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Les silences étourdissants des écologistes

Par Yves Buchsenschutz,
le dimanche 24 novembre 2019

C’est peu de dire que « l’écologisme » a le vent en poupe : il ne se passe pas un instant sans que dans les journaux, les médias, voire tout simplement dans les comportements, l’écologisme (religion des écologistes ) ne prenne la parole avec une assurance désormais incontestée : il faut cesser de consommer, faire des bâtiments autonomes et verts, manger bio, interdire les animaux dans les cirques, cultiver soi-même ses tomates en enlevant les pucerons à la main, utiliser de l’électricité, mais verte, arrêter les feux du Brésil, etc. Le seul point un peu positif est que ce discours est tellement prégnant et univoque que l’on n’a plus besoin de l’écouter : on connaît déjà par cœur le message, la réponse et le slogan.

La difficulté vient dans l’application : nous voulons conserver notre mode de vie, voire l’améliorer pour la plupart. Comment s’y prendre quand on a peu de moyens ou dans un pays en voie de développement et où il n’y a pour le moment ni routes ni hôpitaux ?

Il est remarquable de constater que les écologistes se défaussent complètement de la faisabilité et du fonctionnement de leur modèle. Ce sont pourtant les mêmes qui militent pour l’écologisme et contre la pauvreté. Si l’on a intégré que l’humanité ne s’est sortie partiellement, de cette dernière qu’en utilisant systématiquement la solution la moins onéreuse pour obtenir biens et services (et en ignorant, il est vrai superbement, le coût de consommation de la planète), il est évident que la montée de l’écologisme sera antinomique avec l’éradication rapide de la pauvreté.

A ce propos, je me suis interrogé sur le silence étonnant des écologistes concernant la grève SNCF du 5 décembre et l’apparition inopinée d’un loup en Charente Maritime. Que je sache, le train est le transport écologique de l’avenir : les écologistes l’ont dans tous les cas paré de toutes les qualités. Il se trouve que la moitié de son trafic, le fret, est soumis à une vraie concurrence, l’autre jouit d’un semi-monopole : le trafic voyageur. Malgré tous les plans et discours, le fret SNCF est en train de mourir, asphyxié par ses rigidités et ses coûts, plombé par ses privilèges et en particulier le régime hyper spécial de ses salariés intégrant la retraite [1]. Si celui-ci n’est pas amendé, il mourra. Pour les mêmes motifs, il n’y a aucune raison que le trafic voyageur ne prenne pas le même chemin. Avez-vous remarqué qu’un billet d’avion pour Toulouse est aujourd’hui moins cher qu’un billet de train ? sans parler des cars. AVEZ-VOUS ENTENDU UN SEUL ECOLOGISTE S’ELEVER CONTRE LA GREVE du 5 DECEMBRE, laquelle va tuer définitivement le train ? En avez-vous seulement entendu un, évoquer le problème ?

Dans le même ordre d’idées, on vient de retrouver un loup, espèce désormais protégée par l’Europe, en Charentes Maritimes : ce qui est assez différent des Carpathes comme peuplement. Quand le premier accident arrivera, et il arrivera forcément - il suffit d’attendre - les tenants de ce genre de politique sont-ils prêts à siéger au tribunal dans le box des accusés ? et à purger de la prison ?

Il est manifestement plus facile de pousser au développement des éoliennes (et puis c’est joli et cela ne fait de mal qu’aux autres) ou de planter 3 tomates sur son balcon, que de prendre et assumer les responsabilités de cycles de vie complets [2].

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[1De 142 millions de trains-km en 2002 à 67 en 2017, source INSEE

[2Analyse de cycle de vie : étude du coût écologique d’un produit de sa naissance à sa mort, in mode d’usage

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