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Pour une nouvelle politique du droit d’asile :
se limiter à la proximité géographique et culturelle

Par Robert Devos,
le jeudi 18 avril 2019

Le droit d’asile (qui a déjà été modifié en 1990 et en 2008) a été considérablement détourné de sa raison première qui était d’accueillir des personnes victimes d’oppression et non des populations entières. De plus, il est devenu un exutoire pour les migrants en mal de justification de leur demande d’être accueillis en France. Le nombre de demandes d’asile a explosé passant d’un point bas de 23.000 en 2007 pour atteindre 122.000 en 2018. Il faut dire que la demande de droit d’asile donne un statut à celui qui en fait demande, statut qui vous met temporairement à l’abri et vous permet de bénéficier d’aides diverses importantes.

Les évènements en Syrie ont montré les limites de l’accueil massif de populations qui, elles, étaient bien éligibles au droit d’asile. En effet, l’accueil massif d’une population très différente en termes de langue, de religion, de culture, etc. pose des problèmes redoutables et l’expérience récente en Allemagne a refroidi même les plus chauds partisans d’un accueil sans limite.

Enfin, les chiffres montrent que les 6 pays de l’ex-marché commun devenu l’Union Européenne ont déjà accueilli au cours des 30 dernières années un contingent très important d’immigrés venant, soit de pays limitrophes, soit de pays du Maghreb ou subsahariens, soit de Turquie ou de pays nouvellement intégrés à l’Union Européenne. Si l’intégration des immigrés venant de pays de culture proche (culture chrétienne essentiellement) s’est faite sans trop de difficulté, il n’en est pas de même pour les autres qui sont en général de culture musulmane. Ce fait constitue, à lui seul, un puissant motif pour réduire l’arrivée de personnes de ces pays.

Cependant, ces évènements récents en Syrie ont montré qu’une autre voie était possible pour le droit d’asile : c’est d’aider l’accueil de ces populations par leurs voisins directs. En effet, les Syriens qui fuyaient la guerre civile dans leur pays sont partis se réfugier massivement en Turquie, en Jordanie, au Liban (même si un nombre important a été accueilli en Allemagne). Les gouvernements de ces pays ont pu faire face cet afflux et leur donner des conditions de vie acceptables, avec l’aide de l’Union Européenne (surtout pour la Turquie) et des organismes spécialisés de l’ONU.

Eh bien, il faut maintenant en faire une ligne directrice pour notre droit d’asile (au moins de masse) : n’accepter que ceux qui proviennent des pays limitrophes de la France (ce qui réduira drastiquement le nombre de demandeurs !) et arriver à convaincre les autres pays de l’UE de faire de même. Mais surtout, surtout, aider sérieusement les pays qui devront accueillir des demandeurs d’asile venants de leurs voisins. En effet, comment penser appliquer notre droit d’asile actuel en cas de guerre civile ou de catastrophe naturelle pour des pays comme l’Egypte (100 millions d’habitants), l’Ethiopie (idem), l’Algérie (40 millions), le Nigeria (200 millions). On voit ce qui s’est passé avec la Syrie qui est un petit pays (18 millions) et on ne voit pas l’Union Européenne digérer de nouveau une arrivée encore plus massive : et il faut le dire dès maintenant !Ensuite il faut traduire ce changement complet de notre mode de pensée dans notre législation et aussi convaincre les multiples organisations humanitaires qui en ont fait leur raison d’être. Vaste programme ! On voit déjà tous les bien-pensants de la pensée unique fustiger ce changement en mettant en avant les grands principes de notre chère République : Liberté, Egalité, Fraternité, où êtes- vous ?

En fait, depuis les grandes invasions du début du Moyen Age : les Goths, les Vandales, les Normands, etc. la France n’a pas été soumise à des migrations de masse et ces vieilles invasions ont quand même laissé des souvenirs désagréables. Il y a eu des mouvements de population en direction de la France au XXème siècle mais d’une ampleur limitée : Italiens, Russes, Arméniens. Et ces populations pourtant culturellement assez proches, n’ont pas été toujours accueillies avec sympathie. En ce qui concerne plus spécifiquement le droit d’asile, la France a accueilli à ce titre les espagnols fuyant la dictature de Franco et des harkis à la fin de la guerre d’Algérie et, de la même façon, l’accueil a été pour le moins mitigé…

Et on voit actuellement le rejet très net des pays européens d’une immigration non contrôlée, fut-elle le fait de populations obligées de quitter leur pays.

Ce changement radical de notre législation pour n’accorder le droit d’asile qu’aux citoyens des pays limitrophes de la France et mettre en place une aide spécifique aux pays accueillant des demandeurs d’asile, est un chantier très important qui devrait être lancé le plus tôt possible au niveau politique.

Cela devrait conduire à des économies substantielles au niveau de l’Etat : L’OFPRA verrait ses besoins réduits de 90% (le budget actuel est de 55M€) et de même pour la CNDA (budget 36M€) sachant que le coût total des demandeurs d’asile s’élève à 2,5 milliards d’€ pour l’Etat en France, en comptant les aides diverses et variées données aux demandeurs d’asile pendant l’examen de leur dossier qui est toujours compliqué. L’Europe s’est engagée à verser à la Turquie 6 milliards d’€ dont une bonne partie servira à créer des emplois pour les Syriens réfugiés en Turquie. On voit que les économies réalisables en France permettraient de financer efficacement l’accueil des demandeurs d’asile dans les pays qui leur sont limitrophes où les coûts sont nettement moindres et où les réfugiés, étant dans des pays plus proches de leur culture et de leurs habitudes de vie, auraient une bien meilleure chance d’intégration rapide à défaut de retourner dans leur pays. Quant aux associations humanitaires, elles devraient aussi redéployer leurs activités vers ces pays d’accueil.

Les demandeurs d’asile en 2018, viennent de nombreux pays mais pratiquement aucun d’un pays limitrophe de la France. Cela veut dire qu’ils sont passés par d’autres pays (Italie par exemple) avant d’arriver en France. C’est donc la confirmation qu’ils souhaitent venir en France, non pas tant pour échapper à une menace immédiate que pour bénéficier d’un environnement plus favorable. Donc ne sont pas de véritables demandeurs d’asile.

Et que deviendraient ces personnes qui seraient en France et qui n’auraient plus droit à l’asile ? La réponse est double : d’une part le nombre de personnes venant faire une demande d’asile devrait chuter drastiquement voyant que leur demande n’a aucune chance d’aboutir. D’autre part, pour ceux qui viendraient quand même, la situation serait la même qu’aujourd’hui quand ils sont déboutés (et ils sont nombreux à être déboutés ! : environ 80.000 cette année).

Enfin, la grande majorité des demandeurs d’asile utilisent les services de passeurs : il faut être d’une sévérité extrême vis-à-vis de ces bandits qui sont des marchands d’illusion et qui précipitent des malheureux dans des situations épouvantables.

Une anecdote véridique pour terminer : lors de sa visite aux Etats-Unis en 1979, Deng Xiao Ping rencontra le président Jimmy Carter qui ne manqua pas de lui dire que la législation américaine ne permettait pas d’accorder la clause de la nation la plus favorisée à des pays qui ne laissaient pas leurs nationaux pouvoir quitter leur pays. Deng Xiao Ping se cala dans son fauteuil et lui répondit avec un bon sourire : « Combien en voulez-vous ? dix millions, vingt millions, trente millions ? » Ce qui mit fin à la discussion… Et ce qui montre bien que les problèmes d’immigration ou d’asile sont avant tout des problèmes numériques….

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1 réactions :

  • 1. Par zelectron, le jeudi 18 avril 2019 (19:41)
    Lu et approuvé !

    Et si on revenait au droit du sang (depuis 3 générations en France) ?

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