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Quand Emmanuel Macron incite les musulmans à réformer l’islam

Par Claude Sicard,
le mercredi 10 janvier 2018

Notre président, avec le style qui est le sien, et en prenant d’infinies précautions, comme il se doit, s’emploie chaque fois que l’occasion lui en est donnée, à faire passer en direction des musulmans le message leur indiquant qu’il est absolument nécessaire, pour eux, de réformer l’islam. Il l’a fait déjà, avec une infinie discrétion, à plusieurs reprises, sans que les médias ne nous en aient parlé, et il y reviendra vraisemblablement dans les mois prochains à propos des travaux engagés sur la laïcité.

Le combat à mener pour moderniser l’islam et rendre cette religion compatible avec nos principes démocratiques et nos valeurs, est, on le sait, extrêmement difficile. Personne n’est encore parvenu jusqu’ici à seulement amorcer ce mouvement, pas même le cheikh de la fameuse université al Azhar au Caire. Le message révélé par le prophète Mahomet, au VIIe siècle de notre ère, auquel adhérent aujourd’hui un milliard et demi de musulmans dans le monde, comporte bon nombre d’injonctions faites aux croyants de cette religion, tout à fait inacceptables par les tenants de la civilisation occidentale, avec notamment les acquis du siècle des Lumières. Les Occidentaux, on le sait, ne peuvent que rejeter bon nombre d’entre elles, comme : l’inégalité structurelle supposée exister entre les hommes et les femmes, la domination des musulmans sur tous les « gens du Livre » c’est-à-dire les juifs et les chrétiens, dans une société organisée selon la loi de Dieu, l’interdiction pour quiconque d’avoir une liberté de conscience, la lutte contre les incroyants pour faire triompher l’islam dans le monde, une fraternité ne pouvant s’exercer qu’entre musulmans, le respect des règles de la charia en matière de justice, etc. Islam signifie « soumission » : la sourate 3,19, par exemple, dit : « La religion de Dieu est la soumission ». L’islam impose aux croyants une manière d’organiser la société : en conséquence, ce n’est pas une religion qui peut, dans sa pratique, être limitée à la seule sphère personnelle.

Les médias semblent ne pas avoir voulu noter ces premières tentatives faites par notre président dans ses adresses aux musulmans, à l’occasion par exemple des vœux présentés le 4 janvier dernier à l’Élysée aux responsables des cultes, ou, plus encore, lors de l’inauguration du musée du Louvre à Abou Dhabi. Nous allons tenter de déchiffrer ce qu’Emmanuel Macron a voulu instiller comme incitation à réformer l’islam, dans son discours pour les vœux présentés aux représentants des diverses religions, ainsi que dans son discours à Abou Dhabi, début novembre dernier, en présence du prince héritier Mohamed ben Zayed al Nahyane, un des dirigeants les plus importants actuellement dans le monde arabe.

Tout d’abord, lors des vœux aux représentants des religions, où était présent le président du Conseil Français du Culte Musulman, le CFCM, Emmanuel Macron s’est exprimé de la façon suivante :
 « Une religion ne doit pas colorer la vie politique de la nation » ;
 « La foi religieuse relève de l’intime : pour faire nation, il faut savoir dépasser ses différences » ;
 « Je demanderai à chacun de respecter toutes les règles de la République » ;
 « La France n’est pas une multitude de groupes affinitaires que l’État tenterait d’unir avec des liens » ;
 et, s’adressant directement au président du CFCM : « Votre religion n’est pas structurée : la France s’est habituée à une religion qui est structurée de manière verticale, et nous tâtonnons donc. Alors, tâtonnons ensemble, de manière dépassionnée. Nous devons avoir un travail sur la structure de l’islam en France : je vous y aiderai. Je n’ai qu’un objectif avec vous, c’est que la cohésion de la nation se tienne dans toutes les tensions qu’elle a à vivre ».

En sachant ce qu’est l’islam, et en comprenant le souci de notre président d’œuvrer pour préserver la cohésion de la nation, on voit dans les propos qu’il a tenus le 4 janvier dernier les allusions très claires faites à la nécessaire modernisation de l’islam, en France, afin que cette religion devienne compatible avec nos principes démocratiques et le mode de fonctionnement de notre société.

Dans le discours d’Abou Dhabi, Emmanuel Macron est allé beaucoup plus loin encore, masquant ses incitations à la nécessaire modernisation de l’islam sous des considérations censées relever d’un discours sur l’art et le beau. Nous en retiendrons les passages essentiels suivants :
 « Dostoïevski, dans un roman, nous a dit que la beauté sauvera le monde. Ce qui nous réunit, aujourd’hui : nous sommes au milieu de cette beauté qui sauvera le monde »
 « La beauté est une éducation : elle nous incite à sortir de nous-mêmes. Elle nous apprend que nous sommes au monde pour réfléchir, pour dialoguer. Elle construit un pont entre les continents »
 S’adressant au prince MBZ, il déclara : « Nous sommes aujourd’hui à vos cotés pour ce défi du beau. C’est la réponse que la France, à vos cotés, doit pour lutter contre tous les obscurantismes. Le Louvre de la Lumière, c’est le message envoyé contre tous les obscurantismes »
 « Je veux une francophonie forte qui portera avec vous un combat contre l’obscurantisme : le français est la langue de la raison, c’est la langue de la Lumière »

Et, sommet de l’habileté de la part de notre président, cette invitation qu’il fit aux musulmans à s’en référer au comportement des artistes qui toujours ont eu le courage de bousculer le monde. Faisant une allusion à l’enfermement des musulmans dans le monde ossifié de l’islam, Emmanuel Macron leur dit, très ouvertement, que la fonction de ce musée va être de les aider à tourner la page sur leur islam figé depuis des siècles. Grâce à ce musée, leur déclara-t- il : « Nous allons attraper toute la bêtise du monde, et la détruire ». Ce musée, leur a-t-il dit, est un « piège à bêtise : ceux qui viendront ici découvriront des esprits rebelles ». Donnant donc en exemple aux officiels présents à cette cérémonie, la liberté de pensée des artistes, Emmanuel Macron poursuivit en faisant valoir que tous les artistes ont un point commun : « Maîtriser la bêtise. Ils ont défié l’ordre établi. Ils ont ainsi aimé la liberté. Ils ont cru dans la raison contre l’obscurantisme. Ils ont voulu la tolérance et la fraternité ». Et Emmanuel Macron poursuivit, disant : « C’est ce même esprit de conquête que nous allons ensemble porter pour les prochaines années, parce que c’est notre combat ». Et il a conclu, en disant : « Ici commence le combat d’une génération pour votre jeunesse ».

Ces propos subtiles tenus sur les arts et les artistes, avec en toile de fond l’islam, un islam que l’on sait bloqué et totalement incapable de se réformer depuis la fin du XIIe siècle, et ces invitations masquées à se réformer adressées aux musulmans en s’inspirant du comportement habituel des artistes qui de tous temps ont été des hommes libres et créatifs, étaient tout à fait clairs pour des esprits quelque peu éveillés, et le prince MBZ que l’on considère comme particulièrement intelligent, en est. Ce discours plein de finesses, et riche en sous-entendus, n’a pas donné lieu à des protestations de la part des dirigeants musulmans présents à cette cérémonie. Officiellement, on n’a parlé que du beau et de l’art.

Malheureusement, et sans doute pour faire quelques concessions à son auditoire, Emmanuel Macron, emporté par ses envolées lyriques, a énoncé une très grave contre-vérité, déclarant : « Ceux qui veulent faire croire que l’islam se construit en détruisant les autres monothéismes sont des menteurs, et vous trahissent ». On a peine à penser que le président français puisse être sincère en avançant une telle thèse : les incitations au « djihad » sont très nombreuses dans le livre saint de l’islam, et la volonté de l’islam de réduire à néant toutes les autres religions est avérée.

Notre président plaide donc pour une modernisation de l’islam : mais ce ne sont pas ces incitations timides à se réformer adressées aux musulmans qui constituent la solution. Les musulmans sont divisés en différents courants qui s’opposent, et, faute d’une organisation hiérarchique pour les guider, rien ne pourra venir de l’intérieur. Les pays européens qui assistent impuissants au développement rapide de l’islam dans leurs sociétés, et s’en inquiètent, n’ont qu’une seule possibilité d’action : exiger du Conseil de l’Europe qu’il établisse la liste complète des dispositions coraniques dont l’application est interdite dans les pays de l’Union européenne. Ceci, afin que dans tous les pays concernés des lois soient votées pour que ces interdictions deviennent effectives. Il n’y a guère d’autre solution.

Et les autorités auront alors à cœur de poursuivre toutes les personnes qui enfreignent les lois de leur pays.

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4 réactions :

  • 1. Par Gilbert Claret, le mercredi 10 janvier 2018 (17:21)
    Quand Emmanuel Macron incite les musulmans à réformer l’islam

    Demander que le Conseil de l’Europe établisse une liste des dispositions du Coran qui sont contraires à l’Etat de droit dans les pays membres du Conseil de l’Europe me paraît une excellente idée et serait une bonne base de départ pour forcer l’Islam à se réformer lui-même.

  • 2. Par Gerard Cachier, le mercredi 10 janvier 2018 (17:28)
    Quand Emmanuel Macron incite les musulmans à réformer l’islam

    Courageuse initiative, mais les évolutions sont bloquées depuis déjà 15 siècles.
    Les premiers exemplaires du Coran connus ont été écrits 200 ans après la mort du Prophète, un peu comme Homère avec la guerre de Troie. Pour ne rien arranger, des Califes ambitieux, guerriers et religieux ont entre temps développé et amendé l’Islam dans leur propre intérêt.
    Pour résumer, on peut dire que des habitudes de l’époque de Charlemagne ont été consignées dans un livre divin a vocation éternelle.
    Le piège s’est ainsi refermé sur eux. En période de crise comme maintenant, ces écrits peuvent devenir des refuges simples, nourrir des exclusions comme des alibis à des actions destructrices.
    Il y en a encore pour bien longtemps.

  • 3. Par Chistian O, le dimanche 14 janvier 2018 (20:48)
    Ce n’est plus l’islam

    L’islam n’est pas réformable. Réformer l’islam c’est demander aux musulmans de créer une nouvelle religion d’inspiration coranique. Les musulmans qui s’y sont essayé en sont mort, tués.

  • 4. Par karim, le dimanche 11 février 2018 (07:30)
    C est pas possible

    Au fait nous musulmans on comprend votre stratégie. Pour combattre l islam il faut d abord l organiser sinon présentement c’est fluide.

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