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En route vers Cuba

Par Yves Buchsenschutz,
le dimanche 27 mai 2018

OXFAM, l’ONG bien connue dont Madame l’ex ministre Cécile DUFLOT, a pris récemment la présidence française, ressort de sa boîte pour exprimer à nouveau une position en pointe sur la distribution des dividendes par les entreprises, françaises en particulier. Chaque année à cette époque en effet, cette O.N.G. se doit de rappeler vigoureusement à l’ensemble du pays vers quel enfer inégalitaire il se précipite tête baissée. Nous allons voir que cette fois-ci cela nous renvoie aux efforts de Cuba pour sortir ses ressortissants de la misère….

Première remarque : compte tenu des abus sexuels, multiples et prouvés, auxquels se sont livrés ses représentants dans les pays en voie de développement, Oxfam cette année aurait pu avoir la décence de faire profil bas et concentrer ses messages sur la gouvernance et la déontologie de son organisation. Que nenni ! Comme M. Cahuzac en son temps, elle tente d’absoudre ses turpitudes en distribuant des leçons de morale.

Deuxième remarque concernant l’indicateur choisi : le versement de dividendes aux actionnaires. Oxfam a en effet réussi – et c’est une de ses spécialités - à concocter une courbe de répartition des bénéfices des sociétés qui se ferait au profit quasi unique des actionnaires. Il est bien connu en effet que dans l’association capital travail que représente une entreprise, la rémunération du travail se fait par l’attribution d’une part du bénéfice. Naïvement, d’aucuns pourraient rappeler qu’un salarié est avant tout rémunéré de ses efforts par un salaire, au demeurant en général à peu près sécurisé ! L’intéressement et où la participation aux bénéfices est en fait un super bonus aléatoire. L’actionnaire lui, rappelons-le, a investi son argent dans l’entreprise, n’a pas de salaire, et ne peut compter que sur deux rémunérations possibles : un dividende et une éventuelle plus-value sur la valeur de sa part. Quelques exemples : un actionnaire de Danone touchera cette année un dividende brut de 1,90 euros pour une action qu’il aura acheté en 2017 aux environs de 70 €, soit 2,7 % de rendement, et après IFU, 1,9 %. Celui d’Air Liquide touchera 2,65 € pour une action qu’il aura achetée environ 110 €, soit après IFU environ 1,7 % de rendement. Cela ressemble fort à des taux de caisse d’Epargne voire à des prêts bancaires : Tout comme un banquier, l’actionnaire mérite lui aussi sa rémunération Précisons que même dans le cas de ces deux actions, plutôt à bon comportement, les plus-values ont été faibles à négatives ces deux dernières années. Elles ont pu être meilleures en d’autres temps, mais cela fait partie du risque pris par l’actionnaire. A noter d’ailleurs que c’est en fait l’actionnaire qui se distribue un dividende : quand il le touche la valeur de son action baisse en général du même montant au moins à l’instant.

Troisième remarque : je n’ai bien entendu pas eu accès comme tout un chacun aux détails des calculs d’Oxfam. Mais comme le raisonnement a été fait en masse générale et que le nombre d’entreprises qui versent de l’intéressement et la participation est relativement limité, il est probable que la part revenant aux salariés est largement minorée dans le graphique car divisée par un nombre d’entreprises beaucoup plus important que celui de celles qui les versent. Dans les entreprises qui sont suffisamment fortes et intelligentes pour utiliser ce moyen de motivation, la part qui revient aux salariés est le plus souvent assez significative quand l’entreprise se porte bien. (On constate souvent des semaines voire des mois de rémunération supplémentaire).

La remarque suivante ne touche Oxfam qu’indirectement : la simultanéité et l’unanimité avec lequel l’ensemble de la presse a repris ce communiqué laisse l’observateur perplexe. Cela a concerné la radio, la télé, la presse, Internet, la sphère publique, la sphère privée, de droite, de gauche, la société dite civile…. Extraordinaire exemple d’unanimité et de rapidité. À croire qu’être journaliste consiste benoîtement à reprendre une dépêche de l’Agence France-Presse, ou d’Oxfam, et sans se poser aucune question, de la rediffuser urbi et orbi, sans le moindre esprit d’analyse, voire ce qui serait encore mieux d’esprit critique. Il est vrai que cela va tellement dans le sens des idées reçues, comme celle de « l’appauvrissement général des populations des pays développés à cause d’actionnaires avides », qu’il serait dommage de s’en priver. La puissance publicitaire des O.N.G. et d’Oxfam en particulier, (plusieurs milliards d’euros ou dollars par an) inhibe totalement la pratique basique de ce métier : écouter, se renseigner, évaluer, informer. Malgré les nombreuses mises au point intervenues depuis, gageons que la majorité des français va croire OXFAM, notoriété oblige.

Enfin pourquoi en route vers Cuba ? Parce qu’enfin, s’il était aussi facile et agréable de toucher des dividendes d’actionnaires, on pourrait se demander pourquoi nos concitoyens se révèlent aussi frileux pour le devenir ? Il est pourtant à peu près acquis que le meilleur lieu où mettre ses économies dans le long terme est l’actionnariat d’entreprise. Nonobstant, on cherche toujours des volontaires.

Cuba, paradis de Mme Mitterand et de nombre de nos élites a eu le mérite depuis près de 60 ans d’être un pays d’où les dividendes sont bannis. Le PIB par habitant s’y élève à 12 000 $ par an contre 42 000 $ en France et M. Raul Castro, qui ouvre tout doucement une timide économie de marché, a instauré en parallèle un impôt sur le revenu dont la première tranche débute à 100 $ par mois, soit 1200 $ par an [1], sans compter une invention originale : à Cuba, vous pouvez désormais créer une activité professionnelle « libérale », une chambre d’hôte par exemple …. Mais dès que vous dépassez un certain plafond, très faible, de chiffre d’affaires, l’Etat accapare le surplus. Quand aurons-nous droit à cette égalisation par le bas et à combien sera notre plafond ? Au SMIC ? Ce jour-là, gageons qu’OXFAM aura rempli sa mission….

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[1À ce niveau de différenciation, on peut considérer qu’un dollar est proche d’un euro.

2 réactions :

  • 1. Par CANEPARO, le lundi 28 mai 2018 (09:32)
    Il faut réagir à ce genre de propagande à conclusion et raissonnement faux

    Au fait qui financent OXFAM qui fait partie de l’économie "sociale et solidaire" ? : les mairies, les collectivités départementales et régionales, les assemblées (députés et sénateurs), le gouvernement et l’assemblée européenne ! bref le contribuable ! Encore un mauvais exemple de délégation de pouvoir entre le contribuable et les élus. Quelle honte nos élus !

  • 2. Par Eschyle 49, le jeudi 31 mai 2018 (00:03)
    Offrez-vous une analyse financière aux petits oignons de l’OXFAM .

    Critiquer l’incompétence de Mme DUFLOT , l’absence de méthodologie de l’OXFAM , c’est bien , mais offrez-vous la cerise sur le gâteau du " Charity Business " : une analyse financière de cette ONG , elle en sortira cramée de chez cramé :
    https://reseauinternational.net/lifrap-mouche-du-coche-ou-faux-nez-de-la-cia/

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