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France : pourquoi nos dépenses sociales sont-elles aussi élevées ?

Par Claude Sicard,
le lundi 17 février 2020

La France est le pays où les dépenses sociales sont les plus importantes de tous les pays développés, et elles ne cessent d’augmenter régulièrement, d’année en année. Elles se sont élevées à 812,4 milliards d’euros en 2018, représentant un peu plus de 60 % des dépenses publiques.

Aussi notre pays est-il le pays où les dépenses publiques sont devenues les plus élevées de tous les pays européens : on en est à 56,0 % du PIB, alors que la moyenne des pays de l’UE est à 35,8 %, et celle des pays de l’OCDE à 27,2 %. Pour couvrir ces dépenses, l’Etat ne cesse d’accroitre la fiscalité, ce que les économistes nomment « les prélèvements obligatoires », et, là encore, la France vient en tête de tous les pays développés. Autre phénomène préoccupant : la dette du pays qui ne cesse de croitre. Depuis 1975, en effet, les rentrées fiscales ne suffisent plus à couvrir toutes les dépenses, et chaque année l’Etat se trouve contraint de s’endetter un peu plus, au point que la dette extérieure du pays a fini par atteindre le niveau du PIB. La France se trouve donc en infraction vis-à-vis de la règle à respecter par les pays membres de la Zone euro qui interdit que l’endettement passe la barre de 60 % du PIB.

Le tableau ci-dessous indique comment nous nous situons par rapport à nos voisins :

Les dépenses sociales (2017 en % du PIB)
Suisse 16,0 %
Pays Bas 16,7 %
Etats-Unis 18,7 %
Japon 21,9 %
Allemagne 25,1 %
Suède 28,0%
Danemark 28,7 %
France 31,2 %
(Source OCDE)

Et en 2019 la France serait passée à 34,1 % (source, Eurostat) : il faut se rappeler que l’on en était à 15,0 % seulement en 1959.

Il est donc important d’examiner le problème des dépenses sociales du pays, et de comprendre pourquoi elles sont si élevées : réduire les dépenses publiques comme cela est demandé de toutes parts, car la pression fiscale excessive que nous connaissons étouffe notre économie, ne peut se faire sans que l’on s’attaque aux dépenses sociales. C’est là, que réside la difficulté.

Répartition des dépenses sociales en France
Vieillesse 45,0 %
Santé 35,8 %
Famille 7,6 %
Emploi 6,0 %
Logement 2,6 %
Pauvreté 3,0 %
Total 100,0
(Source DREES)

Ce sont les dépenses de vieillesse et celles de santé qui ont crû le plus rapidement : la vieillesse représentait 10,0 % seulement du PIB en 1970, et on en est actuellement à un peu plus de15 %.

En recherchant les raisons pour lesquelles nos dépenses sociales sont bien plus importantes que dans tous les autres pays européens, on ne peut manquer d’en attribuer la cause à ce phénomène particulier qui caractérise l’économie de notre pays : la grave désindustrialisation de la France, notre pays étant devenu le plus désindustrialisé de tous les pays européens, voire de tous les pays développés. Il s’agit donc d’un problème structurel, ce qui est extrêmement préoccupant : seule la Grèce est plus désindustrialisée que nous. La révolte des gilets jaunes qui s’est déclenchée en novembre 2018, une révolte qui n’est toujours pas achevée d’ailleurs, a eu pour cause, précisément, cette grave désindustrialisation du pays, mais les médias ne nous l’ont pas dit. Pour calmer la crise notre président s’est vu contraint de lâcher quelque 17 milliards d’euros, mais les revendications des gilets jaunes pour un meilleur niveau de vie, un mouvement qui a été soutenu par plus de 60 % de la population, sont toujours là.

Pour confirmer le diagnostic que nous avançons, il est intéressant de voir comment se trouvent reliées les dépenses sociales dans les pays, à travers le monde, aux niveaux d’industrialisation de ces pays, rapprochement logique à faire vu que, comme nous l’avons montré dans d’autres articles, la production industrielle est le facteur explicatif clé de la richesse des pays. .
Le graphique ci-dessous montre la liaison existant, statistiquement, entre le degré d’industrialisation des pays et l’importance relative des dépenses sociales publiques :

Corrélation Production industrielle/PIB et dépenses sociales /PIB

Dans le graphique ci-dessus les taux de production industrielle sont ceux publiés par la BIRD, et les taux de dépenses sociales sont ceux donnés par l’OCDE. L’équation de la droite de corrélation nous indique que pour le PIB par tête qui est celui de la France, les dépenses sociales de notre pays devraient représenter seulement 25,9 % du PIB, alors que nous en sommes à 31,2 %. Nous avons donc 5,3 points de PIB de dépenses sociales en excédent, soit 126 milliards de dépenses sociales en trop.

Il est facile d’identifier où se trouvent ces excès : il faut les rechercher avant tout dans les deux rubriques de dépenses les plus importantes : la vieillesse et la santé.

L’excès de dépenses de santé peut se calculer aisément en établissant une corrélation entre le niveau de richesse des pays et les dépenses de santé calculées, non pas en pourcent du PIB, mais par habitant. On a la corrélation suivante, en recourant aux statistiques de l’OCDE sur les dépenses de santé per capita, et aux PIB/tête données par la BIRD :

Corrélation PIB/ tête - Dépenses de santé/habitant (US$)

La France se trouve dans cette corrélation légèrement au-dessus de la droite de régression, et l’équation de cette droite nous indique que pour le PIB/tête qui est celui des Français nous avons 953 US$ de dépenses annuelles de trop, soit 19,4 % d’excès. Cela a représenté, au niveau national, un excédent de dépenses de santé, en France, de 40 milliards d’euros en 2018.

Les dépenses sociales excédentaires du pays s’élevant, selon l’estimation avancée plus haut, à 126 milliards d’euros, on peut en déduire que l’excédent qui est à imputer au poste vieillesse s’élève à 86 milliards d’euros, soit près de 24 % de trop.

En résumé, avec cette approche économétrique simple, on parvient aux estimations suivantes :

Excédents de dépenses sociales (en euros)
Dépenses de santé 40 milliards
Dépenses vieillesse 86 milliards
Total 126 milliards

Les dépenses de santé sont impossibles à réduire car tous les spécialistes indiquent que notre système de santé est à la limite de l’explosion. Quant aux dépenses pour la vieillesse, les reformes sont en cours : l’estimation d’excès de dépenses que nous donnons, pour ce poste, recoupe parfaitement celle de France Stratégie qui estimait dans une étude que nous sommes en dépassement de 3,4 points de PIB par rapport à la moyenne européenne. Malheureusement, il semblerait que les reformes que les pouvoirs publics tentent laborieusement de mettre en place ne déboucheront pas, finalement, sur de réelles économies à réaliser par les pouvoirs publics.

Claude Sicard, économiste, consultant international

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3 réactions :

  • 1. Par Laurent Guyot-Sionnest, le lundi 17 février 2020 (10:39)
    c’est le taux d’emploi le plus fautif

    c’est le taux d’emploi de la population en age et capacité de travailler qui est le plus fautif .

    ce taux est faible, notamment par manque d’industries.

    mais nous manquons aussi de capital que nous gaspillons dans pas mal de chimères

    il faut vraiment faciliter la création d’emplois dans les entreprises déjà en croissance du fait d’une certaine supériorité

    c’est coûteux de créer des emplois pour grandir : faisons financer l’accueil et la formation des futurs embauchés dans les entreprises en croissance :-)

  • 2. Par zelectron, le lundi 17 février 2020 (12:20)
    PERSONNE n’ose accuser les hommes politiques . . .

    . . . d’avoir recruté ou autorisé le recrutement d’un nombre gigantesque de fonctionnaires depuis Mitterrand ! Les impôts et taxes diverses ont plu sur les entreprises plutôt industrielles comme la vérole sur le bas clergé. 1980 : 2 500 000 fonctionnaires ; 2015 : 6 500 000 !

  • 3. Par le helloco, le mardi 25 février 2020 (12:11)
    cecité gouvernementale depenses de santée retaites

    Mesdames, messieurs qui décidez ,
    continuer a non coranobiliser la tète vous avez paupérisé le PLUS BEAU MOT DE LA LANGUE FRANCAISE OUVRIER les qui produisent quelque chose en remplissant a coup de diplômes en inadéquations avec les besoins concret (les sans dents les qui ont les mains sales ) qui ne sont pas diplômés es billevesées(E.N.A ; DEQUOIT)
    pour juste avoir de l’humain et un visage pour répondre avec empathie aux anciens qui coutent dans les pompes a profits epahd il faut un diplôme pas de qualités humaine
    comment expliquer aux transmetteurs de savoir ce qu’il ne savent pas dans un organisme qui porte un nom inexacte EDUCATION NATIONNALE (ou est l’éducation de personnes qui n’ont jamais produit quelque chose de tangible comme l’entretient de leur lieu de tranquillité sans risque puisqu’en définitif une rémunération et retraite protections seront au rendez vous ! INTRUCTION ??? NATIONNALE ?? regardez quels sont les restrictions pour transmettre un METIER
    messieurs/MESDAMES(important vitale) veuillez je vous prie de faire savoir pourquoi le pays FRANCE EST DANS CETTE SITUHATION
    un qui produit de la nourriture 24/24 7jours sur 7 est un pollueurs et a un résultats inferieur souvent au minima
    Salutations et respects aux
    OUVRIERS COMPAGNONS A CEUX QUI TRANSMETTENT LE SAVOIR CONCRET

    VOUS AVEZ DROIT VOUS AVEZ DROIT MAIS SOURTOUT PAS VOUS AVEZ L OBLIGATION OU LA DECENCE DE DONNER EN ECHANGE DE DROIT UN PEU DE VOTRE ATTENTION POUR LES QUI ONT LE DROIT A RIEN PUISQUE PAS DE DIPLOMES

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