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Quand l’écologie française dérive
De la naturophilie généralisée ou le syndrome de Marie-Antoinette

Par Yves Buchsenschutz,
le mercredi 29 novembre 2017

Tout homme bien né est spontanément pour l’écologie, c’est-à-dire qu’il souhaite que la planète conserve sa beauté et ses richesses à travers sa diversité animale et végétale. Par ailleurs il souhaite vivre dans un environnement propre et agréable. On constate néanmoins ces dernières années que la politique écologique française en général et les écolos en particulier, promeuvent des comportements ou des expérimentations déviantes …

Une obsession de la nature et des animaux, à qui on voue une affection aussi forte qu’aux humains, et qui justifie des actions violentes

Le plus proche de l’écologie est ce que l’on pourrait appeler le syndrome de Marie-Antoinette ou de la naturophilie généralisée, qui touche de plus en plus de Français. Cela a commencé benoîtement par les animaux de compagnie : on en compte aujourd’hui en France entre 60 et 65 millions, soit à peu près autant que d’habitants. Jusque-là rien de nouveau. Mais le phénomène devient progressivement plus inquiétant : tout doucement, ces animaux familiers remplacent dans l’affection des personnes les autres êtres humains. Il faut dès lors les traiter comme tels : plus de chasse, plus de viande, plus de courses de taureaux, etc., végétalisme. Et ceci est souvent traité par la démocratie « directe » : manifestations, bagarres dans les rues, etc. La dernière invention de ces non-violents semble être la démocratie musclée de terrain. Car évidemment, il est difficile de gagner des élections avec un tel programme.

Des expérimentations multiples qui sont surtout des effets de com

Cette naturophilie déclenche aussi des expérimentations multiples : les abeilles de l’Opéra, puis l’adaptation des parcs publics aux insectes et aux oiseaux (à l’exclusion des pigeons et des corneilles déclarés non fréquentables…) et récemment l’installation de chèvres et de coccinelles au jardin des Tuileries. A quand les ours et les loups revenus « naturellement » dans les bois de Boulogne et de Vincennes ? A l’inverse d’Alphonse Allais qui voulait construire les villes à la campagne, nous tentons désormais désespérément de remettre la campagne dans la ville. Nous avons d’ailleurs eu droit il n’y a pas si longtemps à des pseudo-moissons sur les Champs-Elysées.

Une politique anti-voitures aux conséquences désastreuses

Paris, et, par mimétisme sa banlieue, n’auront-ils bientôt que des trottoirs et des pistes cyclables ? Au nom de l’écologie, on asphyxie la circulation des automobiles en bouchant progressivement les artères, ce qui ne fait que compliquer la situation. Tenter de résoudre un problème, celui des déplacements de la population, non pas en proposant des solutions alternatives plus efficaces mais en complexifiant délibérément les solutions existantes au lieu de les améliorer, en prétendant dégoûter les clients au nom d’une idéologie absurde, ne semble pas une bonne solution. Pour le moment, nous y avons tous gagné une large majoration de nos temps de transport : amère victoire. Au fait, la fermeture des quais à la circulation, cela représente combien d’heures gâchées par le parisien moyen et combien d’heures de promenades campagnardes gagnées, en ville, par les nostalgiques de la nature ? Boucher les artères n’a aucune chance d’améliorer les flux. On vient de s’apercevoir que cela bloquait également les autobus. Et le métro parisien commence à ressembler à celui de Tokyo aux heures de pointe, quand il fonctionne, ce qui est loin d’être toujours le cas, et c’est encore pire pour les RER.

Quant au vélo nous n’avons abouti qu’à des demi-mesures : très peu de trajets continus et une gestion approximative (merci le déficit de la mairie). Le système de disponibilité des Vélib a mis longtemps à s’équilibrer, il marchait depuis 3 ans environ : on le change ! Les utilisateurs constatent depuis quelques mois que le Vélib a perdu sa fiabilité (fermeture progressive des stations). Dernière innovation : on va le rendre électrique : cherchez l’erreur écologique (puisque l’on réintroduit une consommation d’énergie fabriquée plutôt que celle des mollets). Et on le subventionne pour les particuliers à ce titre.

Une politique d’énergies renouvelables aux conséquences inquiétantes

Autre dogmatisme : les éoliennes, qui seraient forcément bénéfiques écologiquement puisqu’il s’agit d’une énergie renouvelable (hors toute approche économique). Mais une information intéressante est parue dans Les Echos week-end de cette semaine : les éoliennes (6.000 en France aujourd’hui) pourraient avoir causé la mort de 1,6 million (oui, 1,6 million) de chauves-souris de 2002 à 2015 selon l’ADEME. En cause, non pas les pales, mais la forte variation de pression provoquée par le passage des pales devant le mât qui provoquerait un « barotraumatisme », faisant éclater les fragiles capillaires des poumons des chauves-souris. Or celles-ci détectent très bien les obstacles mais pas les chutes de pression. Quand on sait l’utilité de la chauve-souris, qui participe à la pollinisation et à la régulation des populations d’insectes…

Conclusion

L’écologie doit au service de l’homme et non pas l’homme au service de l’écologie. Il faut donc voir le bien-être de l’homme dans son ensemble et en prenant en compte toutes les personnes concernées et tous les facteurs, sinon on sombre dans le dogmatisme et les décisions absurdes.

C’est notre démocratie qui est malade et mériterait probablement une solide consolidation et rénovation. Les axes à travailler sont le respect de la majorité et du vote, le refus du vote de la rue, la subsidiarité, des systèmes progressifs de prise en compte des minorités (référendums limités par exemple), l’obligation de transparence et enfin, la réintroduction du bon sens.

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