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Le cancer de l’Etat
une montagne de bonnes intentions

Par Yves Buchsenschutz,
le lundi 5 octobre 2020

Ma voisine au matin trouva devant sa porte,
Un petit chien blessé par voiture molesté.
Son bon cœur tout ému, par souffrance touché,
Commanda sauvetage quelle qu’en soit la sorte.

Geignant tout doucement, il faisait grand pitié.
Le soigna, le pansa, puis enfin le nourrit,
Se démena tant et si bien qu’ainsi,
Le chiot survit, queue frétillante et poil luisant.

Quatre semaines plus tard une de ses amies,
Par le destin fit face à même situation,
Un autre chiot blessé, souhaitant consolation.
Grâce accordée, le soigna, le pansa, le nourrit.

Au parc se retrouvèrent les deux amies, accompagnées de leurs nouveaux protégés :
elles échangèrent, se lamentèrent, se congratulèrent et décidèrent de créer,
l’Association des Chiens Semi-Ecrasés dont elles se déclarèrent illico, présidente et trésorière.
Un peu de communication, un peu de bouche à oreille, beaucoup de bonne volonté,

Et l’association fut lancée ! Deux ans plus tard une kyrielle d’adhérents
avait rejoint ce cercle bienveillant et l’on institua un règlement intérieur, des statuts,
et une cotisation. On créa une newsletter, puis organisa quelques manifestations,
mais bientôt la trésorière signala l’insuffisance des fonds pour sauver les pauvres chiots.

on avait d’ailleurs pris l’habitude d’aller les chercher de plus en plus loin
par des campagnes de recrutement car certains jours malheureusement,
les voitures ne fournissaient pas leur lot traditionnel d’innocentes victimes.
Ceci bien entendu augmentait les frais.

Quelqu’un lors d’assemblée suggéra que l’on demande
A la commune, une subvention. Bien introduit dans les instances,
Se faisait fort de faire entendre la voix de la désormais bien connue
Association des Chiots Ecrasés. Ce fut dit, fait et obtenu.

Puis on passa à l’étape suivante : la campagne de dons.
Pour la rendre plus efficace ou demanda et l’on obtint, le sésame
De la déductibilité fiscale. Donnez âmes sensibles,
Une partie du fardeau sera prise en charge par les autres.

Il paraît qu’à ce jour, le représentant national de ce lieu béni des chiots
Milite en faveur d’un sous-secrétariat d’État aux chiots écrasés [1]
Partie intégrante du ministère de l’agriculture dont le financement
De l’association deviendrait désormais une ligne budgétaire.

Voici tout doucement, dans un univers pavé de bonnes intentions,
Comment l’État s’empâte au même titre qu’un goret,
Et comment le contribuable finit par voir
Enfler sa feuille d’impôts, toute bruissante et aguichante.

A bon politicien, salut !
Yves Buchsenschutz

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[1Peut-être un reclassement possible pour Madame Royal

1 réactions :

  • 1. Par Régis Glorieux, le lundi 5 octobre 2020 (13:38)
    Le fabuliste

    Le fabuliste est fabuleux !
    A l’instar de "La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf", puisse rapidement la grenouille, espèce super protégée même si elle devient obèse, éclater !
    A l’instar de "La cigale ayant chanté tout l’été", puisse la fourmis, espèce non subventionnée car pas en péril, être montrée en exemple !
    A l’instar de "La poule aux oeufs d’or", puisse l’Etat cesser de penser qu’il peut s’enrichir en éventrant la poule

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