Emploi 2017

Des chefs d’entreprises au service de l’emploi

Accueil > Les impasses > Les inégalités

Mythe 1 : les inégalités n’ont jamais été aussi fortes

Par Valérie Pascale,
le dimanche 14 mai 2017

Nous exposons ici le premier mythe à propos des inégalités, dénoncé par les économistes du Cato Institute dans leur étude récente [3], que nous avons décidé de présenter à nos lecteurs. Ce mythe a atteint son apogée dans le livre de Thomas Piketty qui lui consacre plusieurs centaines de pages pour convaincre le lecteur que les inégalités entre riches et pauvres n’ont jamais été aussi fortes.

Pour ceux qui n’ont pas lu le livre de Piketty, le message est parfaitement relayé par tous les médias et rapports officiels de divers organismes publics. Cependant, si les inégalités économiques existent, elles sont moins fortes que ne le prétend l’auteur et elles sont acceptables, voire nécessaires pour le développement harmonieux d’un pays. Dans cette étude du Cato, plusieurs économistes ont décortiqué la thèse de Piketty et expliquent toutes les erreurs commises par l’auteur, certaines d’ordre méthodologique, d’autres philosophique ou étique. Nous résumons ici celles qui nous paraissent les plus importantes.

Tout d’abord, Chris Giles, rédacteur économique de Financial Times, montre qu’il y a beaucoup d’erreurs dans la base de données de Piketty. Pour certains chiffres il n’y a pas de source originale et les données sont souvent produites de manière imaginaire.
Ensuite, l’équation mythique « r>g », indiquant que le taux de rendement du capital est toujours supérieur au taux de croissance économique, et qui est à l’origine de la thèse de Piketty sur les inégalités, est erronée. Comme le montre Matthew Rognlie, économiste au Massachusetts Institute of Technology, si l’on tient compte de l’immobilier, la hausse des prix explique à elle seule une partie importante de l’augmentation de la part du capital dans les revenus à long terme. L’intégration de l’immobilier dans la démonstration économique de Piketty ne permet plus d’expliquer l’accroissement des patrimoines par héritages, comme le propose l’auteur.

Alan Auerbach, économiste à University of California-Berkley, et Kevin Hassett de l’American Enterprise Institute montrent quant à eux que Piketty n’a pas tenu compte du risque et de l’instabilité des revenus dans ses calculs de rendement du capital. Ils se servent du modèle de simulation économique, élaboré par le National Bureau for Economic Research, pour conclure que le rendement du capital après impôt est bien inférieur à celui du PIB.

Jason Furman, président du Council of Economic Advisors, et ancien directeur du Congressional Budget Office et Peter Orszag indiquent par ailleurs que les revenus du travail ont un effet plus important sur l’augmentation des inégalités que le rendement du capital, contrairement à ce que laisse croire Piketty.

Enfin, dans une étude économétrique publiée dans Journal of Economic Perspectives, l’économiste du Massachusetts Institute of Technology Daron Acemoglu et le chercheur en sciences politiques James A. Robinson de l’University of Chicago indiquent que les lecteurs du livre de Piketty ont tous l’impression que l’accroissement des inégalités est incontestable, avec la multitude des chiffres fournis, mais en réalité l’auteur ne fait aucune régression de base pour valider ses démonstrations, sans parler de l’étude de la cause et la conséquence. Les chercheurs font des régressions économétriques pour plusieurs pays et trouvent une relation négative peu significative entre l’écart entre le rendement du capital et le taux de croissance (r–g) et l’augmentation des inégalités.

À certaines de ces critiques, Piketty a répondu avec plus au moins d’attention, à d’autres il n’a pas répondu du tout.

Mais surtout, ce qu’il faut noter, c’est que Piketty utilise dans sa démonstration les revenus avant redistribution. Les dispositifs fiscaux et les avantages sociaux existent précisément pour réduire les inégalités, mais Piketty n’en tient pas compte et s’intéresse uniquement aux revenus primaires, ce qui n’a pas de sens. Comme nous allons le montrer, l’économie américaine est en effet fortement redistributive.

Le graphique ci-dessous montre que les plus riches payent plus d’impôts que les autres en proportion de leur fortune. Ainsi, la population représentant le 1% le plus riche a gagné 19% du revenu total, mais a payé 38% de l’impôt sur le revenu en 2013, selon l’estimation de The Tax Foundation [4]. Si l’on inclut tous les autres types d’impôts, le 1% le plus riche a payé 25% des impôts alors qu’il a perçu 15% des revenus avant imposition en 2015, comme l’indique le rapport du Congressional Budget Office.

En proportion, la population pauvre bénéficie au contraire davantage du système d’avantages sociaux. Le gouvernement américain a mis en place plus de 100 programmes d’aide visant à réduire la pauvreté. Ainsi, en 2012 les familles du premier quantile des revenus ont reçu en moyenne 27.000 dollars de transferts, alors que les familles du quantile le plus riche ont payé 87.000 dollars de plus que ce qu’ils ont reçu du gouvernement.

Compte tenu du fait que les dispositifs fiscaux et les avantages sociaux évoluent en permanence, il peut même être plus prudent de mesurer l’évolution des inégalités par les dépenses de consommation. Or, une étude de l’American Enterprise Institute montre [5] qu’entre 2000 et 2010, les niveaux de consommation de différents quantiles de population sont restés relativement stables. Ainsi, la part du quantile le plus pauvre dans la consommation globale est passée de 8.9 à 8.7%, celle du quantile du milieu de 17.3 à 17.1% et enfin celle du quantile le plus riche – de 37.3 à 38.6%. Cette évolution est très loin des statistiques de Piketty, qui annonce pour la même période une hausse considérable des inégalités.

Même si l’étude en question ne nous dit rien sur l’évolution de la consommation du 1% le plus riche, il est évident que toute augmentation possible n’a pas été réalisée au détriment de la population la plus pauvre, qui a réussi à garder le même niveau de consommation dans le temps.


[1Michel Tanner, « Five Myths about Economic Inequality in America », Cato Institute, September 2016.

[2Michel Tanner, « Five Myths about Economic Inequality in America », Cato Institute, September 2016.

[3Michel Tanner, « Five Myths about Economic Inequality in America », Cato Institute, September 2016.

[4Prante, G., S. Hodge, « The Distribution of Tax and Spending Policies in the United States », The Tax Foundation, November 2013.

[5Hassett, K., A. Mathur, « A New Measure of Consumption Inequality », American Enterprise Institute, Juin 2012.

Messages

  • Intéressant, mais contestable. L’économie, comme la plupart des sciences sociales, n’est pas une science exacte. Beaucoup dépend du point de vue où l’on se place, des données retenues et de la méthodologie adoptée. On peut finalement démontrer tout et son contraire. Chacun peut donc - hélas - choisir ses économistes de référence qui confortent ses a priori et positions dogmatiques. Connaissant le Cato Institute, on peut se douter avant lecture des conclusions auxquelles il aboutit. D’autres parviennent à des résultats tout à fait différents et pourtant forts convaincants. Voir par exemple les travaux de l’Observatoire des inégalités (www.inegalites.fr), voir aussi les travaux de Stiglitz... L’honnêteté intellectuelle voudrait qu’on présente aux lecteurs les thèses en présence. Autrement ce n’est que propagande. Il faudrait tout de même faire la pari de l’intelligence et de l’honnêteté du lecteur.
    Je tiendrais le même discours à un partisan borné de la thèse inverse.

  • A Peyo, il faut arrêter avec le relativisme. L’économie n’est certes pas une science exacte mais il existe quand même certaines vérités que l’on ne peut pas nier. La spécialité de Stiglitz est l’asymétrie d’information, raison pour laquelle il a recu son prix nobel. Ce n’est pas les inégalités. Le problème de Stiglitz s’est que depuis qu’il a recu son prix nobel c’est devenu un idéologue gauchiste perdant toute crédibilité comme économiste. Rappelons que ce type a quand même soutenu la politique de Chavez alors que n’importe quel éconmiste lambda un peu sérieux savait que la politique de Chavez était désastreuse.
    http://cafehayek.com/2016/05/joseph-stiglitz-met-with-and-praised-hugo-chavez.html
    Que vous le voulez ou non toutes les études faites sur qui est riche montre que les riches sont avant tout des entrepreneurs et non pas des rentiers et qu’il existe une forte mobilité sociale chez les plus riches. Cela contredit les thèses des égalitaristes. Lire mes commentaires en dessous de cet article : http://www.emploi-2017.org/cinq-mythes-a-propos-des-inegalites,a0781.html
    Tous les égalitaristes que vous citez perdent toute crédibilité quand on voit qu’ils passent sous silence le rôle joué par l’état dans la montée des inégalités. Par exemple, les banques centrales jouent un grande rôle dans la montée des inégalités expliquée ici
    http://davidstockmanscontracorner.com/how-central-banks-cause-income-inequality-mises-org/
    Pourtant, les gauchistes ne parlent jamais de cela. Cela me fait marré tous les gauchistes qui sont immigrationnistes et qui sont favorable aux QE : les QE creusent les inégalités tout comme l’immigration dans les pays riches accroissent les inégalités dans ces pays. C’est incohérent de défendre l’immigration puis reprocher qu’il y a trop d’inégalités dans notre pays.
    http://www.emploi-2017.org/quel-lien-entre-immigration-et-inegalites,a0478.html L’université de Linnæus a démontré que sans l’immigration les inégalités n’avaient pas augmenté en Suède. Je pense que dans bcp de pays riches, si on faisait de tels études, on arriverait à de tels résultats à savoir que sans l’immigration, il n’y a pas eu d’augmentation des inégalités.
    Attention, ce n’est pas pour cela qu’il faut être contre l’immigration. De nombreuses études ont montré le bienfait de l’immigration au niveau économique notamment les études du PNUD, de l’OCDE ou encore pour la France de l’université de Lille.

  • A Peyo, quand à Piketty cela fait longtemps qu’il a été démonté. Ce mec est juste un idéologue gauchiste n’hésitant pas à manipuler les statistiques.
    Des économistes de gauche comme John Galbraith ou Philippe Aghion ont démoli Piketty. Même Krugman a fini par s’éloigner de Piketty . Lire mes commentaires en dessous de cet article : http://www.emploi-2017.org/piketty-est-il-un-economiste,a0487.html

  • A Peyo, les résultats des études sur les inégalités sont systématiquement faussées parce qu’elles ne tiennent pas compte de certains facteurs notamment les transferts sociaux, l’immigration massive ( la principale cause des montées des inégalités dans les pays développés), l’âge des enquêtés ( un jeune travailleur aura toujours un patrimoine bien moindre qu’un travailleur en fin de carrière) http://www.emploi-2017.org/usa-enrichir-les-pauvres-accroit-il-les-inegalites,a0473.html
    http://www.institutmolinari.org/et-si-on-apprehendait-les,2923.html
    Perso, je soupconne les égalitaristes de délibérément manipuler les statistiques. Ils présentent les statistiques de tel manière à faire croire que les inégalités sont énormes. L’interprétation qu’ils font des statistiques n’a souvent aucun sens économiquement parlant il s’agit de politique. Le but est de présenter des chiffres chocs pour choquer l’opinion publique. Ils utilisent le catastrophisme comme stratégie. Le but est d’inciter les gens à réagir de manière émotionnelle et non pas rationnelle. Par exemple dire que les 50 personnes les plus riches détiennent autant que tel nombres de pauvres n’a aucun sens économiquement parlant. D’ailleurs, si on croit ce genre d’études un étudiant d’Harvard qui a un prêt étudiant est bien plus pauvre qu’un fermier africain. C’est bien sûr absurde.
    Il faut se méfier des statistiques des égalitaristes et regarder ce qu’elles veulent vraiment dire car quand on regarde ce que disent vraiment leurs statistiques, on voit que les inégalités sont bien moins criantes que le racontent les égalitaristes

  • A Peyo Ce que je trouve quand même très bizarre c’est que tous les égalitaristes oublient toujours de dire que la pauvreté dans le monde a fortement baissé ces dernières années. Elle a été divisée par deux depuis 20 ans. C’est le capitalisme et la mondialisation qui a permis cette baisse de la pauvreté. Il n’y a jamais eu aussi peu de pauvreté dans le monde qu’aujourd’hui. Il n’y a jamais aussi eu peu de faim dans le monde qu’aujourd’hui. Pourtant, ces gens ont l’air de trouver intolérable qu’il y ait eu une montée des inégalités. Qu’est ce qui est le mieux : plus d’inégalités mais une pauvreté bien moindre ou moins d’inégalités mais plus de pauvreté. Pour moi, c’est l’option 1 qui me parait la meilleure mais pour les gauchistes c’est l’option 2.

  • Au vu des nombreuses réactions de Jacques, mes remarques semblent avoir touché un point sensible. Pourtant elles n’étaient pas partisanes. Je plaidais seulement pour un peu plus d’ouverture d’esprit. La démarche scientifique, du moins en sciences humaines et dans les sciences de la nature, commence d’abord par l’observation des faits et le respect de ceux-ci. Si tout argument opposé à sa thèse est récusé comme étant "gauchiste" il n’y a pas de dialogue possible, argument contre argument. On ne peut pas remplacer la démonstration par l’invective. Gauchiste contre libertarien ?
    Certains arguments laissent rêveurs. Ainsi récuser Stiglitz au motif qu’il aurait soutenu Chavez (à tort nul n’en doute) est un argument d’une haute scientificité, comme si l’on condamnait Milton Friedman pour avoir été un admirateur béat du Pinochet.
    Je veux bien qu’on ressorte une étude de l’Université suédoise Linneaus, mais pourquoi faire l’impasse de cette autre étude de l’OCDE "Trends in income inequality and its impact on economic growth" qui démontre exactement le contraire. Encore d’affreux gauchistes à n’en pas douter !
    http://www.oecd-ilibrary.org/social-issues-migration-health/trends-in-income-inequality-and-its-impact-on-economic-growth_5jxrjncwxv6j-en
    Le parti-pris idéologique conduit-il à escamoter tout un volet de l’argumentation ? La haine n’est pas un argument scientifiquement fondé (p. ex. quand on qualifie -dans un autre message - l’ouvrage de Piketty de "torchon").

  • "comme si l’on condamnait Milton Friedman pour avoir été un admirateur béat du Pinochet." c’est faux. Friedman n’a pas soutenu pinochet : http://reason.com/archives/2008/09/26/defaming-milton-friedman Friedman avait prévu que la liberté économique au Chili allait apporté la liberté politique Friedman a également voyagé en Chine, autre pays avec un gouvernement dictatorial, et a donné à ses dirigeants les mêmes conseils qu’aux politiciens chiliens, sans que, curieusement, personne ne le lui reproche.
    Les seuls liens que Friedman a eu avec Pinochet c’est un entretien de 45 minutes et une lettre purement technique suite à cet entretien (lettre à laquelle Pinochet a répondu de manière brève en disant que les recommandations de Friedman coïncident pour l’essentiel avec le Plan de Redressement National proposé par Jorge Cauas). Friedman a donné ses conseils à des tas de dirigeants. Vous devrez vous renseigner avant de diffamer quelqu’un. Dire que Friedman a admiré Pinochet est un mensonge.

  • Quand à votre étude de l’ocde lisez ceci : http://www.emploi-2017.org/scandale-statistique-a-l-ocde,a0557.html
    ainsi que ceci : http://www.emploi-2017.org/l-ocde-demasquee,a0483.html
    Ce que dit réellement cette étude de l’ocde ://www.atlantico.fr/decryptage/croissance-minee-agravation-inegalites-que-dit-vraiment-rapport-ocde-quand-on-prend-peine-lire-jusqu-au-bout-nicolas-goetzmann-1897298.html#MCis5EYGGE0jR7f3.99
    Si Federico Cingano évoque l’impact des inégalités sur la croissance, il n’en reste pas moins que la principale cause des inégalités est la faible croissance elle-même.
    L’étude préconise de se préoccuper, avant tout, d‘une politique de croissance. Puis de s’adresser à la résolution des inégalités avec l’éducation.

    https://www.bloomberg.com/view/articles/2015-05-24/a-bad-case-of-piketty-syndrome

  • "cette autre étude de l’OCDE "Trends in income inequality and its impact on economic growth" qui démontre exactement le contraire" manifestement, on ne lit pas les mêmes choses. Je reprends le commentaire de jacques : "L’université de Linnæus a démontré que sans l’immigration les inégalités n’avaient pas augmenté en Suède". Je ne vois pas en quoi l’étude de l’OCDE démontre le contraire. Ce sont des études sans rapport. Que l’immigration cause une montée des inégalités est un fait avéré par une multitude d’études. Cette étude montre que 46% de l’augmentation des inégalités entre 1990 et 1995 au Canada s’explique par l’immigration. https://www.jstor.org/stable/3552487?seq=1#page_scan_tab_contents
    Autre étude sur le sujet : http://www.statcan.gc.ca/pub/11f0019m/11f0019m2003198-fra.pdf

  • C’est l’immigration pauvre qui augmente les inégalités. L’immigration de travailleurs hautement qualifiés a l’effet inverse (réduction des inégalités) mais l’immigration de gens peu qualifiés conduit à augmenter les inégalités.

  • Haro sur le baudet. Maintenant je suis un menteur, un diffamateur. Excusez du peu. ! Je reconnais très humblement avoir, à mon tour, présenté comme une évidence un fait qui n’était pas avéré. Je suis donc tombé dans le travers que je reproche à certains de mes interlocuteurs. Bien sûr j’ai tenté de vérifier a posteriori sur le site "Contrepoints" qui, à ma connaissance n’est pas gauchiste, donc crédible pour mes interlocuteurs. L’article suivant me semble suffisamment bien renseigné pour être crédible et mettre un point final à notre controverse de détail.
    https://www.contrepoints.org/2017/04/06/286247-chili-de-pinochet-veritablement-a-milton-friedman
    D’accord aussi sur le fait que les deux études Linnaeus et OCDE ne traitent pas exactement du même sujet. Par ailleurs, même si je ne suis pas très expert en la matière, le modèle économétrique utilisé par M. Cingano me laisse assez perplexe (comme bcp d’autres modèles d’ailleurs, toujours très réducteurs). Si mes propos ont été un peu excessifs c’est que je suis un peu exaspéré de constater que, sur cette question fondamentale, selon la thèse que l’on défend on occulte l’un ou l’autre des dossiers. Sans compter que les termes employés (OCDE "démasqué" par exemple, Piketty "un mec" qui écrit des "torchons", etc.). Ce qui est affligeant ce sont les excès où conduisent ces prises de position. Ainsi
    http://www.scmsa.eu/archives/SCM_IRDEME_litige_2015_07_02.pdf
    Par contre j’apprécie l’argumentation plus pondérée d’Arnaud.
    Souhaitant seulement la confrontation pacifique de points de vue, seule permettant d’aboutir à un consensus minimal, je me retire de ce débat qui a atteint une intensité que je n’imaginais pas.

  • Bonjour,
    Il est à noter que les critiques sur Picketty sont nombreuses dans le milieu des chercheurs universitaires et du privé.
    Parmi les personnalités à critiquer Picketty on trouve un collectif dont les analyses ont été reprises dans le bouquin : Anti picketty, vive le capitalisme au 21 ième siècle écrit par Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin et édité en 2015. Ces personnalités sont de nationalités diverses,universitaires et avec des spécialités comme l’économie, l’histoire, la sociologie, .. Toutes critiquent Picketty et notamment l’exactitude des données, leur complétude, leur traitement et certains raisonnement faux. Pour ces auteurs le livre de Picketty est la mystification du siècle. Une personne dont j’ai oublié le nom traite son travail du même niveau que l’économiste du bien connu petit père des peuples, Mr STALINE.
    Un article paru dans l’OPINION Jean-Philippe Delsol, Nicolas Lecaussin et Emmanuel Martin le15 Juin 2015 à 09h18 "Selon Jean-Philippe Delsol, Nicolas Lecaussin et Emmanuel Martin, « l’ouvrage n’est qu’un parangon d’idéologie, une forme renouvelée du matérialisme scientifique de Marx et ses épigones ». cet article fait une synthèse de leur bouquin.
    Personnellement, je ne suis ni économiste ni sociologue mais petit entrepreneur et il y a quelques dizaines d’années ingénieur mathématicien.
    Je me demande s’il est correct d’un point de vue scientifique d’additionner des comptes en banque rémunérés ou pas, des obligations, des tableaux de peintres à des parts de sociétés personnes morales. Les riches sont souvent riches de la valeur des actions qu’ils détiennent dans la société qu’ils ont crée. Nous devons en premier lieu remarquer que les valeurs des actions fluctuent et parfois énormément d’un mois sur l’autre et d’une année sur l’autre. Pour la plupart, ces riches ne touchent pas pendant des dizaines d’années à ces actions car elles servent à développer leur enfant société. En quelque sorte ils n’en profitent pas. Peuvent-ils se payer un salaire exceptionnel ? ils doivent attendre un vote en AGO ou AGE ? peuvent-ils s’attribuer des dividendes exceptionnels ? ils doivent respecter l’égalité des actionnaires et surtout attendre le vote de la prochaine AGO ! . on remarquera que dans ces derniers cas ils sont soumis à des taxes, CSG, impôts IR et ISF (jusqu’à cette année en france). Peuvent-ils vendre leurs actions ? Oui sur le marché pour certains mais dans ce cas ils peuvent jeter un doute sur leur société et la capacité de cette société à continuer à se développer sans leur créateur ! Dans ce dernier cas il paiera des impôts sur les plus values et de l’ISF. Dans tous les cas la valeur de leur société est liée à leur capacité à diriger, à gérer au mieux et à travailler.
    Toutes les raisons précédentes non exhaustives m’amènent à penser qu’il y a un problème scientifique à vouloir ajouter des parts de sociétés personnes morales à d’autres biens.

  • Compléments.
    Je ne peux m’empêcher de vous livrer les dernières lignes de l’article de l’opinion consacrer au bouquin "anti Picketty, ...."
    "" Mais c’est que Piketty ne vise de réforme fiscale qu’à des fins politiques, pour que, dit-il, la démocratie reprenne le contrôle du capitalisme et des marchés : « L’impôt progressif sur le patrimoine individuel est une institution qui permet à l’intérêt général de reprendre le contrôle du capitalisme. » (p. 867) Comme le rappelle James Dorn, en voulant imposer à marche forcée une égalité de patrimoine et de revenus, il prend le risque de faire advenir une bien plus grande inégalité de pouvoir entre gouvernants et gouvernés. Il échange la démocratie, tout imparfaite qu’elle soit, contre la démocratie populaire dont on sait qu’elle déguise le totalitarisme et la pauvreté pour tous hors les apparatchiks.""

  • Les inégalités n’ont jamais été aussi fortes ? Il faut être de mauvaise foi pour le nier. Hélas. Sans détailler toutes les études, toutes les statistiques qui montrent cette triste réalité (INSEE, Eurostat...), je me contente de citer un court extrait du rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur le "Revenu social minimum garanti", rapport qui vient juste de sortir.
    " Entre 2004 et 2014, le nombre de personnes en situation de pauvreté a ainsi augmenté de 1,2 millions de personnes et d’après les dernières évaluations de l’INSEE, cette tendance se poursuit en 2015… ".
    Sans que cela en soit le seul facteur explicatif, on est tenté de mettre cela en rapport avec le constat, également documenté par Eurostat, de la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée (peut-être moins marqué en France il faut le reconnaître). Foin donc des arguties idéologiques. De toute façon on ne pourra pas empêcher certaines de nos "élites" à se livrer à leur sport favori du moment, la chasse au Piketty. Malheur à l’homme par qui le scandale arrive !

  • A Pierre-Henri,
    Vous mélangez tout. Avant de commenter, vous devriez plutôt lire attentivement.
    L’article démonte la thèse de Piketty et parle des inégalités aux USA et vous pour démonter l’article vous parlez des inégalités en France. L’étude du Cato Institute dont parle l’article concerne les inégalités aux USA pas en France.
    Et votre commentaire montre une totale confusion sur ce qu’est l’inégalité. Votre extrait que vous mentionnez parle de la pauvreté pas de l’inégalité. Pauvreté et inégalité sont deux choses différentes. La pauvreté peut très bien augmenter et dans le même temps il peut avoir une baisse de l’inégalité.
    "de la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée" et encore une fois cela ne prouve ne rien une montée des inégalités.
    Valeur Ajoutée = Valeur des biens et services produits − Valeur des consommations intermédiaires+ Marges commerciales (valeur des ventes de marchandises revendues en l’état moins leur valeur d’achat).
    "certaines de nos "élites" à se livrer à leur sport favori du moment, la chasse au Piketty" quelle mauvaise foi vous avez vu la complaisance des médias à son égard ? Sans parler de la récupération politique. On ne peut certainement pas dire que l’élite soit anti piketty ou se livre à une chasse du Piketty. Ce sont les économistes qui critiquent piketty car il raconte n’importe quoi. Personne n’a obligé Piketty à manipuler les statistiques et à raconter n’importe quoi. Des économistes de gauche comme John Galbraith ou Philippe Aghion ont démoli Piketty. Même Krugman a fini par s’éloigner de Piketty . Lire mes commentaires en dessous de cet article : http://www.emploi-2017.org/piketty-est-il-un-economiste,a0487.html
    Il faut être de mauvaise foi pour dire que la thèse de Piketty n’a pas été détruite. Les économistes n’attaquaient pas Piketty personnellement (même si c’est une habitude chez lui de manipuler les chiffres) mais ce qu’il disait. Manifestement, vous ne voyez pas la différence entre attaquer quelqu’un personnellement et attaquer ce qu’il dit. Il faut arrêter la victimisation. C’est quand même un comble si on suit votre logique on n’a plus le droit de démolir les conneries des gens, on n’a plus le droit de rappeler la vérité.

  • A Pierre Henri
    Parler des inégalités en France n’est pas une bonne idée car c’est justement l’un des pays où les inégalités ont le plus faiblement augmenté. Et si on regarde par rapport à il y a 30 ans elles ont diminué
    "La France est l’un des seuls pays où les inégalités ont diminué depuis 30 ans"
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/04/19/20002-20170419ARTFIG00292-la-france-est-l-un-des-seuls-pays-o-les-inegalites-ont-diminue-depuis-30-ans.php
    Regardez ce que dit l’INSEE sur les inégalités en France : après une baisse importante durant les années 1970 et 1980, il y a une période de stabilité dans les années 1990, les inégalités se sont accrues au cours des années 2000 (mais de manière limitée) et après la crise, les inégalités se sont stabilisées. En France, les années 2012 et 2013 ont ramené l’inégalité à un niveau proche de celui d’avant la crise . https://www.la-croix.com/Economie/Depuis-2008-inegalites-sont-creusees-puis-sont-reduites-2016-06-28-1200772130
    https://www.lesechos.fr/29/06/2016/LesEchos/22223-008-ECH_les-inegalites-se-sont-peu-creusees-depuis-la-crise.htm
    Par exemple, en 2013, il y a eu un recul des inégalités en France selon l’INSEE : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1370899
    Tenez un autre rapport de l’INSEE : Évolution des inégalités de niveau de vie entre 1970 et 2013 https://www.insee.fr/fr/statistiques/2017609?sommaire=2017614
    Si vous voulez d’autres sources, je pourrais vous en donner avec plaisir. Alors arrêtez de dire que les inégalités sont un problème en France. S’il y a bien un pays où ce n’est pas un problème c’est la France même les partisans de l’égalitarisme qui prétendent que les inégalités sont un problème le reconnaissent.

  • Une autre très intéressante à lire sur les inégalités
    Inégalité : combien y en a-t-il et est-ce mauvais ?
    https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2802602

  • A Pierre Henri,
    Marrant, je viens de lire cet article. Selon l’INSEE, en 2016, en France les inégalités diminuent légèrement : https://www.atlantico.fr%2Fpepites%2Fpauvrete-et-inegalites-diminuent-legerement-en-france-en-2016-3196628.html

  • " L’article suivant me semble suffisamment bien renseigné pour être crédible et mettre un point final à notre controverse de détail" j’avais déjà lu cet article et il rejoint mon point de vue. Donc merci d’être d’accord avec moi.
    Je veux bien reconnaître que moi même je me suis laissé emporter et j’en suis désolé mais j’avoue avoir beaucoup de mal à supporter l’attitude certains libéraux qui pratiquent une désinformation et diffament Friedman et Hayek concernant Pinochet.
    Milton Friedman - Pinochet And Chile : https://www.youtube.com/watch?v=dzgMNLtLJ2k

  • A Peyo,
    Hayek n’a jamais été favorable à la dictature de Pinochet. http://www.contrepoints.org/2010/12/08/8656-dictature-liberale
    La vérité est pourtant assez simple : Pinochet a confié l’économie aux chicago boys car c’étaient les seuls compétents pour redressé le Chili (les autres économistes étaient pratiquement tous marxistes). Et c’est seulement en 75 que Pinochet leur a confié l’économie (parce que la situation continuait à se dégrader). Pinochet ne comprenait pas l’économie, son choix n’était pas guidé par une idéologie mais seulement par le bon sens.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.