé par un statut professionnel qui risque d’exposer comme celui des policiers, de pompiers et autre chauffeurs de bus sous les coups de butoir des futurs égalitaristes "malades".
    Et comme le disait le maréchal français durant le siège de Dole en Franche-Comté, "Tuer les tous, il en restera toujours quelques uns".

  • 4. Par Noël talagrand, le lundi 8 mars 2021 (17:23)
    Les soignants refusent ; ; ;

    Mettant à profit un petit séjour en hôpital de jour vendredi dernier j’ai procédé à mon sondage personnel. Le médecin était vacciné, l’interne "allait le faire", l’infirmière n’en avait pas l’intention. Ecoeuré je n’ai pas interrogé les aides-soignantes.

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