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Gilets jaunes et transition énergétique

le dimanche 16 décembre 2018

Le mouvement des gilets jaunes semble exprimer une rupture consommée entre la France provinciale et ses élites parisiennes, excepté sur un point :celui de l’urgence de la transition écologique. Personne n’ose remettre en cause ce qui semble être devenu un objectif politique à poursuivre.

En termes de transition énergétique, la France peut être qualifiée de « meilleur élève mondial ». Sa croissance démographique est faible et sa croissance économique ne dépassera pas en moyenne 1,5 % au cours des 30 prochaines années.Elle possède l’une des plus faibles intensités énergétiques [1] mondiales bien en dessous de la moyenne européenne. Et surtout, grâce à son parc nucléaire, elle est championne du monde de la dé-carbonisation. Avec seulement 100kgCO2/MWh la France surclasse tous ses concurrents qu’ils soient européens (200 kgCO2/MWh en Allemagne), américain (200 kgCO2/MWh) ou chinois (260 kgCO2/MWh).En conséquence, le Français n’émet que 4,7 tCO2/an contre 9,5 pour l’allemand et 15,5 pour l’américain.

Une pensée unique instrumentalisée par les « khmers verts »

Au vu de ces chiffres on comprend donc mal les raisons qui poussent le gouvernement français à se lancer dans l’urgence dans une transition écologique d’autant plus coûteuse socialement qu’elle touche douloureusement les plus démunis. Car ce sont généralement eux qui, de par leur difficile mobilité géographique, leur voiture mal entretenue et leur habitat mal isolé, payeront la plus grosse part de la facture.

Échappant à toute démarche rationnelle, la pensée unique de cette transition est clairement encouragée par l’idéologie des « khmers verts » au mépris de tout équilibre économique et social. La loi sur la transition énergétique promulguée en 2014 est la traduction dans les faits de la caution politique que François Hollande a voulu donner aux Verts. Elle n’a été construite sur aucun réalisme économique et social.

Si elle est nécessaire à terme, la transition énergétique française est à comparer à la motivation des autres grandes nations traînant souvent les pieds lorsqu’il s’agit de s’y engager. Bien sûr le meilleur élève de la classe se doit de montrer l’exemple. Mais, est-ce à lui de se pénaliser de ses bons résultats ? Il n’y a aucune urgence aujourd’hui à réduire le nucléaire au profit des énergies renouvelables intermittentes. L’échec cuisant de l’Energiewende allemande qui a voulu mettre en œuvre des renouvelables à l’échelle nationale tout en sortant du nucléaire démontre de façon éclatante ce qu’il ne faut pas faire. En Allemagne, (dans le silence et sans violence il faut le reconnaître !)le coût du kWh est de 0,32€ soit le double du français. Au vu de l’augmentation exponentielle de la TICPE, la poursuite de la transition énergétique française telle qu’elle a été engagée conduira au même résultat excepté qu’elle augure dans l’Hexagone de nombreux samedis de violence.

Depuis 2014, la TICPP a été mutipliée par 3 (source : PLF 2018)

La suppression partielle ou totale de la TICPE ainsi qu’une grande partie des aides d’Etat aux énergies renouvelables permettrait de redonner aux français qui souffrent un peu de ce pouvoir d’achat qu’ils réclament. La République Française ne mérite pas d’être bradée sur l’autel d’une transition énergétique conduite à la hâte sans aucune raison objective. La France a injecté depuis 5 ans 144 milliards d’Euros [2] dans la transition écologique. C’est 2 années d’impôt sur le revenu et 30 années d’ISF [3]. Et pourtant durant la même période les émissions françaises ont augmenté de 5% [4].

Nous soutenons l’instauration d’une taxe carbone à condition qu’elle soit au moins partagée dans l’ensemble des pays européens ce qui est aujourd’hui loin d’être le cas.

Puisse Emmanuel Macron entendre ce message renvoyer dans leurs cordes des écologistes intégristes sans scrupule et différer une transition qui pour la France n’est en rien contraignante. Puisse-t-il aussi résister à la pression des chantres néo-marxistes réclamant le rétablissement de l’ISF et le « scalp des riches ». Puisse-t-il ne pas trop ouvrir les vannes sociales au risque de fragiliser un peu plus une économie déjà chancelante. Mieux vaut consacrer les ressources limitées dont il dispose pour investir massivement sur nos points de faiblesse comme l’éducation, la formation professionnelle ou le numérique un domaine où les américains et des chinois disposent aujourd’hui d’un quasi-monopole.

Tout le monde y gagnera des élites parisiennes aux gilets jaunes !

Philippe Charlez
Expert Energie à l’Institut Sapiens

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[1L’intensité énergétique est le rapport entre la quantité d’énergie

[4BP Statistical Review 2018

3 réactions :

  • 1. Par Piriou Saillant, le dimanche 16 décembre 2018 (17:09)
    Il faut bannir le terme Taxe carbone

    Merci à Ph. Charliez pour cet argumentaire clair et concis. Une réserve toutefois, il nous bannir définitivement le terme Taxe carbone. Le CO2 est un élément fondamental à la vie. Il n’est en rien un polluant. Grâce à l’augmentation de son taux dans l’atmosphère, la planète a reverdi, la faim a reculé etc. S’en prendre au carbone n’a aucune justification. Bien au contraire. "I❤CO2".

  • 2. Par MASQUELIER BERNARD, le dimanche 16 décembre 2018 (18:03)
    Sauver la planète

    Nos dirigeants à commencer par le Président MACRON se sentent investis d’une mission divine (sauver la planète à eux seuls) quitte pour cela à affamer les petites gens. Sans ce mépris affiché pour ces derniers il n’y aurait pas eu 5 semaines de troubles comme ceux que l’on a connus.
    Les propos qui ont été tenus par ce gouvernement sont intolérables et du jamais vu sous la cinquième république, la palme revenant au secrétaire général de l’Élysée qui avec arrogance parlait des Français je cite( la France qui clope et qui roule en diesel).
    J’espère que la leçon va leur servir, mais je n’en suis pas convaincu !
    Si tous les français étaient informés des effets détaillés de cette transition écologique il n’y aurait pas que des gilets jaunes dans la rue.
    Merci à l’auteur de cet article, il en faudrait beaucoup comme cela, et surtout qu’il soient diffusés à grande échelle.

  • 3. Par Marc, le mardi 18 décembre 2018 (12:07)
    Où le navire est il amarré ?

    Je suis assez d’accord avec vous sur la stupidité de vouloir arrêter ou réduire la part du nucléaire en France. Par quoi le remplacer sans augmenter nos émissions de CO2 et le coût de l’électricité ?
    Par contre, lorsque je vois votre CV, je comprends pourquoi vous vous en prenez à la TICPE sur le fioul.
    Je pense néanmoins que nous sortir du pétrole (60milliard d’euros, l’équivalent de notre déficit commercial national) serait une façon de redonner du pouvoir d’achat aux français. Taxer le Co2 c’est bon pour le climat et pour notre balance commerciale. Même si ce n’est pas bon pour les états qui s’opposent aux actions pour préserver le climat.
    Et qui n’ont pas besoin de faire beaucoup d’effort puisque nos consommations de pétrole et charbon ne cessent d’augmenter.
    Les entreprises pétrolière sont déjà entrain de se préparer à épandre en mer des roches pulvérisées pour absorber le CO2 ! Un marché colossal en perspective !

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