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La patrie des droits de l’homme envisage sérieusement de subventionner l’esclavage !

Par Yves Buchsenschutz,
le dimanche 16 septembre 2018

La député UDI Béatrice Descamps a rédigé une proposition de loi, co-signée par 57 députés de tous bords, afin de punir davantage l’abandon des animaux domestiques. Et surtout, de développer l’adoption, grâce à une déduction d’impôt.

Le texte pourrait être débattu en décembre [1].

La passion des Français pour les animaux de compagnie n’a plus de borne. À l’occasion d’un phénomène tout à fait regrettable, à savoir l’abandon pur et simple des animaux familiers au moment du départ en vacances, une solution innovante mais tout de même choquante pour ne pas dire invraisemblable, vient d’être imaginée par nos élus. Au-delà de la punition des abandonneurs, déjà existante mais probablement peu appliquée, récompenser « les récupérateurs » par des avantages fiscaux plus ou moins proportionnels à l’effort fourni et au type d’animal concerné.
Quelques questions tout de même : si l’animal est « presque un être humain », alors il faut condamner les possesseurs d’animaux de compagnie pour esclavage caractérisé. Si un animal est un être quasi humain, comment expliquer qu’on l’achète, qu’on le vende, qu’on le dresse, qu’on le prive de liberté, qu’on l’enferme, qu’on décide pour lui, qu’on le batte ou le cajole, etc. Ce sont les caractéristiques historiques de l’esclavage. Les bonnes âmes rétorqueront qu’elles veillent au bien-être des animaux : ce discours a déjà été tenu à propos des esclaves que ce soit dans l’Antiquité ou aux États-Unis. Victor Schoelcher [2] doit se retourner dans sa tombe ! Et le seul authentique défenseur des animaux est en définitive Pierre Perret lorsqu’il chante « Ouvrez, la cage aux oiseaux… ».

Si par contre l’animal est quelque part différent de l’homme, il peut tout à fait mériter un traitement correct voire amical, mais on peut se demander comment atteindre cet objectif sans mettre en route toute la machinerie étatique et en particulier fiscale. Un simple examen du problème au coin du bon sens élimine d’emblée cette solution.

• Dans la forme actuelle du projet, cela revient à dupliquer l’assurance-maladie de la population (humaine), par une assurance « existence » (outre les frais vétérinaires une partie de l’entretien et de l’alimentation serait subventionnée) pour les animaux. Comme il y a autant d’animaux de compagnie en France que d’habitants, on voit tout de suite le montant de l’addition ;

• Sur le plan du principe on accorderait aux animaux ce que l’on n’accorde pas à l’être humain, et que l’on conteste de plus en plus aux enfants ;

• Sur le plan des principes toujours, on peut probablement financer autrement mais en tout état de cause cela diminuera les moyens disponibles pour la population humaine qui s’appauvrit chaque jour !

• On confond allègrement des décisions qui sont encore individuelles avec des décisions collectives. À quand la défiscalisation de l’achat des carottes au marché ;

• Dans un système fiscal déjà trop compliqué pour supporter facilement le prélèvement à la source, on va rajouter une couche de complexité et une gestion pour le moins délicate. Gageons que tous les animaux de compagnie auront bientôt tous été récupérés !

• Si l’on fait cette démarche pour l’animal parce qu’il a des ressemblances avec l’homme, que fera-t-on pour les fleurs ou les arbres quand on constatera qu’eux aussi ont des propriétés communes avec nous ? Va-t-on, au fil des découvertes subventionner les cailloux ?

• Cerise sur le gâteau de ce superbe projet : voici en vraie grandeur un prototype parfait d’extension infinie du rôle possible de l’État : un groupe d’individus, c’est-à-dire un lobby de fait (n’en déplaise à M. Hulot) se fixe un objectif dans son coin et cherche à l’atteindre et surtout à le faire financer par la collectivité.
Pour ce faire il va s’adresser à ce que de fins observateurs ont décrit sous le nom de « marché politique ». C’est bien le diable s’il ne se trouve pas un élu pour porter le projet et éventuellement assurer la présidence, rémunérée, de l’organisation créée à cette fin. De plus, la loi portera son nom, important pour l’histoire et l’ego. Les O.N.G. existantes dans ce domaine (dans notre cas SPA, ou WWF, …) ne seront pas les dernières à pousser en mêlée. Diminuer le poids de l’Etat, ce serait d’abord écarter toutes les requêtes de minorités trop partisanes, ou ineptes, pour les faire supporter à la collectivité dès leur naissance. Une autre attitude possible serait de faire plutôt payer aux propriétaires de chiens ou autres animaux leurs déjections ou nuisances (principe, pollueur-payeur).

Liste des députés signataires :

Béatrice DESCAMPS, Franck RIESTER, Sophie AUCONIE, Guy BRICOUT, Charles de COURSON, Yannick FAVENNEC BECOT, Philippe GOMÈS, Meyer HABIB, Antoine HERTH, Jean-Christophe LAGARDE, Vincent LEDOUX, Lise MAGNIER, Pierre MOREL-À-L’HUISSIER, Christophe NAEGELEN, Bertrand PANCHER, Nicole SANQUER, Philippe VIGIER, Valérie BAZIN-MALGRAS, Valérie BOYER, Marine BRENIER, Olivier DASSAULT, Sébastien LECLERC, Nadia RAMASSAMY, Gilles LURTON, Bérengère POLETTI, Robin REDA, Jean-Luc REITZER, Nathalie BASSIRE, Louis ALIOT, Bruno BILDE, Sébastien CHENU, Gilbert COLLARD, Paul-André COLOMBANI, Olivier FALORNI, Marine LE PEN, Ludovic PAJOT, Hubert WULFRANC, Ericka BAREIGTS, Stéphane LE FOLL, Xavier BATUT, Grégory BESSON-MOREAU, Barbara BESSOT BALLOT, Olivier DAMAISIN, Émilie GUEREL, Véronique HAMMERER, Adrien MORENAS, Nicole TRISSE, Patrick VIGNAL, Patricia GALLERNEAU, Jean-Luc LAGLEIZE, Laurent FURST, Agnès FIRMIN LE BODO, Laurence TRASTOUR-ISNART, Didier QUENTIN, Typhanie DEGOIS, Séverine GIPSON, Guillaume PELTIER,

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[1Source « Capital » et site de l’Assemblée nationale

[2Victor Schoelcher est à l’origine de l’interdiction de l’esclavage en France en 1848

1 réactions :

  • 1. Par Eschtle 49, le dimanche 16 septembre 2018 (23:25)
    " Victor Schoelcher est à l’origine de l’interdiction de l’esclavage en France en 1848 " : c’est faux !

    " Victor Schoelcher est à l’origine de l’interdiction de l’esclavage en France en 1848 " : c’est faux !
    Lorsque j’ai reçu Madame Christiane TAUBIRA, en 2014, je l’ai salué en ces termes : " Madame le Ministre , c’est d’autant plus pour moi un honneur de vous accueillir , que c’est mon trisaïeul qui a affranchi le vôtre ! " Quand je lui ai précisé le contexte , elle m’a entièrement approuvé , car elle, elle connaissait par coeur son histoire . A présent , faudrait-il renvoyer cette bande d’histrions sur les bancs de la Faculté : latin , grec , hébreu , sanscrit , droit romain et histoire .
    Quand ils seront débarbouillés , on attaquera la métapolitique .

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