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Bizarre… Vous avez dit bizarre ?

Par Yves Buchsenschutz,
le jeudi 21 février 2019

La vie et l’actualité se remplissent chaque jour de choses nouvelles et curieuses :

L’émigration des riches est payante

Nous apprenons cette semaine que la banque suisse UBS vient d’être condamnée par une cour française à une amende de près de 4 milliards d’euros pour avoir favorisé le départ pour raisons fiscales de ressortissants français, j’imagine vers la Suisse. Pourtant l’article 13. 2 de la déclaration universelle des droits de l’homme précise : « toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ». L’article 17. 2 de la même déclaration, précise « nul ne peut être arbitrairement privée de sa propriété ». On argumentera que l’exit tax ne concerne que des biens particuliers. Tout de même, ce sont les mêmes qui critiquent ces comportements et qui explique que les personnes qui vont devenir des immigrants doivent pouvoir quitter leur pays absolument sans restriction et de plus doivent être accueillis sans limite. À noter que cette « quasi obligation » d’accueil n’est même pas mentionnée dans la déclaration des droits de l’homme. Hé oui, on a le droit de partir mais pas forcément celui d’être accueilli. Il n’est pas non plus précisé quel sera l’effort d’intégration demandé à l’arrivant. L’Europe quant à elle demande de préserver sa culture, ce qui amène fatalement des dysfonctionnements dans l’intégration. [1] Conclusion : seuls les pauvres ont le droit d’émigrer. Si vous êtes riches, c’est payant. Accessoirement, puisqu’on a condamné UBS, dont au demeurant je comprends mais n’approuve pas le comportement, pourquoi n’entend-t-on jamais parler de condamnation de « passeurs ». Transférer des personnes est-il plus légal que transférer des fonds ?

Il n’y a pas de justice fiscale

Une autre antienne récurrente ces derniers temps est l’instauration définitive de la justice fiscale. (Un petit effort de décodage basique fera rapidement comprendre : comment puis-je payer moins en faisant payer les autres plus !) La justice fiscale en effet est à double sens : tout le monde, les riches comme les pauvres voudraient payer moins, si possible avec plus de prestations d’ailleurs ce qui est bien entendu une gageure. Comme ce qui n’est pas payé par l’un doit l’être par l’autre, il s’agit plutôt de la recherche d’un point d’équilibre acceptable que d’une réelle justice. Une vision, bien sûr un peu manichéenne, de la société serait que l’on peut ranger les individus en deux grandes catégories : d’un côté ceux qui savent se rendre rares et indispensables, qui prennent des risques, qui créent et innovent, qui ont de la chance souvent et qui arrivent à obtenir une rémunération élevée et font tout, bien entendu pour en conserver le maximum ; de l’autre des gens qui ont eu moins de possibilités, moins parfois de chances ou de sens de l’effort, moins de résultats, qui se sont installés dans la rente ou dans une direction moins favorisée… Lesquels vont de la même manière non seulement devoir se contenter d’une rémunération souvent inférieure mais vont en revanche insister pour une redistribution la plus élevée possible. Il se trouve qu’une société est forcément composée des deux catégories, lesquelles ont chacune leur utilité. Le point d’équilibre dépendra du rapport de force entre ces deux composantes : les moins favorisés ont pour eux la force du nombre, les plus favorisés, la force du pouvoir de l’argent. Les moins favorisés ont comme arme ultime la grève, les plus favorisés, l’exil,(tant qu’il y aura des lieux accessibles plus cléments) Une autre alternative, mais celle-ci individuelle, est de passer d’une catégorie à l’autre. Mais ceci ne se fera pas tout seul. Il n’y a pas réellement de justice dans tout cela, [2] mais plutôt peut-être des pistes de comportement.

Doit – on payer pour l’héritage collectif

Dans les pistes de taxations nouvelles, ce qui pour le moment est récusé par le gouvernement mais tout de même … Il y a l’idée d’augmenter la taxation de l’héritage. C’est un problème qui n’est pas simple. D’un côté, l’héritage a de fait déjà été taxé dans le cadre de l’impôt sur le revenu ; taxer l’héritage s’est donc quelque part une double peine. D’un autre c’est pour finir l’impôt le plus juste car celui qui hérite a fait moins d’efforts que celui qui a travaillé pour gagner sa fortune. Un autre point de vue est qu’il va dans le sens de l’égalisation des chances. Une autre considération est que l’on constate que les gens sont très attachés à laisser quelque chose en particulier à leur descendance familiale et sont prêts à faire de gros efforts dans ce but. Un autre aspect, moins souvent souligné est que l’héritage « familial » n’est en fait qu’une part, probablement assez faible, de ce qu’un individu va recevoir en fait à sa naissance : oui, il va naître dans une famille avec ce que l’on appelait autrefois « des espérances ». Mais il va surtout naître dans une société qui a atteint un certain niveau de développement et accumulé de très importants investissements collectifs : routes, ponts, monuments, sciences, éducation, écoles, entreprises, organisations sociales, etc. dont il va bénéficier quasi gratuitement, dans une sorte d’héritage collectif. Les ressortissants de pays moins développés ont souvent du mal à se rendre compte de la somme d’efforts que la création de ces biens à représenté, y compris le travail des enfants dans les mines par exemple au XIXe siècle en Europe. Cela explique peut-être pourquoi ils ont du mal à suivre ce chemin souvent difficile et besogneux dans leur propre pays et pourquoi les ressortissants des pays d’accueil actuels ont parfois du mal à accepter le partage de ce cadeau de l’histoire.

La collection des interdits linguistiques s’enrichit

Une flambée d’antisémitisme a resurgi brutalement en France. On repart dans des lois curieuses. La liberté d’expression me semblait être un des piliers basiques de notre vie commune. Et pourtant il est devenu interdit de nommer un certain nombre de choses ou de gens : le mot juif, le mot homosexuel, quelque part le mot camp de concentration sont devenus des tabous qu’il ne faut plus utiliser qu’avec une extrême circonspection. Parce qu’ils sont mal vécus par les victimes, on interdit progressivement leur emploi. Les deux dernières innovations en la matière sont l’interprétation par l’Europe du terme blasphème, appliqué à l’islam parce que cela troublerait la paix religieuse ( ?), et l’assimilation du statut du sionisme à celui du judaïsme ce qui est au moins aussi curieux. Je pensais, jusqu’à maintenant que le sionisme était plutôt un mouvement politique par rapport auquel chacun pouvait se situer et non pas une religion. Est-ce que demain, il sera interdit de traiter quelqu’un de socialiste ou de capitaliste, car cela pourrait victimiser les membres de ces castes ?

Conclusion : comme disait REISER : « On vit une époque formidable ! »

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[1comment peut-on immigrer en Allemagne sans apprendre à parler l’allemand ?

[2même dans la Bible, la parabole des talents, donne une interprétation de la justice qui n’est pas évidente

1 réactions :

  • 1. Par zelectron, le dimanche 24 février 2019 (22:41)
    Alles am bestens

    la liberté, quelle liberté ? celle de se laisser plumer sans protester, celle de ne pas bouger de chez soi comme assigné à résidence et observé par 2 imperméables mastic, celle de parler librement en étant écouté par des préposés zélés, celle de naviguer en étant fiché par les GAFAM, celle de se réunir avec des amis pour le simple plaisir de se rencontrer avec des micros et "nanocaméras" pour savoir tout ce qui se dit ? n’est-ce pas ce qui va nous arriver avant longtemps ?
    addendum : Dans ma prime jeunesse j’étais dans un pays sous dictature communiste et n’en ai pas gardé de souvenirs "exquis".

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