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Suisse – France : Victoire par forfait !

Par Yves Buchsenschutz,
le jeudi 12 novembre 2020

Un ami m’a fait passer récemment ce petit comparatif entre la France et la Suisse. Bien sûr, ces deux pays ne sont pas tout à fait comparables, l’un est assez grand, l’autre plus petit, l’un possède de larges espaces agricoles, l’autre est envahi par les montagnes et les alpages, l’un a accès à la mer, l’autre est engoncé au centre de l’Europe… Mais tout de même : ils ont une frontière et une langue en partie commune et des civilisations pour finir assez proches. Mais ils ont géré différemment.

Indicateurs économiques - Comparatif France / Suisse
FranceSuisse
Richesse/habitant 46 000€ 64 000€
Dette publique 110% 30%
Déficit public 3,5% excédent
Fonctionnaires 26% 15%
Durée travail 35h 42h
Départ retraite à partir 52a (train) 66a
Retraite seule répartition 3 volets dont 2 en capital
Sécu monopole faux prix privatisée libre choix
Code du travail 3000 pages 50 pages
Chômage 9,3% inexistant
% industrie/PIB 12% 25%
Fiscalité enfer fiscal paradis fiscal
Monnaie forte + +++
Salaire médian 24 500 € 36 400 €
Poids de la finance 4,4% 9%
Sources Wikipédia / OCDE

En termes de résultats

la richesse par habitant est presque supérieure de 50 % en Suisse à celle de la France (en PPA)
le salaire médian de même (en PPA) [1] (le salaire moyen également : 65.800 contre 46.500 €)
le canton de Genève vient d’instaurer une sorte de SMIC à 3.800 € par mois ! En France il est à 1.540 ! Il est vrai que c’est pour 41 h de travail.
Les prix sont un peu plus élevés en Suisse mais la transformation de ces comparaisons en niveau de parité de pouvoir d’achat ne change pas fondamentalement la comparaison et les Suisses partent à l’étranger plus facilement et pour moins cher.
La Suisse est considérée comme un paradis fiscal ce que n’est certainement pas la France.
Elle a une monnaie forte, mais la France aussi, mais seulement grâce à la présence de l’Allemagne dans l’€uro. La France parle régulièrement de son manque de compétitivité prix, pas la Suisse !
Son budget est en excédent, nous n’osons plus dire où en est celui de la France, ni surtout où il sera.
La dette publique atteint 110 % du PIB au moins en France, contre 30 % en Suisse.

Comment font-ils ?

Les Suisses travaillent beaucoup plus que les Français : 42 heures par semaine au lieu de 35. Et ils prennent leur retraite à 66 ans au lieu de 52 dans le cas, il est vrai, le plus choquant, celui de la SNCF. Sur une vie, beaucoup de Suisses travaillent près de deux fois plus que les Français.
Les Suisses ont su conserver une industrie : 25 % de leur PIB contre près de 12 % en France. Un poids de la finance de 9 % contre 4 % en France. En face, seuls 15 % des Suisses sont fonctionnaires contre 26 % des Français. Plus de monde produit de la richesse, moins de monde administre.
Le code du travail français comporte 3.000 pages, le Suisse 50 ! La Suisse est un pays qui ne parle pas de la liberté mais la pratique, et qui aime l’économie, la simplicité et la responsabilité individuelle.

Un système vertueux auto-entretenu

Il n’y a pas de chômage en Suisse, donc les charges sociales à assumer sont moins lourdes et chacun a l’impression de cotiser et de bénéficier raisonnablement de ses efforts.
La sécurité sociale est privatisée, au choix de chacun.
Le système de retraite est mixte : un volet en répartition, deux en capitalisation.
la Suisse est compétitive et a sélectionné ses points forts : chimie fine, pharmacie, horlogerie, mécanique de précision, tourisme, banque, agro-alimentaire, etc. La suisse vient de voter pour une immigration maîtrisée.

Et nous ?

Peut-être pourrions-nous quelque part nous en inspirer en commençant par alléger le poids de notre administration en général ainsi que de nos folies législatives et réglementaires. Elles ont pour conséquence des ponctions collectives (impôts et charges sociales) insupportables. Ceci permettrait à la France de redevenir compétitive et progressivement de s’alléger de ses boulets. Nous ferions bien d’étudier le cercle vertueux de Mac Kinsey : une société en perdition ne se redresse pas toute seule. Il faut avoir le courage et la volonté de couper dans les dépenses d’abord, donc dans les tâches moins essentielles, pour se redonner un peu d’air. On peut ensuite réinvestir tant en productivité pour baisser les coûts qu’en promotion pour redresser le chiffre d’affaires. Une fois le ciseau un peu ouvert, on pourra tenter de reprendre une exploitation équilibrée. Faute d’efforts, les sociétés (et les pays) ne se redressent jamais toutes seules. [2]

D’aucuns feront remarquer que la Suisse est un pays moins amusant que la France. Ce n’est d’abord pas l’avis de tout le monde, ensuite, prenons conscience que nous payons notre laxisme d’un prix exorbitant qui va jusqu’à hypothéquer notre avenir et celui de nos enfants. D’autres insisteront sur sa taille comparée à la France : les petits pays seraient plus riches par construction. Certes, c’est souvent le cas, mais les USA sont au niveau de la Suisse.

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[1PPA parité de Pouvoir d’Achat

[2Mac Kinsey parlait de progrès en « hockey stick » i.e. « cela baisse depuis 5 ans mais va se redresser l’année prochaine ! » Il n’y a aucune raison que cela se réalise si aucune action exceptionnelle n’a été engagée.

6 réactions :

  • 1. Par geneviève bouché, le jeudi 12 novembre 2020 (13:53)
    on cesse de se faire des reproches, on se concentre sur les opportunités

    Ce comparatif est trompeur. L’activité financière de la Suisse lui permet, au regard de son petit nombre de citoyens, de faire tout un ensemble de manoeuvres que nous ne pouvons pas faire.

    Ceci dit, en tant que présidente de Forum Atena, je vous confirme que nous devons agir pour repenser nos infrastructures de données en s’inspirant du modèle Estonien (financè en partie par l’UE). Avec une telle infrastructure, nous pouvons rendre la France efficace.

    http://s298243136.onlinehome.fr/dotclear/index.php?post/2020/06/01/L-Etat-Plateforme-%3A-une-notion-incomprise-par-la-cours-des-comptes-%21-Pourquoi-est-ce-grave

  • 2. Par zelectron, le vendredi 13 novembre 2020 (02:44)
    l’évidence !

    A l’auteur, merci et bravo pour ce billet en forme de synthèse qui montre la France sous un jour qui devrait lui éviter de sortir de vieux clichés, poncifs et autres calembredaines qui ne font qu’enfoncer le clou d’un orgueil que nos amis tolèrent de moins en moins.

  • 3. Par Molimard, le vendredi 13 novembre 2020 (09:58)
    Travailler "moins" pour gagner beaucoup moins

    Cet article indique que les Suisses travaillent 2 fois + !? Pourquoi pas ?! Je prends deux exemples : Mon frère a quitté l’école à 16 ans et 7 mois avec son BEP Agricole, pour reprendre l’exploitation agricole, polyculture et élevage de mes parents dans notre belle région Auvergne Rhône Alpes, limitrophe de la Suisse. il a travaillé 365 jours par an(plus de 100 000 heures au final, comme nos amis Suisses), pour espérer toucher un peu plus de 720 euros par mois en retraite, il doit poursuivre jusqu’à 67 ans, d’ici là..70 ans ?! La maison qu’il habite est celle de mes parents, datant de 1878, bâtie par nos arrières grands parents qui vivaient sous Napoléon III. Bien entendu, pas de voiture récente, de congés possibles avec son troupeau, nourriture souvent en autarcie et quelques emprunts agricoles pour moins de 10 000 euros à rembourser...2) J’ai fait des études de Niveau I(le plus haut, jusqu’à 2019, 7/8 maintenant), dans certaines entreprises quasiment toujours en difficultés, en tant qu’employé jusqu’à dirigeant, j’ai du effectuer de 50 à 100 heures hebdomadaires, du fait de licenciements, je fais encore quelques heures pour une Mairie en attendant une retraite à 520 euros, mes salaires étant toujours restés faibles ou quasi nuls pour certaines périodes difficiles. Il me reste aussi une vieille maison plus que centenaire et une autre dévastée par les cas nationaux sociaux... En France tout le monde n’est pas à la SNCF !

  • 4. Par Jacques Peter, le lundi 16 novembre 2020 (10:10)
    L’exemple suisse

    L’exemple vertueux de la Suisse est à nos portes. Ils parlent même français dans certains cantons ;. On pourrait donc penser que nos ministres et conseillers de ministres s’y précipitent pour apprendre les bonnes pratiques et les adapter à notre pays.
    Pensez-vous, la Suisse n’inspire que mépris à nos énarques.

  • 5. Par zelectron, le lundi 16 novembre 2020 (22:09)
    Att. Yves Buchsenschutz

     j’ajouterais que le tableau que vous a communiqué votre ami me laisse anéanti, les différences avec la Suisse sont non seulement explicites mais encore insupportables !

    @geneviève bouché, tailler des territoires semi-autonomes de l’ordre de grandeur de la Suisse ?

  • 6. Par banville, le jeudi 19 novembre 2020 (15:17)
    Suisse – France : Victoire par forfait !

    Rien de changé sous le soleil ; tant que l’énarchie (de plus en plus prégnante) dirigera la France, les fonctionnaires augmenteront ainsi que les déficits.
    Mon ’discours’ est toujours le même ; plus on avance dans le temps, plus ma conviction est forte.
    Rappel : 600 énarques à Bercy => hallucinant !

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