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Les incitations positives comme solution de réforme
L’exemple par la Santé

Par Yves Buchsenschutz,
le mercredi 20 novembre 2019

Si l’on veut vraiment faire changer des choses, l’expérience semble montrer que trois conditions sont très utiles, sinon absolument nécessaires :
Premièrement : que tout le monde soit convaincu de la nécessité absolue d’évoluer. Sans urgence il n’y aura pas de mouvements.
Deuxièmement : une fois le cadre établi, étudier les solutions avec les personnes concernées, utilisateurs mais aussi réalisateurs.
Troisièmement : utiliser chaque fois que possible, des incitations positives et éviter les punitions.

Le domaine de la santé est devenu un gouffre financier, il est passé de 6 à 12% du PIB (lui-même en croissance) en l’espace d’une vingtaine d’années. Qui ne se réjouirait pas, en tant que responsable de ce domaine, de cette expansion hors normes ? L’ensemble des personnels de santé a des emplois qui se développent, se spécialisent, se perfectionnent, etc. Les malades, eux, sont mieux soignés et vivent plus longtemps. Toutes les raisons d’être heureux, et pourtant c’est la grogne généralisée.

À date, au moins pour la partie hospitalière, 80% de l’univers est public et 20% privé, dans ce cas, un peu paradoxalement, moins coûteux. Les deux fonctionnent et chacun peut choisir. Pourquoi ne pas laisser le privé se développer un peu plus si cela permet un meilleur rapport qualité-prix ? Alors organisons-le avec les professionnels et les malades [1].

Le phénomène hospitalier est transposable quasiment en l’état dans le domaine de l’éducation : 80% publics, 20% privés. Mais cette fois-ci, un vote plutôt favorable au privé pour les clients, et au public, pour les enseignants. Comme le client est roi, comment organiser un nouvel équilibre tenant compte de la volonté des parents tout en préservant la situation, mais pas les rentes, surtout intellectuelles ou syndicales, du corps enseignant. Là aussi, il suffit de débloquer un verrou.

D’autres exemples sont disponibles : ce n’est pas parce que l’on a des fonctionnaires que l’on n’est pas capable d’intégrer des notions de progrès, d’efficacité, et de productivité. Il semblerait qu’un individu à Poitiers a parfaitement mis au point, sans moyens exceptionnels, un système de gestion des urgences qui fonctionne sans à-coups. Pourquoi ne pas l’observer et le diffuser ailleurs ? (Il semblerait que certains autres pays d’Europe, aient eux aussi, choisi des voies parallèles).

Des pionniers de la CNAM ont réussi dans l’Ouest et dans les Yvelines à maîtriser beaucoup mieux que la moyenne leurs dépenses : à défaut de les imiter purement et simplement, inspirons-nous de leurs expériences, cela en vaut la peine.

Rappelons néanmoins l’absolue nécessité de l’urgence, l’étude en commun des solutions, la promotion délibérée des incitations positives. C’est plus long et plus compliqué, mais cela marche beaucoup mieux.

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[1Evitons en tout cas les solutions initiées par Bercy qui consistent à installer les échecs universitaires dans les déserts médicaux. (Au demeurant, de quoi je me mêle ?)

3 réactions :

  • 1. Par Ch-Ph de Vergennes, le jeudi 21 novembre 2019 (05:59)
    Les incitations positives

    Merci pour cet article.
    J’aurai cependant deux questions :
    1- le début du 3eme paragraphe : "A date..." est incmprehensible’ ;
    2- il en est de même du texte de la note [1], du moins de mon point de vue ....
    Cordialement.

  • 2. Par YVES BUCHSENSCHUTZ, le jeudi 21 novembre 2019 (10:27)
    Réponse YB

    Pour le §3 : c’est dans la partie hospitalisation seulement que la répartition public (hopitaux) / privé) est "bloquée" à 80/20, les remboursements de la SS aux cliniques privées étant inférieurs pour le même acte à celui accordé aux hôpitaux public.
    Concernant la note et les déserts médicaux : ce sujet, largement évoqué il y a quelques semaines, à vu éclore une solution proposée par le Ministère des Finances : récupérer les gens ayant échoué en médecine et leur donner la possibilité d’exercer tout de même dans les déserts moyennant un engagement d’y rester 10 ans au moins ! Avouons que la solution comme sa source sont plutôt étonnants. C’est Bercy qui s’occupe de la Santé ?

  • 3. Par gerard dosogne, le jeudi 21 novembre 2019 (11:01)
    Plus on est riche....

    Plus on dépense proportionnellement pour sa santé . C’est une constante mondiale : 6% du PIB en 1960 en France contre près de 12% aujourd’hui, avec un PIB passé de 50 milliards € en 1960 à 2250 milliards d’€ en 2018 (en prix courant) . Cette tendance continuera dans le futur mais il faut veiller à dépenser efficacement . C’est loin d’étre le cas en France !

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