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Le libéralisme est mort, vive le libéralisme

Par Bernard Biedermann,
le jeudi 7 mai 2020

La crise du corona virus et l’importance de sa gestion contribue à renforcer les idées politiques selon lesquelles, c’est à l’état de tout régler. On peut le comprendre et le regretter. Bien avant la crise du corona virus, de nouvelles tendances et des évènements avaient également remis en cause les valeurs et les avantages du fonctionnement du marché par rapport aux activités étatiques. On pense bien sûr aux situations de quasi-monopole d’une multitude de sociétés américaines et chinoises, aux dépendances techniques internationales, à l’incertitude commerciale liée aux brevets, et aux nouvelles contraintes et normes pour le respect de l’environnement. A tout cela s’ajoute le fait que les évolutions de nos systèmes économiques sont devenues de plus en plus difficiles à prévoir à cause d’une complexité qui s’applique à toutes les activités, des effets de surprise provoqués par le flux continu d’innovations, du constat qui veut qu’un nouveau projet de produit ou service ne peut s’envisager qu’au niveau mondial et doit être lancé dans un délai très court.

Dans ces conditions, les idées libérales perdent de leur vigueur à tel point que le terme lui-même devient démodé, voire in-prononçable. Cette situation nous semble particulièrement vraie en France, pays dans lequel le grand public ne se passionne pas pour les réflexions économiques d’autant plus qu’il faut parler chiffres. Ceci est vrai dans la presse mais aussi chez beaucoup de politiciens qui évitent d’ennuyer leur électorat vers lequel il vaut mieux envoyer des promesses que de parler des réalités économiques, de l’entreprise avec un grand E. Alors les économistes libéraux ont un peu trop tendance à se référer aux écrits d’autrefois dont les recommandations risquent d’être inadaptées aujourd’hui. On pourrait ainsi souhaiter que les recommandations libérales soient plus précises, surtout pour ce qui concerne les répartitions des responsabilités entre le marché et les administrations. Des think-tank comme l’IFRAP ou « Contribuables Associés » vont dans le bon sens, régulièrement et en cohérence avec l’actualité. L’idéal serait que tout cela ne traduise par plus de programmes globaux, précis et chiffrés, parce que la situation excessivement étatique de la France remonte à plusieurs décennies et que faire des réformes, c’est très difficile. Depuis les années soixante nous entretenons cette logique : tout d’abord on augmente les dépenses de l’état dans un esprit social optimiste ; ensuite on augmente les impôts et les taxes pour payer ces dépenses ; ceci a pour effet de réduire notre compétitivité et donc d’augmenter le chômage ; pour aider les nouveaux chômeurs et leurs familles on augmente alors les dépenses sociales, … Et comme pour le serpent qui se mord la queue, le retour en arrière n’est pas facile ! C’est là que pour les économistes libéraux, qui doivent se prononcer, il faut du courage. Quelles sont les dépenses que l’on va réduire ? De combien ? Sous quels délais ? Quels sont les activités de l’état que le marché peut gérer ? Quelles sont les futures activités pour lesquelles l’état devrait se poser la question du « qui fait quoi avec efficacité » ? Cette dernière question nous semble importante pour l’avenir pour les raisons évoquées ci-dessus : complexité, effet de surprise, nouvelles technologies, cybersécurité, autonomie de production, mondialisation systématique, nécessité de prendre des décisions avec agilité et rapidité sur le long terme… Tout cela n’est pas simple dans le contexte actuel où les grandes puissances remettent en cause les libertés des échanges internationaux, et s’impliquent de plus en plus dans le « business » dans toutes ses phases, de la recherche fondamentale jusqu’au soutient commercial.

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1 réactions :

  • 1. Par J. Peter, le jeudi 7 mai 2020 (09:51)
    Gestion de la complexité

    C’est justement parce que l’économie est d’une complexité incroyable que l’Etat ne peut la gérer. Seul le marché permet son fonctionnement optimal.

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