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Les dindons de la farce de l’arrière-cuisine SNCF

Par Yves Buchsenschutz,
le lundi 4 novembre 2019

Depuis le malheureux accident du 16 octobre dans les Ardennes, lequel a déclenché des grèves sauvages en cascade pour des motifs divers, les « usagers » du train sont soumis, en pleines vacances scolaires (3 millions de départs prévus le seul premier jour des vacances !), à une douche écossaise permanente concernant leurs déplacements : partira ? ne partira pas ? TER ? TGV ? OUIGO ? 1 sur 5, 2 sur 5 ? 8 sur 10 ? de Paris ? dans le Sud-Est ? … On n’ose plus seulement évoquer le problème des horaires ou de la ponctualité. C’est devenu la roulette russe. Toutefois, une nouvelle étape se dessine : 2 grandes annonces : Monsieur Pépy (61 ans) s’en va, remplacé par Mr Farandou, et ce dernier annonce sa première grande décision : concernant le droit de retrait, la SNCF n’ira pas devant les tribunaux !

Le droit de retrait

Sans rentrer dans des détails juridiques complexes, lors de l’instauration d’un préavis de grève, obligatoire pour le service public de transport, donc la SNCF, il a été prévu un droit individuel dit « de retrait » en cas de danger grave et imminent pour un salarié. C’est le motif qui a été invoqué par les grévistes pour la grève surprise qui a été déclenchée suite à l’accident des Ardennes et qui est pour le moins discutable en droit. C’est la renonciation à la contestation de ce droit devant les tribunaux qui est annoncée par le nouveau président de la SNCF. Pour les grèves suivantes (centres de maintenance), la confusion est encore plus grande.

La SNCF, une victime faux-nez

Le problème, on lit cela en filigrane, sera réglé par le non-paiement des heures de grève. A ce sujet, on peut faire les remarques suivantes : les voyageurs, sondés, ont pour une fois exprimé qu’ils comprendraient mal que ces heures, au demeurant non travaillées, soient payées. Donc, on va essayer de s’y tenir sous menace de l’opinion publique. On sait par ailleurs qu’une heure non payée peut être compensée de multiples manières : primes, congés, RTT, etc. Personne ne sera autorisé à regarder en détail le résultat des courses. La SNCF sera punie par une perte de recette mais au milieu d’un déficit annuel de près de 20 milliards, cela ne pèsera pas lourd. On comprend pourquoi elle préfère ne pas aller à un procès, lequel se présenterait pourtant très bien juridiquement pour elle, mais serait socialement difficile.

Les vraies victimes

Les trois vraies victimes, parfois confondues d’ailleurs, sont les usagers et les contribuables, ainsi qu’accessoirement, les écologistes. Les victimes sont les voyageurs qui, une fois de plus, et malgré la loi, ont été pris en otage par les cheminots et les syndicats : désorganisation complète des vacances de la Toussaint. (Essayez donc de rapatrier des petits-enfants d’origines géographiques différentes dans ces conditions) (Maman, cette année, on passe les vacances à la Gare Montparnasse ?) Malgré les promesses de remboursement, nombreux seront ceux qui auront éclaté leur budget. Les deuxièmes victimes sont les contribuables qui vont voir l’addition annuelle SNCF s’allonger : ce seront de nouveaux impôts et taxes qui viendront, tôt ou tard, en pluie fine, régler l’ardoise de ce chaos. La dernière victime sera l’écologie : nombreux sont ceux qui auront repris leur automobile pour parer la carence des transports en commun et qui modifieront leur comportement à l’avenir. Curieux, aucune voix verte ne s’est élevée pour contester ce gâchis.

La victime finale

Ce que beaucoup ne voient pas venir, car obnubilés par la fermeture de telle ou telle petite gare locale, c’est la déshérence du transport ferroviaire, devenant chaque jour moins fiable et moins compétitif. Entre des syndicats arc-boutés sur leurs privilèges, des pratiques d’un autre âge et une direction (voire un gouvernement) qui cède à chaque fois au chantage, la SNCF-voyageurs prend tout doucement le chemin du fret, lequel ne représente même plus 10% du transport de marchandises en France. Il a perdu plus de 40% de son volume en 15 ans. Nonobstant, il n’est ni compétitif, ni rentable, ni pratique [1]. La SNCF devrait comprendre que c’est sa survie qui se joue, et les écologistes de salon devraient se pencher sur ce gâchis, que la nouvelle concurrence telle qu’elle est en train de s’organiser [2], ne résoudra pas.

Et maintenant ? comment obtenir des dommages et intérêts ?

N’étant pas juriste, je ne peux m’avancer que très prudemment, mais il me semble que si je tue quelqu’un dans la rue, je serai poursuivi par la société, même si la femme ou la fille de la personne décédée ne porte pas plainte. A ce jour l’ensemble des usagers français ont été lésés, à un titre ou à un autre, par ces mouvements (si l’on va jusqu’aux conséquences ultimes, plus de 50% certainement).
Qui pourrait aller devant la justice en lieu et place de la SNCF défaillante ? le « Ministère public » ? des Associations de type Contribuables Associés, ou d’usagers s’il en existe, ou écologiques ? et demander au moins des dommages et intérêts aux Syndicats de cheminots pour mésusage ou non-respect du droit de grève ?
Quant au nouveau patron de la maison, il semble avoir déjà chaussé les bottes de son prédécesseur : « des transformations profondes », mais pas de vague.

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[1Si cela n’a pas changé depuis 10 ans, il faut 2 heures pour avoir un camion dans la cour de son usine qui livrera le lendemain mais plusieurs jours pour avoir un wagon isolé ou un train lourd qui livrera quand il pourra.

[2On transfère les privilèges avec les lignes !

2 réactions :

  • 1. Par zelectron, le lundi 4 novembre 2019 (17:00)
    un état taré

    L’état s’est emberlificoté lui-même dans de si nombreuses situations :
    comment peut-on imaginer qu’il puisse être juge ET partie, c’est abscons !
    l’état-SNCF contre la SNCF-état ?

  • 2. Par Sarah LENTY, le jeudi 7 novembre 2019 (23:15)
    Descente inexorable

    A quand une Maggy à la tête de cette société ?
    Avec une autre Maggy à la tête du gouvernement et une troisième Maggy à la tête de l’État !

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