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S’adapter en France, le parcours du combattant : un exemple vécu dans l’élevage !

Par Claude Sicard,
le samedi 9 mai 2020

Tous les esprits imprégnés d’idées libérales déplorent en permanence que dans notre pays l’Etat soit omniprésent : c’est une banalité que de le dire. L’Etat, en France, en effet, veut s’occuper de tout, il bride constamment les initiatives individuelles, tout particulièrement dans le domaine économique. Il existe, dans notre pays, une vieille tradition jacobine, mais cela tient aussi à un trait particulier de la sociologie française : on ne s’intéresse pas à l’expérience des autres pays, avec la conviction que nous savons mieux faire que les autres. Par exemple, le système de santé : il est très rudement mis à l’épreuve, aujourd’hui, avec la pandémie du Covid-19. Les Français s’enorgueillissaient d’avoir le meilleur système de santé du monde, et la crise du coronavirus montre qu’il n’en est rien ! Par ailleurs, on juge avec une certaine sévérité les individus qui par leurs talents personnels et leurs initiatives parviennent à s’enrichir. Curieusement, une exception est faite pour les footballeurs et les vedettes du show-biz, et il serait intéressant que les sociologues nous en expliquent la raison.

Nous voudrions, ici, donner à titre d’illustration un exemple parmi mille autres qui éclairera parfaitement les façons d’opérer aux Etats-Unis, d’un côté, et dans notre pays, de l’autre. Il s’agit d’un agriculteur qui avait voulu abandonner son activité de céréalier, peu rentable car ses terres sont ingrates, pour se lancer dans un élevage de bovins viande, un nouveau métier, donc, pour lui. Il était allé plusieurs fois aux Etats-Unis et avait été séduit par la rusticité et les facilités d’élevage des bovins de race Hereford. La race Hereford est la plus répandue dans ce pays : elle est d’origine anglaise, et les éleveurs américains l’ont considérablement améliorée. Les Hereford anglaises sont de petite taille, et par trop grasses. Les éleveurs locaux ont métamorphosé complètement ces bovins : leur taille a été considérablement augmentée et les animaux sont plus sveltes, avec moins de graisse superficielle. Il s’agit de bovins extrêmement rustiques qui s’accommodent aisément de pâturages médiocres, et c’est aujourd’hui la race qui couvre tout le continent américain, depuis le Canada, au nord, jusqu’aux fins fonds de la pampa argentine. Leurs trois qualités essentielles sont une viande savoureuse du fait qu’elle est très persillée, des facilités de vêlage qui font que l’on ne perd pratiquement pas de veaux à la naissance, et des animaux faciles à élever car de tempérament très doux, des animaux paisibles, ce qui est un avantage très appréciable pour un éleveur. Notre homme pensa qu’introduire cette race en France pourrait être intéressant au moment où les éleveurs de vaches laitières, généralement des Holstein, allaient devoir se convertir en éleveurs de bêtes à viande. Et il fit donc venir des Etats-Unis une cinquantaine de têtes pour se lancer dans l’aventure, en optant pour la race Polled Hereford, c’est-à-dire des Hereford sans cornes, car il y a, en effet, deux races Hereford différentes aux Etats-Unis, l’une avec cornes et l’autre sans. Il avait noté comment les éleveurs américains qui mènent bien leur élevage réussissent : ils essayent dans les foires qui ont lieu chaque année dans les Etats où il y a des élevages importants, de remporter le premier prix, et l’élevage sélectionné acquiert alors une renommée importante au plan national. Les éleveurs qui sont ainsi primés commercialisent pendant plusieurs années la semence de leurs taureaux, la demande étant forte car tous les éleveurs américains cherchent en permanence à améliorer la qualité de leur élevage. Et c‘est alors une activité extrêmement lucrative pour ceux qui parviennent à gagner ces concours. Les races, dans ces concours, sont évaluées au plan gustatif : des jurys réalisent des tests de dégustation, et la Hereford vient habituellement en seconde position, derrière la Angus, qui est toujours en tête : c’est une vache de petite taille, d’origine anglaise, dont la robe est toute noire.

Quelles furent donc les déceptions de notre apprenti éleveur ? Il y en eut beaucoup, et nous allons voir qu’elles illustrent bien les manières d’appréhender les problèmes de progrès, dans un pays et dans l’autre.

Première déception : Un permis de construire difficile à obtenir. Notre jeune éleveur voulut loger son employé sur la propriété car, sur une exploitation d’élevage il est indispensable qu’il y ait en permanence une présence sur place. Notre jeune éleveur trouva un chalet d’un peu plus de cent mètres carrés à acheter, une solution pour aller vite. Il déposa une demande de permis de construire, et il eut une réponse négative. Un double motif : la pente du toit n’est pas conforme aux normes, le toit du chalet n’est pas assez pentu, et, par ailleurs, pour un nouveau bâtiment, il faut que ce soit une extension d’un bâtiment existant, et encore y a-t-il une limite à respecter. Notre agriculteur eut donc à présenter un nouveau projet, en faisant intervenir un architecte : et l’on partit, là, pour un délai de réalisation d’environ une année.

Premier constat : On n’a pas le droit sur sa ferme, de construire un logement pour un employé autrement qu’en faisant une extension du bâtiment où loge le propriétaire lui même.

Deuxième déception : Le difficile recrutement d’un ouvrier connaissant l’élevage. Il fallut évidement recruter très vite un ouvrier ayant une certaine expérience dans le domaine de l’élevage, et ce fut très difficile. Notre apprenti éleveur s’adressa à l’ANPE locale. Au bout d’un mois, toujours aucun candidat ! Il se rendit donc lui-même à l’ANPE pour rencontrer la personne en charge de ce recrutement et elle lui dit : « Nous n’avons toujours personne : votre demande est très difficile ! ». Notre homme finit donc par recruter un ouvrier en passant lui-même quelques annonces, mais celui-ci n’avait aucune expérience dans le domaine de l’élevage bovin.

Second constat : Il est difficile de trouver du personnel qualifié, dans notre pays, et l’on sait que c’est ce dont se plaignent aujourd’hui la plupart des chefs d’entreprise. Quant à l’ANPE, on peut douter de son efficacité.

Troisième déception : Notre homme, à réception de son troupeau sur sa propriété, alla voir le directeur régional de l’Agriculture, un fonctionnaire donc de bon niveau du ministère de l’Agriculture, pour l’informer de son initiative. Il lui proposa qu’un de ses techniciens suive cette expérience, cette nouvelle race introduite en France méritant, dans son esprit, que l’on s’y intéresse, d’autant que cela se faisait complètement à ses frais. Celui-ci, à sa stupéfaction, lui répondit que cela ne l’intéressait pas, disant : « Nous connaissons très bien la race Hereford qui est maintenant inscrite au registre des races françaises : ce sont des bovins trop gras et courts sur pattes, et cela ne nous intéresse pas ». Notre jeune éleveur, tout dépité, tenta de lui expliquer que les Américains avaient complètement transformé cette race, en sorte qu’elle n’avait plus rien à voir avec les animaux anglais. Mais rien n’y fit.

Troisième constat donc : Nos hauts fonctionnaires qui dirigent le pays ne s’intéressent pas à des expériences étrangères : c’est dérangeant, cela donne du travail supplémentaire, et l’on se réfugie derrière un argument facile : « Nous sommes les meilleurs ».

Quatrième déception : Lorsqu’arriva la saison pour inséminer les bovins, notre jeune éleveur voulut entreprendre de vendre la semence de ses taureaux. A sa stupéfaction, on le lui interdit. En effet, en France des particuliers ne sont pas autorisés à vendre de la semence car seules les stations d’Etat sont habilités à le faire. Les éleveurs doivent obligatoirement se fournir, pour inséminer leurs vaches, auprès des stations d’Etat. Cette disposition empêche donc les éleveurs de prendre eux-mêmes des initiatives pour faire progresser les élevages : seul l’Etat a cette noble mission. Priver un éleveur de commercialiser la semence de ses taureaux, c’est conférer à la puissance publique le monopole du rôle d’améliorateur d’une quelconque race de bovins, dans notre pays. Notre jeune éleveur s’en trouva fort triste, car il réalisa que son projet s’effondrait. Il n’avait plus qu’à vivre médiocrement de son élevage, la source de revenus exceptionnels des éleveurs américains qui réussissent lui étant inaccessible.

Quatrième constat : l’Etat se défie du secteur privé, et il entend être le seul à être autorisé à introduire le progrès technique dans notre pays, du moins pour ce qui est des élevages de bovins. Le secteur privé risque de faire « n’importe quoi », et c’est l’administration qui sait le mieux ce qu’il convient de faire. On se prive donc, sans état d’âme, en France, des compétences et des initiatives d’entrepreneurs du secteur privé pour ce qui est de l’amélioration des performances des animaux dans le domaine de l’élevage bovin.

Cinquième déception : Notre apprenti éleveur voulut, pour se faire connaitre, aller exposer quelques spécimens intéressants de son troupeau au salon de l’Agriculture de Paris, un salon qui se tient chaque année porte de Versailles. Il loua donc un stand, et présenta un taureau, une génisse et deux très belles vaches. Pratiquement personne, pendant toute la durée du salon, ne s’arrêta à son stand : une race inconnue, des animaux peu spectaculaires, cela n’intéresse donc personne ! Seulement quelques amateurs de films de cow-boys vinrent l’interroger, car ils avaient reconnu les vaches américaines que l’on voit habituellement avec John Wayne dans les films Hollywoodiens. Il découvrit à cette occasion deux différences fondamentales avec les foires américaines. Premier point : en France, on prime des monstres, alors qu’aux Etats-Unis on prime les animaux qui correspondent exactement au gabarit et à la conformation de la carcasse qui permettent le mieux de rentabiliser un élevage dans la race en question. Second point : il n’y a pas, dans notre pays, de sélection des races à viande au plan gustatif, pas d’épreuve donc de dégustation, alors que ce que le consommateur recherche ce sont, évidemment, des viandes savoureuses. On élève des bovins viande pour consommer leur viande et pas pour les mettre en exposition dans des foires, mais jamais personne en France ne s’est préoccupé de savoir si une race a une viande plus savoureuse qu’une autre. Au plan gustatif, la Charolaise, aux Etats-Unis, vient dans les concours seulement en huitième ou neuvième position : les Américains nous disent que c’est une race faite pour tirer des charrues et non pas pour satisfaire des palais délicats. Et pourquoi prime-t-on, en France, des « monstres » ? C’est un réflexe issu des temps anciens où, dans les foires, les animaux les plus gros étaient considérés comme les plus beaux. On a conservé cette tradition, sans y réfléchir.

Cinquième constat, donc : On ne se préoccupe pas des goûts des consommateurs, et l’on se fonde sur les poids des animaux pour juger de l’intérêt d’une race. On continue à donner pour modèle aux éleveurs les animaux les plus lourds possibles, sans que l’on se préoccupe de savoir combien ils ont coûté : les problèmes de rentabilité pour l’éleveur paraissent secondaires. Ces animaux au gabarit exceptionnel coûtent cher en alimentation et en soins vétérinaires, et il n’est même pas certain, d’ailleurs, que les taureaux primés soient capables de se reproduire !

Sixième déception : Le problème des conseillers agricoles, en France. Notre novice éleveur allait avoir besoin de s’appuyer sur des conseillers agricoles. Aux Etats-Unis, dans le domaine de l’élevage bovin, chaque race dispose de son propre corps de conseillers. Les vulgarisateurs de la race pour laquelle ils travaillent visitent les élevages, ceux de la race en question pour aider les éleveurs à améliorer leurs performances, et ceux d’éleveurs orientés sur d’autres races pour les convertir à la race pour laquelle ils militent. Toutes ces démarches se font chiffres en mains. On voit d’ailleurs, assez souvent, quand on visite des ranches américains, de grandes pancartes disant : « C’est avec la race « X » que vous gagnerez le plus d’argent ». En France, rien de tel : ce sont les chambres d’Agriculture qui sont chargées de faire de la vulgarisation, mais ayant très peu de moyens elles sont peu actives : le paysan ou l’éleveur a, alors, affaire à des techniciens polyvalents, souvent débutants, qui de surcroît ne voient les problèmes que sous un aspect technique : ils n’ont pas de formation en matière de gestion et ne disposent d’aucune donnée chiffrée, au plan économique. Ils peuvent induire les fermiers qu’ils conseillent à faire de lourdes erreurs sur le plan économique. lls ont une rémunération fixe qui n’est pas liée aux résultats de leurs actions, alors que dans le système américain c’est tout le contraire.

Sixième constat : la vulgarisation agricole est très mal faite en France, par des individus pas intéressés aux résultats. Par ailleurs, les vulgarisateurs dont nous disposons ne s’occupent que des aspects techniques, abstraction faite des problèmes de rentabilité pour les fermiers.

Septième déception : Faute de pouvoir vendre la semence de ses taureaux, notre apprenti éleveur voulut vendre des taureaux pour une monte naturelle : ce fut un échec. Ils ne donnent pas des veaux culards, lui dit-on, comme le font notamment les taureaux charolais. Notre homme eut beau expliquer que ce n’est pas, là, le problème : ce qu’il faut voir, tenta-t-il de faire comprendre, c’est la rentabilité d’un élevage. L’avantage que présente la Hereford c’est que les veaux naissent très facilement, et les éleveurs américains de cette race disent : « Cent veaux à la naissance, cent veaux au sevrage ». Avec les Charolais, le résultat n’est pas le même : on compte en moyenne 85 veaux au sevrage pour 100 veaux à la naissance, et il faut généralement une assistance au vêlage, avec souvent le recours à un vétérinaire ; et les césariennes sont fréquentes. Un calcul très simple est donc à faire : un veau culard vaut plus cher qu’un veau Hereford, mais avec la Hereford on ne perd aucun veau au vêlage. Il suffit de savoir faire des règles de trois.

Tous les éleveurs qu’il contacta furent surpris par sa démarche, car, leur dirent-ils quasi unanimement : « Nous avons, en France, les meilleures races bovines, les américains n’ont rien à nous apprendre. Au contraire, ils viennent nous acheter des taureaux, notamment des Charolais ». Ce que les éleveurs français ignorent c’est que les Américains ont agi avec cette race, comme avec bien d’autres, procédant de la même manière qu’ils l’avaient fait avec la Hereford anglaise : ils transforment la race importée, notamment en faisant des croisements, ceci pour en tirer le meilleur parti. Aussi les Charolaises américaines ne ressemblent-elles plus, déjà, aux Charolaises françaises. Avec les bovins charolais, par exemple, ils ont été surpris de constater que les jeunes taureaux étaient incapables de suivre les vaches du troupeau auquel on les incorporait, s’épuisant à suivre les génisses Hereford qui, elles, sont lestes et marchent beaucoup !

Septième constat : les habitudes dans le monde de l’élevage bovin viande français sont profondément ancrées : impossible, même avec des arguments économiques convaincants, de faire entendre raison aux éleveurs. Ce repli sur soi, que l’on retrouve dans beaucoup d’autres domaines, freine le progrès économique dans notre société : les sociétés qui sont prospères ont des acteurs flexibles qui évoluent dans leur manière de penser et s’adaptent en permanence. On n’est guère curieux des exemples venant de l’étranger : en somme, on n’a rien à apprendre des autres.

Huitième déception : la vente difficile des taurillons. Notre jeune éleveur engraissa soigneusement ses taurillons, des animaux que l’on vend à 18 mois. Il fut déçu de ne pas pouvoir en tirer un bon prix. Les taurillons Hereford se trouvent dépréciés du fait que le marché français réclame avant tout des animaux ayant de bons « arrières ».
Huitième constat : la clientèle française n’a aucune connaissance dans le domaine des viandes : on va chez son boucher et on lui dit : « Donnez-moi un bon bifteck », sans plus. Elle n’est donc pas exigeante. Ce sont les préoccupations des bouchers qui priment : c’est avec les animaux culards qu’ils gagnent le plus d’argent, et le client passe après. La race française la plus savoureuse, dont la viande est la plus persillée, est la race Limousine ; vient ensuite la Blonde d’Aquitaine. Et, la meilleure viande provient des génisses. Quant aux vieilles vaches laitières en fin de carrière, à l’âge de 10 ans, il faut bien commercialiser leurs carcasses. C’est de la viande moins savoureuse que celle des bovins à viande : on la trouve néanmoins sur les étals de nos bouchers, sans que les consommateurs en soient avertis. Les producteurs ne se préoccupent donc guère des consommateurs. C’est, là, un travers bien français. Longtemps, dans le secteur automobile, par exemple, les modèles furent conçus par le bureau d’études sans aucune enquête en clientèle pour appréhender les besoins et les goûts des utilisateurs. Et quand les commerciaux remontaient les récriminations des clients au bureau d’étude celui-ci répondait : « Le client ne connait rien à l’automobile ! ». Et l’on se souvient que ce sont les Français qui firent le Concorde.

Neuvième déception : la vente de vaches Hereford au roi du Maroc. Notre éleveur fut approché par un membre de l’ambassade du Maroc à Paris. Le roi du Maroc possède déjà des Hereford américaines, et il voudrait accroître son troupeau. On proposa donc à notre éleveur de lui acheter tout l’effectif disponible. Le marché fut rapidement conclu, pour cinquante têtes de bétail. Mais il se posa le problème du financement de cet achat, les Marocains demandant, comme à leur habitude, un crédit de la part des autorités françaises. On interrogea donc très vite le service étranger du ministère de l’Agriculture, et celui-ci répondit immédiatement négativement. La France accorderait volontiers un crédit au Maroc, mais seulement pour des vaches françaises ! Notre jeune éleveur fit remarquer à ses interlocuteurs que l’on se trouvait bien dans ce cas : la race Hereford est bien, en effet, aujourd’hui, considérée comme une race française ayant été inscrite au catalogue de nos races au temps où Jacques Chirac était ministre de l’Agriculture. Rien n’y fit : le membre du cabinet du ministre qui fut consulté s’en tint à la position de son ministère : le roi du Maroc doit acheter des Charolaises ! L’affaire ne fut donc pas conclue.

Cette brève histoire illustre bien la façon dont l’Etat dirige l’économie du pays et montre comment fonctionnent aujourd’hui les rouages de notre société : beaucoup de blocages sur le plan administratif, et, dans la société, des comportements rigides qui nuisent grandement au progrès économique. Une grande incapacité, en somme, à évoluer et s’adapter, et c’est ainsi que l’agriculture française, secteur d’où est tiré le cas que nous venons de traiter, se trouve dans la situation particulièrement difficile qui est la sienne, aujourd’hui, à la différence de ce qui s’est produit dans des pays comme l’Allemagne, la Hollande ou le Danemark, des pays qui ont su remarquablement évoluer.

Claude Sicard, économiste, consultant international

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3 réactions :

  • 1. Par zelectron, le samedi 9 mai 2020 (20:07)
    Seuls les fonctionnaires "irresponsables" savent ce qui est bon pour le citoyen !

    En ce qui concerne cet élevage ils s’ingénient à pervertir, abâtardir, altérer, avarier, avilir, corrompre, dégénérer, dégrader, dépraver, détériorer, frelater, vicier et surtout que notre éleveur soit content d’avoir reçu de si précieux conseils et actions (lesquels ?)

  • 2. Par Mal-pensant, le dimanche 10 mai 2020 (15:45)
    Mondialisation + PAC = Déclin du monde agricole français

    Merci pour cet article.
    Vous auriez pu rajouter une dixième déception importante avec la réponse à cette question :
    " Quel processus d’engraissement des bovins en France ? ". En effet, la filière engraissement Française est dans un état (État) catastrophique. Bref, revenons à nos moutons.

    L’État n’a pas organisé la production et consommation de légumes (notamment la pratique maraîchère) en France pourtant elle existe maintenant. Il n’a pas la compétence et la vision pour organiser l’élevage et la consommation de viande bovine en circuit court.
    Je pense que l’initiative doit venir des consommateurs et des agriculteurs.
    Nous, consommateurs, devons commencer par comprendre le processus d’élevage (Naisseur, engraisseur, abattage) et les différents types de viande (1) afin de savoir ce que l’on achète. Lorsque nous aurons tous constaté que l’engraissement des bovins est amené à disparaitre du pays alors que l’on continue à nous servir une viande « origine France », nous serons sans doute plus attentifs à consommer notre viande garantie France de la fourche à la fourchette.
    Du côté des éleveurs, il faut également prendre conscience qu’il n’est plus tenable que la PAC soit le seul moyen de survivre. Que les schémas préconçus du ministère de l’agriculture, des chambres d’agricultures, des coopératives… ne sont pas tournés vers le consommateur mais plutôt vers l’économie mondialisée quelle que soit la qualité. Pour mettre en place ces schémas agricoles inadaptés, nos agriculteurs de l’UE bénéficient des aides de la PAC cette dernière permet également d’estomper l’échec du marché mondialisé. Finalement derrière les aides de la PAC on dit aux agriculteurs : « Vous allez faire ce que l’on vous demande et ce que vous allez mettre en place ne sera pas rentable mais on aura la chance d’avoir une petite place sur le marché mondiale ».
    A l’image des débuts de l’agriculture BIO, qui n’a, aujourd’hui, majoritairement plus rien de BIO hélas, la filière « Viande bovine » devrait avoir recours au label BIO et au circuit court pour créer un nouveau mode de consommation.
    Comme pour les légumes, le consommateur est prêt à acheter plus cher mais il faut mettre des faits devant les mots. Ainsi nous pouvons imaginer que le système AMAP, que les étales bio de nos marchés… fassent place à la filière bovine. Il est vital pour nos éleveurs que la viande soit de entièrement élevée en France et consommée en circuit court.
    Une fois que ce système sera mis en place, le label sera sans doute pillé par la grande distribution mais qu’importe, l’élevage en circuit court existera.
    Pour pérenniser tout ça, je préconise de créer un nouveau label unique et français qui garantit non seulement une production responsable vis-à-vis de l’environnement mais également un produit créé en France de bout en bout.
    Un produit durable vendu dans le monde entier est une hérésie. En effet, dès que ce dernier parcours des milliers de kilomètres pour être consommé il n’a plus rien de durable.
    Pour conclure, je dirais que faire confiance aux autorités publiques pour aider à mettre en place un nouveau mode de consommation ou encore vendre une nouvelle race de viande c’est comme demander un prêt à une banque française pour la création d’une entreprise innovante, ni l’un ni l’autre n’ont une vision qui permet de comprendre la viabilité d’un projet pour l’avenir et le bien-être de notre pays. Il faut donc compter sur nous-même, sur les français…

    (1) Veaux : carcasses d’animaux ayant un âge inférieur à 8 mois ; Jeunes bovins : carcasses d’animaux mâles ou femelles d’un âge supérieur ou égal à 8 mois et inférieur à 12 mois ; Jeunes bovins mâles : carcasses d’animaux mâles non castrés d’un âge supérieur ou égal
    à 1 an et inférieur à 2 ans ; Taureaux : carcasses de mâles non castrés de 2 ans ou plus ; Bœufs : carcasses d’animaux mâles castrés de 1 an ou plus ; Vaches : carcasses d’animaux femelles ayant déjà vêlé ; Génisses : carcasses d’animaux femelles de 1 an ou plus n’ayant pas vêlé

  • 3. Par Catherine MEYER, le lundi 11 mai 2020 (11:30)
    Et quid du coût des fonctionnaires affectés à la filière

    Tout à fait d’accord avec Mal-pensant.

    J’ajouterai que tout ces blocages contribuent au déficit de l’état Français. Une série de corps d’état obsolètes, qui ne sont pas jugés sur l’efficacité des services qu’ils devraient fournir aux différentes filières.
    Au niveau de l’état, il est urgent de redéfinir les objectifs des différents corps, et de mesurer leur efficacité.
    De donner le droit d’essayer de nouvelle choses, de faire des erreurs, et de les corriger rapidement.
    Bref de mettre fin à l’immobilisme ambiant.
    Vaste programme, pour un président avec les épaules pour.....

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