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Réorienter nos institutions internationales comme le FMI vers la création d’emplois

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 29 juin 2016

Comme l’OCDE, mais en avance sur lui, grâce à l’influence d’Olivier Blanchard dont on sait les affinités avec les égalitaristes puisque c’est lui qui a envoyé Piketty et Saez faire des stages aux États-Unis à la sortie de Normale Sup, le FMI s’est distingué par la publication [3] d’un certain nombre d’articles s’appuyant sur des recherches économétriques pour démontrer que les prélèvements obligatoires, c’est-à-dire impôts et charges sociales, n’avaient pas d’effet sur la croissance.

Pour réussir sa démonstration, le FMI s’appuie sur la même astuce que l’OCDE, c’est-à-dire qu’il prend comme variable, non pas la croissance, mais la croissance par tête, en oubliant que la croissance peut être positive même si la croissance par tête est négative si la croissance de la population, qui figure au dénominateur, est plus rapide que la croissance elle-même.

Comme en outre ces calculs s’appuient sur des relations entre variables aléatoires, la population est très sensible à l’immigration qui fluctue beaucoup plus que l’effet de la natalité naturelle du pays.

Mais comme l’a montré l’université de Linnaeus en Suède, la hausse des inégalités disparaît si l’on supprime l’immigration des calculs.

C’est particulièrement le cas chez le grand Satan, les États-Unis, où le FMI constate bien que la part des 20% les plus pauvres a baissé dans la période considérée, généralement 1970 ou 1980 à 2010, mais en oubliant de mentionner que pendant cette période, la population américaine s’est accrue de 80 millions, mais dont 30 sont issus de l’immigration d’après les chiffres mêmes du Census, et que sur ces 30 millions,15 étaient venaient d’Amérique latine ou d’Afrique et étaient arrivés aux États-Unis sans un sou et même avec des dettes morales, puisqu’ils ont envoyé chez leurs parents très pauvres plus d’une trentaine de milliards de dollars par an, plus que ce qu’investit annuellement la Banque mondiale.

Ceci explique la baisse de la part du revenu des 10% les moins riches dans le revenu total américain puisque les 10% représentent environ 30 millions de personnes dont la moitié, 15 millions, ont été déplacés vers des déciles supérieurs par l’arrivée de ces immigrés ; ils sont venus sans le sou et généralement sans aucune éducation, à la différence des 15 autres millions d’immigrés dont une partie au moins provient d’Asie avec un niveau d’éducation bien supérieur et a d’ailleurs fait la fortune de la Californie par son entreprenariat.

Nous avons également pu montrer que de l’autre côté de la courbe de Lorenz, le 1% le plus riche, ne s’était pas enrichi par la rente ou par des postes trop payés dans de grandes sociétés, mais s’expliquait entièrement, pour la période couverte (1989-2013) par le Survey of Consumer Finances, par le succès d’entrepreneurs entrés dans le 1% en créant massivement des emplois.

Il serait peut-être temps que nos institutions internationales comme l’OCDE ou le FMI se reprennent et s’intéressent au véritable challenge de notre temps, celui qui consiste à accueillir plusieurs milliards d’individus vivant en dessous du 1 dollar de revenu par jour et qui ont demandé à sortir de la misère grâce au vilain marché, et à entrer dans les bienfaits de la mondialisation.

Mais, si elle réduit massivement les inégalités entre pays, cette arrivée massive crée le chômage dans les pays développés c’est à ce véritable défi que devraient s’attaquer nos organismes internationaux, et pas aux fantômes des inégalités dont bientôt seuls de très mauvais économistes continueront de solliciter les mânes.


[1« Redistribution, inequality and growth » par Jonathan D. Ostry et al. Février 2014

[2« Redistribution, inequality and growth » par Jonathan D. Ostry et al. Février 2014

[3« Redistribution, inequality and growth » par Jonathan D. Ostry et al. Février 2014

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