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La Genèse, le COVID-19, et le théorème de Lindon-Binoche

Par Yves Buchsenschutz,
le lundi 11 mai 2020

01 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
11 Dieu dit : « Que la terre produise l’herbe, la plante qui porte sa semence, et que, sur la terre, l’arbre à fruit donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. » Et ce fut ainsi.
12 La terre produisit l’herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l’arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon…/…
20 Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. »
21 Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon.
22 Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. » …/…
26 Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. »
27 Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.
28 Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
29 Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture…/…

Extrait de la Bible - La Genèse

Fort de ce message, l’homme s’accapara la terre. Mais, ce qui n’était qu’un rêve insensé, mettons jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale (1 milliard de terriens dont 300 millions un peu développés et 700 millions de pauvres) a changé de nature 75 ans plus tard lorsque l’humanité a compté 7,8 milliards d’individus dont un petit milliard seulement de réellement pauvres désormais et presque 7 milliards de nantis. Ceci même si la moyenne des nantis est encore loin d’atteindre en moyenne la richesse de Messieurs Bernard Arnault ou Bill Gates, que tout le monde envie.

Le problème c’est que nous constatons aujourd’hui que le message « croissez et multipliez » et occupez la terre n’a semble-t-il pas été transmis aux hommes seulement. Quelque part, dans la vallée de la mort aux USA, le dieu des bisons a dit à ces derniers la même chose ; au fin fond de la forêt tropicale, le dieu des moustiques a aussi encouragé ses disciples ; en Bretagne, le druide Panoramix a donné ce conseil aux arbres. (Savez-vous que ces derniers, d’après les meilleures estimations, sont aujourd’hui 7.700 milliards sur terre !) Le blé par exemple est en train de coloniser le monde, etc. Notre planète, que nous le voulions ou non, est aujourd’hui le théâtre d’une immense compétition entre les différentes espèces, voire formes de vie, pour croître et multiplier, en un mot survivre.

De ce point de vue, le Corona Virus n’est pour finir qu’une espèce (bien qu’on s’interroge sur le statut des virus : êtres vivants ou autres ?) comme une autre mais qui au moins à l’instant t, a gagné une bataille contre la race humaine, ce qui n’était jamais arrivé jusque-là, au moins de mémoire d’historiens. Le nombre de morts, ne sera établi avec une précision correcte, que plus tard, mais, si nous n’avons pas droit à une « nouvelle vague », il semble qu’il restera pour finir relativement peu important. En revanche il aura réussi à stopper net ou quasiment, plus de la moitié de l’activité humaine pendant deux mois au moins et peut-être plus, bien qu’il ne touche que très marginalement les travailleurs (seuls 2,5 % des décès concernent des gens de moins de 65 ans). Ce phénomène est complètement inconnu et inouï.

Analysons un peu les conséquences :

La baisse de l’activité économique dans les pays développés a atteint entre les deux tiers et les trois quarts du potentiel de production de ces pays. Dans les pays moins développés il est plus difficile de faire une évaluation, mais si confinement effectif il y a eu, le désastre n’est probablement pas inférieur. Sommairement un arrêt de production de deux mois calendaires devrait, s’il était total, entrainer une baisse du PIB de 2020 de l’ordre de 15 % (2/12). Trois mois, entre 20 et 25 pour cent. Si l’on ne reprend pas avant septembre, on friserait les 50 %. Il faudrait pondérer ces chiffres bien entendu d’une activité résiduelle non négligeable, probablement de l’ordre du tiers. (Service dits publics, alimentation et première nécessité, etc.)

Nous avons déjà évoqué le nombre de décès, il est impressionnant et spectaculaire, mais probablement pas très important par rapport à des phénomènes qui ont parfois décimé, voire divisé par deux les populations touchées. (La grippe espagnole a provoqué plusieurs dizaines de millions de morts. Covid-19 en est encore loin).

Les systèmes de santé ont eu les plus grandes difficultés à parer l’attaque de ce nouveau conquérant, tant en termes de quantité, qu’en termes de qualité (pour finir on ne sait pas très bien encore comment gérer et guérir cette nouvelle maladie de manière systématique) et l’ont induit une réponse : le confinement, pour soulager les services hospitaliers et limiter la propagation. Malheureusement, cette solution finira possiblement par faire plus de dégâts que la maladie elle-même, car elle a complètement changé la vie des hommes et a en quelque sorte interdit le travail (mode d’activité usuel des hommes pour survivre) pendant une longue période.

Elle a installé la peur et l’anxiété dans le cœur des individus. Tout le monde se méfie de tout et de tous. Plus personne n’ose agir sous peine de se trouver responsable d’une catastrophe. Nous sommes un petit peu comme des gens qui, habitant au bord d’une route qu’il faut traverser pour aller se ravitailler à l’épicerie d’en face, voient un jour cette nationale devenir une autoroute beaucoup plus fréquentée. Question : faut-il risquer sa vie en tentant de traverser, ou bien mourir de faim sur place ? Le chômage et la faim se réinstallent rapidement dans de nombreux pays, y compris développés.

Nous avons vu jusqu’à maintenant essentiellement des côtés négatifs. Mais il y en a forcément de positifs : La consommation a baissé et les gens épargnent. Ils râlent mais de fait ils sont capables d’une certaine frugalité (au moins quand elle est imposée). La pollution baisse rapidement et, surprise, la nature ou plutôt les autres espèces, reprennent leurs droits dans les espaces désormais libérés par l’espèce humaine. On retrouve des méduses dans l’eau de Venise devenue transparente, la Méditerranée voit ressortir ses dauphins et cachalots, les cerfs ou chevreuils se promènent dans les centres-villes, on regorge de miel… Les émissions de CO2 baissent et le prix du pétrole dégringole.

Nous sommes en train de vivre en vraie grandeur une sorte de test de la vie que les partisans de l’écologisme [1] nous souhaitaient depuis quelque temps.

Il faudrait tout de même faire tourner le modèle jusqu’au bout : dans ces conditions, que deviennent un certain nombre de questions réputées absolument basiques : la pauvreté, la famine dans certains pays, la santé, le logement, l’égalité, la liberté, etc.

On parle beaucoup ces derniers temps de ce que j’appellerais volontiers le théorème « Lindon- Binoche-Hulot ». Plus jamais de confinement mais plus jamais non plus de retour en arrière dans cette fameuse société qui fait notre bien malgré nous à l’insu de notre plein gré.

Dans les dommages collatéraux du Covd-19 il y a, il faudrait tout de même le signaler, une perte massive de liberté : ne plus bouger, rester chez soi, s’il n’y avait pas Internet ne plus se voir, et encore sous une forme bâtarde, ne plus se cultiver au moins si cela implique un rassemblement : il n’y a qu’une chose à peu près comparable : la prison. Et par-dessus le marché, la disparition quasi totale du trop fameux « lien social ». Cela fait tout de même beaucoup quand on sait que l’homme n’a cessé depuis son apparition sur terre, et envers et contre toute défense, de tenter de repousser ses limites et d’augmenter sa liberté.

Tout le monde sait, ou devrait savoir, que la vie sur terre est d’abord basée sur la consommation de la planète et en particulier d’énergie. Certains bons penseurs d’ailleurs analysent notre évolution purement et simplement à partir de ce simple paramètre, lequel finit par résumer tous les autres.

Les demandes de nos apprentis mathématiciens et signataires de Manifeste sont assez simples :
1. Il faut consommer moins de planète ;
2. Il faut maîtriser le risque climatique (CO²) ;
3. Il faut consommer moins d’énergie et diminuer la pollution ;
4. Il faut consommer des énergies renouvelables à cause du CO² ;
5. Il faut éradiquer la pauvreté et que tout le monde puisse vivre décemment, donc redistribuer à tout va ;
6. Accessoirement, il faut sauver les arbres, les animaux les abeilles, la biodiversité, etc. ;
7. La solution c’est la frugalité locale sur son balcon et la culture biologique ;
8. Toile de fond : tout le monde doit vivre dans un monde culturellement évolué, éduqué, sain et libre.

Leur Solution résumée : abandonnons le capitalisme mondialisé.

Point numéro un : la consommation de planète

Pour faire simple, la consommation de planète est égale au nombre de terriens multiplié par leur consommation individuelle. Les statistiques de populations historiques sont relativement bien connues, la consommation individuelle peut être assimilée, faute de mieux, au produit intérieur brut par habitant.

AnnéePIB/hab Monde $ 1990Population MondialeConsommation de la planètePIB/hab CEEPIB/hab Am.Nord
1700 600 $ 700 Ms 420 Mds
1950 2100 $ 2,6 Mds 5460 Mds
2013 6500 $ 7,4 Mds 48100 Mds 20000 $ 28000 $
2020 7000 $ 7,8 Mds 54600 Mds
2050* 10000 $ 9,7 Mds 97000 Mds
2100* 20000 $ 11 Mds 220000 Mds

* hypothèses : dans le cadre de l’équité planétaire, le niveau de vie moyen des européens actuel est rattrapé par le monde à la fin du siècle et la population a augmenté de 50 %. L’Amérique du nord reste devant de presque 50 %. Si l’on ne fait rien, la consommation de planète sera multipliée par 4 d’ici 2100 !

Il y a donc bien un problème car, qu’on le veuille ou non, chaque terrien qui naît va dès son premier jour consommer de la planète et ceci pendant une durée de vie qu’on ne souhaite qu’allonger. On peut donc jouer sur la quantité de population d’un côté ou sur son niveau de consommation de l’autre.

L’ONU avait lancé un programme de planning familial mondial. Il a volé en éclats sous les coups de boutoir de Monsieur Reagan et de quelques autres dans les années 1980, mais il reste tout de même probablement l’un des leviers les plus sérieux. Quant à « l’atterrissage démographique » spontané dont on nous rebat les oreilles régulièrement, il ne se confirme pas dans les chiffres ou bien à échéance trop lointaine. Curieusement d’ailleurs ce paramètre n’est jamais repris ni par les verts, ni par nos mathématiciens.

L’autre paramètre potentiel est de jouer sur le niveau de consommation individuel. On bute cette fois-ci sur deux problèmes : le premier est bien évidemment le niveau constaté de consommation des pays développés. Il ne se passe point de jour que nos mathématiciens en herbe et la CGT ne nous expliquent qu’il est déjà largement insuffisant dans les pays développés ! C’est d’ailleurs manifestement le point de vue des inventeurs de notre théorème. Or il n’y a que trois manières de l’améliorer : soit augmenter la richesse pour tout le monde, mais alors on crucifie la planète, soit la redistribution mais un calcul rapide montre que distribuer les 90 milliards de fortune de Monsieur Arnault à 67 millions de Français représentera tout au plus 1.350 € par personne et ceci une seule fois. Or il n’y a qu’un seul Monsieur Bernard Arnault et d’ailleurs son argent sert également à d’autres choses. (investissements, emplois, etc.) soit instaurer la « frugalité » générale. Le problème avec cette dernière, et que la notion de frugalité est extrêmement fugace et volatile : est-ce que se priver de films est un signe de frugalité ? Est-ce qu’arrêter de sauver les ours blancs est un signe de frugalité ? Est-ce que renoncer à un vol en hélicoptère ou à un trajet en TGV est un signe de frugalité ? Bien malin est celui qui saura la définir et surtout qui aura le droit de faire « le bien de tous, malgré eux ». À signaler que pour tout arranger il suffit qu’une personne un peu plus créative invente un nouveau jeu ou une nouvelle activité pour qu’immédiatement on réclame sa généralisation (de préférence gratuite) à tous. On peut alors rêver d’une organisation plus vertueuse : la production locale ou sur son balcon. Il se trouve tout de même que quelque part la mondialisation a été le résultat de l’optimisation de la consommation de planète et d’efforts humains. Pour avoir été organisateur dans ma vie professionnelle ce n’est pas moi qui vous dirai que l’on ne peut pas faire des progrès mais pas de 75 % dans la nuit ! Le mieux serait probablement tout simplement de valoriser un certain nombre de choses qui sont mal ou pas assez prises en compte aujourd’hui : d’où l’idée par exemple, de la taxe carbone, de la consommation d’espaces collectifs, de la consommation de silence...

L’affaire du Coronavirus nous dessine d’ailleurs quelques limites et interrogations à propos de la frugalité. Voulons-nous rester confinés chez nous au point d’épargner dans les deux mois qui viennent de se passer, près de 30 % de notre revenu faute d’offre, puisque les magasins étaient fermés ? Voulons-nous faire la queue dans les boutiques tous les jours et nous promener comme les Russes autrefois, avec un sac et un peu d’argent toujours disponible au cas où on trouverait des pommes de terre en route ? Les Romains disaient « panem et circenses », du pain et des jeux. Grâce à l’énergie de certaines industries et de la distribution nous avons conservé peu ou prou le pain. Par contre les jeux, hormis télévisuels, ont disparu de notre horizon ainsi d’ailleurs que le sacro-saint lien social. Nous avons été bien heureux par ailleurs de disposer de personnels et d’équipements médicaux qui se sont dévoués pour essayer de maîtriser la pandémie. Sans redémarrage de la société d’autrefois, ils ne se maintiendront pas très longtemps. Alors il est vrai que les accidents de voiture ont disparu ou presque, car les voitures ne roulaient plus, la liberté aussi d’ailleurs, la pollution a largement diminué, d’autres espèces ont repris si l’on peut dire du poil de la bête du fait de la disparition momentanée d’homo économicus. Qu’Internet et toutes les sortes de téléphones soient bénies qui ont permis tout de même de garder un certain contact.

Si maintenant nous essayons de généraliser notre raisonnement aux pays en voie de développement, ce qui n’est que justice n’est-ce pas, on s’aperçoit que ce qui était un fossé devient un précipice : il faut quasiment tripler la consommation de planète actuelle à population constante pour aligner les Burkinabés sur le standard de vie d’un Européen à date, qui d’ailleurs le trouve trop faible !

Par rapport au listing imaginaire de nos mathématiciens nous avons déjà traité plusieurs points.
Reste essentiellement la consommation d’énergie, la pollution, et le changement climatique. Il me semble que la pollution est un faux problème : il suffit de s’en occuper, de savoir qu’elle augmente obligatoirement si la population et l’activité augmentent et de poser correctement les limites car en matière de toxicologie, « ce qui compte, c’est la dose ! » Obtenir par exemple un gaz pur à 99 % coûtera1, à 99,9 coûtera 10, à 99,99 coûtera 100, etc. un tout petit peu de pollution ne fait pas toujours du mal et au moins il faut la calculer honnêtement. Cela ne sert à rien de supprimer les véhicules diesel si ce sont des freins qui polluent ou la fabrication des batteries électriques.

Je pense que la consommation d’énergie est incontournable. Elle pourra prendre toutes les formes que l’on voudra, être plus ou moins efficace, plus ou moins ingénieuse, mais on en aura toujours besoin et elle accompagnera toujours la marche de l’humanité. C’est en passant de l’énergie humaine à l’énergie animale puis à l’énergie de l’eau et du bois puis aux énergies fossiles que l’homme a développé ses possibilités. Par bonheur et par chance et grâce au soleil au moins, nous n’en manquons pas à condition de prendre quelques précautions. Ce n’est probablement pas pour rien que les moulins à vent n’ont pas permis le développement de l’humanité, pas plus d’ailleurs, sauf dans des cas très exceptionnels que l’énergie de l’eau. Reste le soleil, les énergies fossiles et l’atome. Sur ce sujet se greffe le problème des émissions de CO² à l’origine, du moins beaucoup le croient, de changements climatiques. Les énergies fossiles, quoiqu’encore largement disponibles, ont probablement vécu leur meilleure période Ce serait mieux si l’on en était à peu près certain. Faute d’innovation de rupture : le soleil reste très aléatoire et souffre de l’impossibilité actuelle de stocker massivement l’électricité. Reste le nucléaire, voué aux gémonies pour raison d’Hiroshima probablement, alors que le nucléaire civil n’a quasiment pas fait de morts à part Tchernobyl, en tous les cas beaucoup moins que le charbon ou même le pétrole. Il est encore perfectible, ses réserves sont quasiment inépuisables ou recyclables. Même les reproches fait à ses déchets sont stupides puisqu’ils risquent d’ennuyer nos descendants dans quelques centaines d’années alors que le réchauffement devrait nous avoir tous tués à la fin du siècle. Gouverner c’est prévoir mais à chaque jour suffit sa peine.

Accessoirement et pour information : le capitalisme [2] n’est pas un objectif mais un mode d’organisation de la société qui a permis le mieux (moindre effort humain, moindre consommation de planète) son développement économique et libre. Si vous n’êtes pas convaincus, et avant l’instauration de la frugalité générale, payez-vous un dernier voyage à Cuba ou au Vénézuela.

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[1Religion de l’écologie

[2Le communisme n’est également qu’un mode d’organisation : son problème est qu’il a toujours échoué.

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