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L’organisation de l’islam en France :
que peut donc faire Emmanuel Macron ?

Par Claude Sicard,
le jeudi 7 novembre 2019

Depuis l’attentat islamique à la Préfecture de police de Paris, qui a frappé de stupeur aussi bien la population que les autorités du pays, les débats sur l’islam et son volet radical agitent très vivement les esprits. Il s’est ajouté à cet évènement la réprimande en public par un conseiller régional RN de Bourgogne, d’une femme musulmane présente dans l’assistance qui portait un voile islamique, et, pour couronner le tout, la déclaration très discutée de notre ministre de l’Education nationale sur le voile islamique porté par des mères musulmanes accompagnant des enfants lors des sorties scolaires. Chacun y va de ses commentaires, et de ses analyses, et l’’on s’interroge, pour finir, sur la position que notre président va prendre dans ce débat.

Il avait assuré, en son début de mandat, qu’il annoncerait « prochainement » les dispositions que le gouvernement prendrait pour réorganiser l’islam en France, mais il a, depuis lors, et à plusieurs reprises, repoussé l’échéance qu’il s’était fixée pour s’exprimer sur cette très délicate question. Dans le JDD du 11 Décembre 2018 il avait, on s’en souvient, déclaré qu’il s’agit d’« inscrire le culte musulman dans une relation apaisée avec l’Etat et les autres religions ». Les commentateurs de la vie politique constatent qu’Emmanuel Macron n’est pas à l’aise, ce que l’on comprend aisément car le sujet est extrêmement complexe. Il est hésitant. Le gouvernement se trouve en effet paralysé, non seulement par notre Conseil constitutionnel, mais aussi par la Convention européenne des droits de l’homme à laquelle nous avons adhéré en mai 1974, et il doit par ailleurs tenir compte des réactions des pays musulmans du Golfe qui nous approvisionnent en pétrole et nous achètent des armes.

Emmanuel Macron, toutefois, n’a pas pu rester silencieux sur ces questions lors de la cérémonie en hommage aux quatre victimes de l’attaque terroriste à la Préfecture de police de Paris, et dans son allocution, ce jour- là, il est allé très loin en déclarant qu’il fallait que nous menions avec fermeté, dorénavant, une lutte contre ce qu’il a eu l’audace de nommer « l’hydre islamiste ». Et lors de son récent voyage à la Réunion il a insisté sur le fait qu’il fallait que nous « fassions bloc », en précisant qu’il ne s’agissait nullement d’un combat contre une religion, mais contre « ses dévoiements ». Avec cette distinction subtile introduite par lui entre ce que l’on appelle « l’islam radical » et ce que l’on nomme, à présent, dans les débats « l’islam pacifique », on se trouve véritablement au cœur des débats.

On a pris, en effet, l’habitude de masquer la réalité en laissant penser qu’il existe deux islams différents. Il y aurait, d’un côté, celui des islamistes radicaux, les salafistes et les wahhabites notamment, des musulmans qui font une lecture littérale du coran, et, de l’autre, un islam pacifique, celui de la majorité des musulmans de France. Pour beaucoup, l’islam des salafistes n’est pas le véritable islam. On se souvient que dans une émission de Jean-Jacques Bourdin, le 25 novembre 2017, notre ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait déclaré benoitement : « L’islam est une religion de bonheur et d’amour, comme le christianisme ». Et un peu plus tard, dans une autre émission de ce même journaliste sur BFM-TV, à la question : « L’islam pose-t- il un problème à notre société ? », il avait sans hésiter répondu : « non ».

Il n’y a pas deux islams, mais bien un seul, celui du coran et des hadiths. Mais certains ont des textes saints une lecture littérale, et ils appliquent alors à la lettre le message du Prophète, et d’autres, de loin les plus nombreux, notamment en Europe, s’octroient la liberté de prendre quelque distance à l’égard du texte sacré. Il y a donc lieu, d’une part de mener effectivement dans notre pays un combat sans merci contre les musulmans qui sont radicaux car ils ont pour projet de lutter contre les incroyants pour les soumettre, en allant jusqu’à vouloir les éliminer physiquement, s’il le faut, et, de l’autre, aider les musulmans pacifistes à se trouver à l’aise avec un message du coran revu et corrigé, un message de paix donc, à présent, bien que les textes initiaux incitent les croyants à mener en permanence un combat pour le triomphe de l’islam sur la terre. Cela ne pourra se faire qu’en officialisant ce que les intellectuels musulmans qui ont embrassé pleinement notre civilisation, appellent une « contextualisation du coran ». La contextualisation du coran est, en effet, l’une des trois voies possibles pour réformer l’islam, les deux autres étant l’abandon de la partie du message prophétique révélée à Médine pour ne conserver que celle de la Mecque, et, la troisième, le renoncement au caractère « révélé » du coran, pour en imputer le texte à Mahomet lui-même, un homme qui aurait été « inspiré » par Dieu tout comme ce fut le cas pour les prophètes qui l’ont précédé.

L’un des grands spécialistes de l’islam en France, Hakim el Karaoui, un normalien de talent qui collabore avec l’Institut Montaigne à Paris, et qui serait l’un des conseillers d’Emmanuel Macron pour l’islam, est bien sur cette ligne. Il propose de créer une structure qui centraliserait toutes les ressources financières dont est susceptible de disposer cette religion en France, ceci afin de pouvoir organiser correctement le fonctionnement de l’islam dans notre pays. Cet organisme financerait la construction des nouvelles mosquées, s’occuperait de la formation des imams et, ce qui est fondamental, et prendrait en charge leur rémunération. Les imams de France cesseraient ainsi de se trouver sous la dépendance des puissances islamiques étrangères qui se mêlent par trop aujourd’hui de l’islam dans notre pays. La formation des imams se ferait, dans ce cadre, sur un coran « reformé », un coran donc « contextualisé » devenu miraculeusement conforme à nos valeurs et au mode de fonctionnement de notre société. Tel qu’il est enseigné, actuellement, aux fidèles dans les mosquées, il diffuse le message de Mahomet tel qu’il a été délivré, au VIIe siècle de notre ère, aux peuples de l’ Arabie et dans la sociologie qui était la leur à cette époque.

Le problème est que des intellectuels comme Hakim el Karaoui ne sont guère écoutés par la grande masse des musulmans : ils sont considérés par beaucoup comme des musulmans contaminés par leur fréquentation trop proche du monde occidental, et sont donc suspects. L’islamologue Daoud Riffi, cofondateur des éditions Tasnim, nous dit, sur Face book, de cet intellectuel musulman occidentalisé : « Les avis du golden boy du CAC 40 et son français châtié ne permettent pas aux musulmans de s’identifier à lui ». Autre problème : ces intellectuels ne sont pas des religieux, et ils n’ont donc aucune autorité pour imposer leur projet de réforme de l’islam.

Quant à savoir qui pourrait effectuer ce travail indispensable de contextualisation du coran, nul ne peut donner une réponse claire puisqu’il n’y a pas dans l’islam sunnite de structure hiérarchique comme c’est le cas pour le catholicisme. On sait que le CFCM (conseil français du culte musulman) qu’avait créé Nicolas Sarkozy, n’est pas parvenu à s’imposer, et l’on recherche donc, actuellement, une formule nouvelle pour que les Pouvoirs publics puissent avoir un interlocuteur indiscuté en matière d’islam.

On voit donc que la solution au problème de la place à donner à l’islam en France existe, comme nous venons à grands traits de l’esquisser, mais on n’a pas, pour l’instant, de solution pour sa mise en œuvre.

Enfin, un dernier obstacle, encore : cette proposition de réforme de l’islam qui ferait substituer aux lois fixées par Dieu pour le bon fonctionnement de la société, celles que les hommes se donnent librement à eux-mêmes, comme c’est le cas aujourd’hui avec nos régimes démocratiques.

Claude Sicard
Auteur de « Le face à face islam chrétienté : quel destin pour l’Europe ? », et « L’islam au risque de la démocratie ». Ed. François Xavier de Guibert.

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4 réactions :

  • 1. Par zelectron, le jeudi 7 novembre 2019 (11:05)
    En application de la taqiya . . .

    les imams sont les sergents recruteurs* de futurs poseurs de bombes et autres exécutants de massacres, ceux qui s’y refuseraient n’auraient aucune chance de survie . . .
    nb *ils s’entourent de 1000 précautions pour détecter et ne pas se faire détecter.

  • 2. Par Cachier, le jeudi 7 novembre 2019 (17:37)
    de pire en pire

    L’islam a été inventé par Mahomet, autant politique et guerrier que religieux, cela convenait a l’époque. Les califes successeurs se sont appropriés l’islam pour le pouvoir. Plus tard la déroute de l’empire ottoman , puis les besoins de soldats lors de l’invasions russe en Afghanistan ont encouragé un retour à l’islam victorieux de l’époque des grandes conquêtes, pur et dur.
    De pire en pire, avec une forme de spirale infernale.
    Pour freiner le mouvement, on ne pourra pas éviter un rapport de force assumé, sans que personne ne perde la face dans la confrontation.

  • 3. Par Sarah LENTY, le jeudi 7 novembre 2019 (23:08)
    Une réforme de l’Islam ?

    La première sourate induit toutes les autres : Je suis dieu, suivez-moi sans discuter et pour ceux qui ne croient pas, vous allez en baver.
    Cette prétendue religion n’existe que parce qu’elle se compare aux autres religions pour se revendiquer comme supérieure.
    Les termes de paix et de tolérance sont donc incompatibles avec l’islam.
    La seule réponse possible de la part des non musulmans, c’est la fermeté, voire la force ; exactement comme font tous les dirigeants des pays musulmans vis à vis de leurs sujets.

  • 4. Par zelectron, le lundi 11 novembre 2019 (15:14)
    Macron n’est pas Poutine !

    Les répressions "sans quartier" que le FSB a mené ont bien "sécurisé" la Russie.

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