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Les déclarations erronées de Christophe Castaner sur l’islam reflètent-elles la pensée d’Emmanuel Macron ?

Par Claude Sicard,
le mercredi 29 novembre 2017

Christophe Castaner, ex-porte-parole du gouvernement, a donné alors qu’il s’exprimait au nom du gouvernement de son pays, une vision très biaisée de l’islam. Une vision, nous allons le voir, fondée sur une ignorance manifeste de ce qu’est réellement cette religion. Dans son interview par Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV, le 25 novembre denier, ce ministre a déclaré avec autorité, à propos des attentats islamistes : « Cela n’a rien à voir avec ce qu’est la religion de l’islam qui est une religion de bonheur et d’amour, comme le christianisme ». De tels propos tenus par le porte-parole officiel de notre gouvernement sont particulièrement préoccupants : reflètent-ils véritablement la pensée de notre jeune et talentueux président ?

Déjà, précédemment, sur Europe 1, Christophe Castaner avait à propos des islamistes radicaux de Daesh, fait preuve d’originalité en déclarant avec assurance : « Cessons de parler d’État islamique : ils trahissent la religion qu’ils prétendent servir ». On est en droit de s’étonner de ce que le porte-parole officiel de notre gouvernement ait pu manifester de telles lacunes en matière de culture générale, car la connaissance de la religion islamique qui est celle, sur notre planète, de plus de 1,2 milliard de personnes, fait nécessairement partie du bagage intellectuel que doit avoir aujourd’hui tout honnête homme, a fortiori lorsque l’on exerce la fonction de porte-parole de l’une des plus grandes puissances mondiales.

D’autant que l’islam pose à nos sociétés occidentales tous les problèmes que l’on sait. Avec le succès des luttes que les pays musulmans ont menées dans la seconde moitié du XXe siècle contre les pays occidentaux qui, au siècle précédent, les avaient soumis, l’islam s’est réveillé en profitant du déclin de l’Occident. Il est, à présent, à nouveau redevenu conquérant, après être resté en sommeil pendant plus de huit siècles. La menace pour les pays occidentaux est grande. Il faut donc souhaiter que Benjamin Griveaux, le nouveau porte-parole du gouvernement qui vient d’être nommé par Emmanuel Macron pour remplir cette difficile fonction, soit plus avisé en matière d’islam que ne l’était Christophe Castaner promu, depuis, animateur du grand mouvement La République En Marche créé l’an dernier par Emmanuel Macron.

L’islam, et le christianisme sont-ils des religions de « bonheur » ? En aucune manière. Ces deux religions monothéistes proposent, certes, aux hommes le bonheur, mais non pas sur terre : dans l’au-delà. Islam signifie « obéissance », obéissance donc à Dieu tout-puissant. La sourate (3, 19) dit : « La religion de Dieu est la soumission ». Dans cette religion, le paradis où l’homme trouvera le bonheur se gagne par la stricte obéissance aux règles fixées aux hommes par son Créateur dans le message que le prophète Mahomet a reçu directement de Dieu, au VIIe siècle, par l’intermédiaire du messager Gabriel. Quant au christianisme, c’est une religion qui dit aux croyants que leur condition sur terre est marquée par la souffrance et la mort, conséquences de la perte de l’état originel : le royaume annoncé par le Christ n’est pas un royaume terrestre, mais céleste.

Pour l’islam, le bonheur se trouve dans « les Jardins des délices ». La sourate (19,61-63), par exemple, dit : « Voila le Jardin que Nous donnerons en héritage à ceux de nos serviteurs qui auront été pieux ». La description, dans le Coran, du paradis d’Allah est idyllique : un jardin parcouru de ruisseaux, où l’on trouve d’immenses ombrages. On y reçoit des fruits et des boissons en abondance, notamment du miel ainsi que du vin, ce produit de la vigne dont on ne se lasse pas et qui n’enivre pas. Dans ce jardin se tiendront des hûris aux grands et beaux yeux, des hûris que « jamais homme ni djinn n’a touchées avant eux » (55,72-74). Le Coran dit de ces vierges, aux heureux bénéficiaires du paradis d’Allah : « Voilà ce qui vous est promis pour le jour des comptes » (38 ,53-54). Pour ce qui est des chrétiens, on se souvient que Pascal a dit : « Le bonheur n’est ni hors de nous, ni en nous : il est en Dieu ». Pour les chrétiens, la béatitude est à venir : Jésus a déplacé la problématique du bonheur vers l’au-delà.

Quant à la seconde affirmation : l’islam, une religion d’amour ? Certes pas, le mot amour ne figurant pas d’ailleurs dans le livre saint de l’islam. Le Coran prêche aux croyants la guerre contre les infidèles. Il s’agit, avant tout, pour tout musulman, de contribuer à étendre le règne de Dieu sur la terre. La guerre contre les infidèles permet à un musulman de remplir ses obligations vis-à-vis de Dieu. Une sourate dit, d’ailleurs, que « Dieu préfère les combattants aux autres » (4,95-96). Il conviendrait donc de rappeler à Christoph Castaner quelques sourates fameuses du Coran :

-« Combattez tous ceux qui ne croient point en Dieu, ni au jour dernier » (9,29)
-« Ô prophète, incite les croyants à combattre : vingt braves d’entre eux terrasseront deux cents infidèles » (8,65)
-« Ô prophète, fais la guerre aux incrédules, et sois rude envers eux » (66,9)
-« Lorsque vous rencontrez les incrédules au combat, frappez les au cou » (47,4)
- Etc.

Il s’agit donc, pour les musulmans, selon le message divin reçu par Mahomet, d’éliminer tous les incroyants, et tous les polythéistes. Ainsi, d’ailleurs, que les apostats, une sourate les concernant disant : « S’ils sombrent de nouveau dans l’infidélité, tuez-les partout où vous les rencontrerez ». Les femmes adultères sont, elles aussi, des êtres à éliminer de la société, le Coran les condamnant à mort. Une sourate dit de ces femmes : « Enfermez les coupables dans des maisons jusqu’à ce que la mort les saisisse » (4,15). Et l’on bannira aussi de la société les homosexuels. Toutes ces dispositions ne relèvent donc pas de l’indulgence qu’il convient de porter à ses ennemis dans une société où serait censé régner l’amour. La fraternité, il faut bien le voir, ne s’exerce, dans le monde de l’islam, que seulement entre musulmans, plusieurs sourates étant très explicites à cet égard, comme : « Ô croyants, ne prenez point pour amis les juifs et les chrétiens » (5,51), ou encore la sourate (3, 118) qui dit : « Ô, croyants, ne vous liez d’amitié qu’entre vous ». Dans ce verset du Coran il est expliqué aux croyants que les infidèles « risquent de les corrompre » : ce sont, dit le livre saint de l’islam, des « pervers », et « Dieu ne guide pas les pervers » (5,31). Pour ce qui est d’Emmanuel Macron, notre jeune président, il semblerait bien que ses vues sur l’islam soient assez similaires à celles exprimées par celui qui a été jusqu’ici son porte-parole officiel. On se souvient, en effet, que lors de sa campagne électorale il avait répondu à la journaliste Sabrina, dans une émission sur RTL, qui lui avait demandé : « Pensez-vous que l’islam n’est pas compatible avec la République ? » par cette affirmation péremptoire : « pas du tout ». Un peu plus tard, lors d’un meeting à Montpellier, il avait expliqué à un participant qui s’inquiétait des dangers que l’islam fait courir à notre société, que « ce qui peut être un problème, ce n’est pas l’islam, mais certains comportements placés sous le signe du religieux ». Et dans son fameux discours prononcé à l’occasion de l’inauguration du nouveau musée du Louvre à Abou Dhabi, Emmanuel Macron a, avec brio, développé la thèse suivante : « Dans cette région, tous les grands monothéismes sont nés, et l’islam est né de ce palimpseste de cultures et de civilisations qui font que, de manière indétricotable, irréductible, nos religions sont liées, nos civilisations sont liées. Et ceux qui veulent faire croire, où que ce soit dans le monde, que l’islam se construit en détruisant les autres monothéismes sont menteurs, et vous trahissent ».

Discours, donc, de haute volée, digne d’un philosophe, mais qui, à coté de l’affirmation exacte de la proche parenté des trois civilisations monothéistes, s’achève sur l’énoncé d’une contre-vérité flagrante sur la prétendue volonté de l’islam de coexister pacifiquement avec les autres religions. Les conseillers de notre président auraient-ils omis de lui faire part de ces deux sourates du Coran, que nous rappelons ci-après ? :

-« Quiconque désire rechercher un autre culte que la Soumission, ce culte ne sera pas accepté » (3,85) ;
- « C’est Dieu qui a envoyé son Messager avec la Direction et la Religion de vérité pour la faire triompher de toute autre religion » (48,28).

Dans ces deux versets, il faut entendre par « la Soumission », ou par « la Religion de vérité », l’islam, qui est « la vraie religion ». Et l’on peut lire dans le livre saint de l’islam, en (9,30), cette déclaration sur les gens des deux autres monothéismes : « Les Juifs disent « Uzaïr est fils de Dieu » ; les Chrétiens disent « Le Messie est fils de Dieu » … Que Dieu les écrase ! Ils marchent à reculons ».

Le discours d’Abu Dhabi de notre président n’en est pas moins un chef d’œuvre d’intelligence et d’habileté, Emmanuel Macron ayant su se saisir de l’occasion de célébrer publiquement « le beau », symbolisé ici par cet étonnant musée du Louvre dans la capitale des Emirats, le qualifiant de « merveilleux piège à bêtises », ceci pour faire passer un message révolutionnaire pour son auditoire. Les artistes, a-t-il dit, sont « des esprits rebelles qui ont de tout temps maîtrisé la bêtise. Ils ont toujours défié l’ordre établi, cru dans la jeunesse, et aimé la liberté plus que tous les privilèges ». Et Emmanuel Macron a rajouté malicieusement : « Ils ont cru dans la raison contre l’obscurantisme. Ils ont voulu la tolérance et la fraternité ». Un message donc du président français adressé aux croyants musulmans, quelque peu difficile, somme toute, pour eux à décrypter, mais que les dirigeants locaux qui sont intelligents n’ont certainement pas manqué de prendre comme un encouragement à s’acheminer sur la voie de la liberté, avec l’amorce d’une réforme de l’islam. La religion islamique, on le sait, ôte aux croyants toute liberté, étant très marquée par les archaïsmes de la pensée du prophète Mahomet qui s’adressait à une population de bédouins vivant en Arabie, au Moyen Age. Comme on le sait, de nombreux intellectuels musulmans vivant en Europe ou aux États-Unis proposent de réformer l’islam : mais n’étant pas des religieux, ils ne sont guère écoutés.

Sans doute ce message qu’il faut savoir lire entre les lignes, a-t-il été apprécié par le prince héritier Mohamed Ibn Zayed al Nayan qui a eu l’audace de débaptiser, il y a quelques mois, la plus grande mosquée d’Abou Dhabi pour l’appeler dorénavant « Mosquée Marie, mère de Jésus ». Une initiative hardie qu’il faut souligner. Et le jeune prince héritier d’Arabie Saoudite n’a certainement pas manqué, lui aussi, d’apprécier ce message du président français, lui qui a marqué récemment sa volonté de moderniser son pays et de réformer l’islam, ce qui constituerait un événement considérable s’agissant du pays qui est le gardien de la ville sainte de l’islam, la Mecque.

Claude Sicard
Auteur de « Le face à face islam chrétienté : quel destin pour l’Europe ? »
Et « L’islam au risque de la démocratie » (Editions F.X de Guibert)

Messages

  • Beau sujet , bien traité
    Jésus , le Christ , était "doux et humble de coeur" , ses disciples qui doivent appliquer ses paraboles comme le sermon sur la montagne : bienheureux les doux ... , comme le pardon des offenses "Septante sept fois sept fois", comme la femme adultère à laquelle il ne faut pas jeter la pierre , qui doivent se comporter en bon samaritain (celui qui aide son "frére" au delà des barrières des nations car il n’est pas comme la coutume entre juifs et samaritains le voulait son ennemmi ) ont du mal à prétendre le respecter en tuant , violant et volant .
    Il lavait les pieds de ses disciples et se moquait des pharisiens et des hypocrites , voilà qui n’est pas l’usage dans les pays musulmans (voir le pharisien Ramadan où la conduite pleine de suffisance des "émirs"auto proclamés) En conclusion le Christ veut la paix sur terre pour la gagner dans le ciel à chanter la gloire de Dieu et à en admirer les merveilles , Mahomet la guerre à tous "les autres" qui génent ses prédations de Bédouin , mettre ces deux prophètes (pour les laics ) sur le meme pied c’est méconnaitre les fondements philosophiques les plus élémentaires , mais Castaner n’a jamais du suivre le "caté" ni se fatiguer à lire les évangiles , il en parle donc en ignorant superbement le sujet
    et comme il ne connait pas non plus le Coran , il dit d’énormes bétises

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