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Quand l’État bloque lui-même, le redémarrage de l’économie

Par Yves Buchsenschutz,
le jeudi 11 juin 2020

Une frange non négligeable de la population considère que le poids de l’État dans notre vie est trop important. Curieusement, la France se coupe quelque part en deux camps, l’un considérant que l’État a trop de poids dans l’économie et ne soutient pas assez les initiatives individuelles ; l’autre considère qu’il laisse trop de latitude au privé, lequel, dans l’économie au moins, menace les équilibres fondamentaux de la société. Nous reviendrons probablement plus tard dans l’analyse de la gestion de la crise de la Covid 19 mais il semble bien d’ores et déjà que l’État n’ait pas été à la hauteur :

Il n’était pas préparé et n’a pas vu venir la pandémie (la médecine de terrain a manqué de presque tout !) Elle a successivement manqué de lits, puis de masques, puis de tests ce qui a largement influencé la politique et les décisions sanitaires (confinement, etc.)

Il a mal utilisé les ressources du privé (médecine de ville ou cliniques) dont certains et certaines, volontaires et préparés, attendent toujours qu’on les appelle.) [1]

Ses fonctionnaires, bien que largement épargnés, à l’exception du personnel médical, par les risques ou les conséquences financières de la pandémie, se sont d’abord mis à l’abri, en particulier derrière le droit de retrait et n’accompagnent que très mollement la reprise du pays (nous aurons peut-être droit dans quelques jours à un métro normal, à des autobus normaux, à des trains normaux, [2] à une poste normale et au mois de septembre à des professeurs réellement devant les élèves. Savez-vous qu’il n’y a pas eu de chômage partiel dans la fonction publique ? Et que les absences prolongées ne coûteront même pas de points de retraite aux absents ?

La vraie surprise est que l’État en France contrôle plus de 50 % de l’économie, en particulier via les communes et les collectivités locales qui sont de gros donneurs d’ordres, dans le bâtiment par exemple : les élections communales n’étant pas terminées, les nouveaux conseils municipaux ne sont pas installés et, très honnêtement au demeurant, les anciennes équipes ne veulent pas engager des dépenses qu’une éventuelle nouvelle équipe n’approuverait pas. Le résultat intéressant est que l’État ne commande pas et attend la mise en place des nouveaux conseils municipaux. Encore un effort qui va dans le bon sens. En parallèle, les fonctionnaires ne retournent au travail que très lentement. Essayez par exemple dans le cadre de votre déclaration d’impôts d’appeler le service d’urgence du ministère des finances : vous obtiendrez un répondeur vous proposant de rappeler (après la date butoir peut-être ?), mais de toutes les façons ce n’est pas grave, tout est très simple et depuis le prélèvement à la source tout est prérempli mais il faut vérifier, corriger si nécessaire, et valider.

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[1près de 500.000 interventions décalées dans le privé semble-t-il ?

[2Peut-on nous expliquer pourquoi, pour inciter nos concitoyens à prendre les transports en commun « en sécurité », on a diminué le nombre de trains, de bus, de métro, en même temps qu’on diminuait le nombre de places. En complément on a supprimé des stations ; ce dernier point est toujours en vigueur !

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