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Racisme et terrorisme : une dangereuse pandémie mondiale

Par Yves Buchsenschutz,
le lundi 13 juillet 2020

Maintenant que la fièvre provoquée par l’événement des USA est un peu retombée, on va peut-être enfin pouvoir parler un peu sérieusement du racisme. Un mouvement qui ostracise des pans entiers de population et provoque des manifestations indignées dans le monde, mérite peut-être un minimum d’analyse sereine. Pourquoi ce phénomène, issu de la nuit des temps se perpétue-t-il inexorablement tout en soulevant chaque jour une réprobation plus importante mais aussi une pratique plus généralisée ?

Quelques éléments de base :

- Une définition

Une recherche rapide dans divers dictionnaires revient toujours peu ou prou à :
Le racisme est : une idéologie postulant une hiérarchie des races (supériorité de X par rapport à Y), une discrimination, voire une hostilité violente envers un groupe humain (racisme envers les femmes, sexisme, ou envers les homosexuels, homophobie…)
A noter que la deuxième définition contient la première qui en est une variante limitée mais exacerbée et qui ajoute à l’hostilité une hiérarchie.

- Une histoire

Autant que l’on puisse en juger, le racisme est aussi vieux que le monde ; déjà dans l’Antiquité, la notion de barbare, i.e. tout ce qui n’était pas la Grèce, ou Rome, mais aussi la Chine ou le Japon… était considéré comme différent, hostile, a priori inférieur. Ses formes ultimes, génocide ou esclavage, voire servage, ont jalonné les siècles et tout en étant déclarées aujourd’hui indignes, se perpétuent, soit en l’état, soit en des rapports plus ou moins déséquilibrés entre catégories sociales.

- Une confusion permanente soigneusement entretenue

Je ne m’aventurerai pas dans l’expérience américaine que je ne connais pas suffisamment bien. Je me bornerai à l’analyse de la famille Traoré, devenue célèbre en France. Voilà une affaire dans laquelle la police est accusée de racisme antinoirs. Peut-être, quoique le dossier soit pour le moins un peu touffu, et en attente de verdict de la justice. Il déclenche des manifestations anti policières (blanches), alors que l’arrestation a été effectuée par deux policiers noirs entre autres (?). Nous assistons peut-être à des manifestations de racisme, mais plus certainement à des rapports humains passant d’un stade individuel à un stade catégoriel.

- Sartre, réflexions sur la question juive

Il y a quelques temps, j’ai voulu relire ce document de Sartre, en principe fort connaisseur. Pour tout vous avouer j’ai trouvé ce texte assez décevant. Ce que j’en ai retiré c’est que le racisme pur et dur, en particulier l’antisémitisme, choisit le plus souvent des caractéristiques pour ostraciser l’autre, que ce dernier ne peut pas changer : pour le juif, être juif, pour la femme, être femme, pour l’arabe ou le blanc, être arabe ou blanc, etc. le deuxième thème plus intéressant est que le racisme se crée dans le regard de l’autre.
Oui, peut-être la police est-elle raciste car elle considérerait les noirs par exemple, comme une catégorie plus susceptible de délits divers que les blancs. Mais quand la famille Traoré et tous ses soutiens aussi divers que variés considèrent et affirment que la police, dans son ensemble, est raciste, elle parcourt un chemin exactement réciproque en affirmant qu’elle punit ou pourchasse principalement cette catégorie de population, et c’est bien la vision de la famille Traoré qui rend la police raciste, comme la vision de la police rend à la famille Traoré coupable.

- Au début était la catégorie

Le débat de base pour moi, est celui de la catégorie, ou plutôt de la catégorisation. L’homme a pendant longtemps navigué dans un univers hostile, s’intéressant avant tout à sa survie. Comme on ne peut pas raisonnablement se méfier de tout, il a imaginé progressivement des agglomérats ou des catégories de situations et d’individus, plus ou moins homogènes, à qui il a donné implicitement une note que j’appellerai de fréquentation. Il va en permanence chercher à fréquenter des catégories réputées amicales et pacifiques au détriment de catégories suspectées d’hostilité. En général, mais ce n’est pas toujours vrai, la première note favorable que nous donnons est attribué à la catégorie « famille ». À l’intérieur de cette catégorie on peut se faire confiance, on peut s’appuyer les uns sur les autres, on ne se trahit pas, etc. Le cran suivant est ce que l’on pourrait appeler « la tribu ». Ce sont les amis, les connaissances anciennes, des rapports historiques satisfaisants et continus, etc. Viennent ensuite, le village, autrefois la province, le pays, sa langue et ses usages… enfin ses éventuelles différences morphologiques, lesquelles ont de moins en moins de signification, tant le brassage des peuples et des populations est devenu la moyenne mondiale. A ce jeu d’ailleurs, reconnaissons que tout le monde catégorise tout le monde.

La catégorisation : un mode de vie utile, efficace et nécessaire

Ce phénomène plonge très loin dans nos civilisations : un métier par exemple est une catégorisation qui permet de savoir où l’on va trouver de l’argent, ce qui n’est pas la fourniture habituelle d’un boucher. Mais chacun d’entre nous a dévié un jour la catégorie métiers en catégorie raciste : tous les financiers sont des voleurs, les tchétchènes ou les tziganes aussi, … parfois de manière positive : les noirs sont de grands sportifs, les Bretons des navigateurs, etc. et les raisons en sont parfois parfaitement objectives : en matière d’alpinisme, si l’on doit choisir, il y a, a priori, plus de chance d’avoir un bon conseil de la part d’un suisse que d’un breton, mais ce n’est qu’une intuition pas toujours confirmée.
Il y a quelques dizaines d’années, s’est développé un mouvement littéraire appelé « le nouveau roman ». Une de ses caractéristiques qui m’avait frappée, était qu’on ne pouvait plus parler d’une grappe de raisin, terme trop vague, mais qu’il fallait désormais décrire les grains un par un. Le roman risquait de devenir un peu fastidieux. Mais il est aussi vrai qu’une grappe de raisin est constituée de grains différents.
Il me semble que le racisme apparaît, ou plutôt, devient néfaste quand on confond absolument l’individu ou l’objet isolé avec la catégorie dans laquelle on l’a rangé à un moment pour des raisons d’efficacité pratique. Oui nous pouvons catégoriser le monde car cela simplifie la vie mais nous devons accepter que chaque catégorie doive être raisonnablement et objectivement définie et que surtout, tous les grains de raisin ne sont pas identiques. Et nous devons manipuler cet outil avec la plus grande prudence si nous ne voulons pas créer d’injustices en permanence.

Conclusions et conséquences :

Chacun d’entre nous est raciste en permanence !

Avant de condamner, rappelons-nous la parabole de la paille et la poutre… et sans catégorisation-racisme, il est impossible d’organiser sa vie. En particulier, chaque revendication anti-raciste, en crée un nouveau de fait. (le racisme antinoirs de la police crée le racisme anti-police des noirs qui génère à nouveau…)

Le racisme est un mal profond mais incontournable : par contre on peut tout à fait le gérer

A ce propos, je regrette encore que l’on ait retiré de notre droit la notion de « en bon père de famille ». Pas à cause du père - on peut mettre qui l’on veut derrière ce vocable – mais à cause du sens de l’équité et de la responsabilité qu’il impliquait. Savoir et accepter que l’on est raciste, devrait permettre d’en garder les avantages tout en écartant les déviations mortifères. C’est un problème de bonne gestion.

Une saine gestion du racisme doit regarder la vérité en face

On peut tout à fait clamer que les hommes et les femmes sont égaux mais quand on en arrive à égalité = identité, cela devient une contre-vérité et c’est stupide. On pourra crier longtemps que les hommes sont égaux aux femmes, mais on cherchera longtemps encore le premier à accoucher d’un bébé ! Si l’on prend l’exemple des sexes, l’histoire a créé des catégories qui ne se justifient plus : aménageons-les mais ne les nions pas. Nous passons d’un seul coup de : une femme ne peut pas « faire carrière », à « elle doit le faire », d’un homme doit travailler (à l’extérieur) à il doit rester à la maison ! Chaque grain de raisin a le droit peut-être d’avoir son opinion ! A noter que l’on ne voit pas les femmes par exemple se jeter sur les jobs du bâtiment ou le ramassage des poubelles et je n’ai pas entendu parler de puériculteur ! Aidons le futur en brisant les plafonds de verre mais les quotas sont une nouvelle déviance du racisme.

La France s’est distinguée en créant un Ministère de l’égalité homme-femme : c’est un ministère raciste de la plus belle espèce. D’abord il sera forcément suivi d’un ministère blanc-noir ou blanc-beur, puis homo-hétéro… Où s’arrêtera-t-on ? Je propose qu’on le rebaptise « Ministère de l’Harmonie Sociale » pour ne pas dire raciste ! Son rôle, élargi, serait de gérer les relations des catégories les plus fréquentes ou les plus ostracisées.

Rapide retour sur la « pauvre » famille Traoré

Concernant la famille Traoré, tout semble prouver que sa catégorie dominante est le délit et non pas sa couleur de peau, et que la victime doit a minima être jugée, ce qui n’est pas bon signe.

Quand Madame Traoré énonce qu’en Afrique un problème de ce type entraînerait (sic) la descente dans la rue, l’invasion de la présidence, l’éviction du président et enfin son remplacement, elle mélange les catégories et prétend importer dans un pays qui vit sous des lois différentes, les coutumes d’un autre qui sont peut-être légitimes localement, mais pas en France en 2020.

En effet les catégories usuelles et communes d’un peuple deviennent au fil du temps sa constitution et ses lois, lesquelles jusqu’à nouvel ordre relèvent de la majorité de sa population et s’imposent à celui qui souhaite rejoindre cette collectivité. On peut tout à fait les faire évoluer, mais il existe aussi des usages pour cela.

Racisme et Terrorisme : un cocktail dangereux

Quelqu’un s’est avisé un jour que la catégorisation pouvait se transformer sans gros effort en racisme. Le cran suivant a été d’utiliser le racisme comme levier pour promouvoir des actions terroristes. (Je précise que je classe comme terroriste, toute action qui, sur la base d’un objectif défini par une minorité « agissante », prétend imposer son point de vue par la force physique). Exemple, si vous êtes 50 personnes à penser que Monsieur Traoré est une pure victime, le rapprochement avec le racisme vous permet de devenir en une après-midi plusieurs milliers qui de plus vont saccager tout une ville ou un quartier, sans même se rendre compte qu’ils défilent peut-être pour défendre une maffia. C’est devenu un mode d’expression comme le lynchage au Far West : on pend d’abord et on juge ensuite.

A ce propos d’ailleurs, on voit se développer sous couvert de racisme toute une série de catégorisations « utiles ». La mode devient de trouver une catégorie « coupable » et de la « stigmatiser » afin d’en obtenir la diabolisation ou l’élimination. Quelques exemples en cours : l’énergie nucléaire, la police, les arabes, les blancs, les colonialistes, les financiers, les gauchistes, les automobilistes… On s’en prend même à l’histoire et au progrès technique : Colbert Schoelcher, les vaccins, … Le choix est à peu près infini. Un jeu subtil, consiste pour les malins à se dissimuler délibérément dans une catégorie positive attaquant une victime expiatoire. Il en restera toujours quelque chose ! (le harcèlement est un modèle du genre).

A l’instant ou j’écris, la multiplication des manifestations racistes de fait, violentes et terroristes par négligence organisée, l’utilisation éhontée et détournée, de malheurs importés ou montés en épingle, la multiplication des chantages violents de type Notre-Dame des Landes, la démission quasi systématique de l’Etat, voire des expérimentations hasardeuses de démocratie directe non coordonnées avec notre système de décision constitutionnel ne laisse pas bien augurer de l’avenir de notre démocratie. [1]

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[1A l’occasion, renseignez-vous sur les déboires de J.K.Rowling, auteure de Harry Potter sur la « cancel culture » et la théorie du genre.

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