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Macron répare-t-il la France ? Ou bien la détraque-t-il ?
Un test : ses adversaires souhaitent son succès. Le cas de Virginie Calmels

Par Hervé Gourio,
le dimanche 17 juin 2018

Le président de la République a innové verbalement en disant qu’il voulait « réparer » la France. Une manière habile de nous faire comprendre que des réformes sont nécessaires, objectivement et non pas pour des raisons de haute politique. Ce langage d’ingénieur ou de manager est bienvenu pour les membres et les amis d’EPLF car beaucoup d’entre nous ont eu à réparer des entreprises ou des organisations qui ne tournaient pas rond. Dans notre jargon on parlait plutôt de redressement ou de retournement.

Cela nous rend un peu péremptoires mais légitimes pour exprimer notre scepticisme sur les chances de succès de cette « réparation ».
Dans une situation difficile comparable dans une entreprise, nous aurions en même temps bloqué quasiment toutes les dépenses par principe en ne faisant d’exception que pour celles qui sont essentielles pour atteindre l’objectif de développement stratégique et pour inverser la tendance néfaste. Ce qui suppose d’avoir identifié la variable clé : quelle activité ? quel produit ? ancien ou nouveau ? quel client ? et quelles sont les ressources qui leur sont indispensables. Parallèlement nous aurions recherché comment dégager des marges de manœuvre financières pour éviter de devoir demander à nouveau le secours des actionnaires.

On est bien en peine de retrouver une démarche analogue avec Emmanuel Macron aujourd’hui.
Beaucoup d’efforts apparents sont faits pour convaincre nos partenaires de l’union monétaire qu’on n’aura pas particulièrement besoin d’eux pour nous sortir d’affaire, mais que la monnaie unique a besoin d’un nouveau partage des risques financiers. Il ne faut néanmoins pas nourrir trop d’espoir de secours ni de marge de manœuvre du côté de ces équivalents des actionnaires.

Côté blocage strict des dépenses, tous les commentateurs sont d’accord pour manifester leur étonnement devant la mollesse des deux ministres de Bercy et les annonces de nouvelles dépenses sans discontinuer par tous les ministres, tous azimuts, comme avant, et comme si de rien n’était.

Enfin sur l’essentiel, pour atteindre l’objectif le plus important, celui de l’abaissement du chômage, beaucoup de communication mais toujours le même problème lancinant : les entreprises susceptibles d’embaucher, start-up ou gazelles, manquent de fonds propres, à un point inimaginable disent ceux qui ont un peu travaillé hors de France. Mais à part le renforcement de l’action de la BPI on n’ouvre pas les vannes.
Quant à la simplification de la vie pour les entreprises, elle relève toujours de l’incantation.

Vous comprenez donc que nous ne voyons pas la « réparation » en bonne passe. Mais au moins voit-on des pas (petits pas, certes) dans la bonne direction ? Une récente rencontre avec Virginie Calmels nous donne à penser que Macron et son gouvernement en vérité continuent de détraquer le système et compromettent gravement les chances de redressement du pays. La personnalité atypique de Madame Calmels, brillante chef d’entreprise devenue « numéro 2 » du parti LR, lui fait évidemment partager notre analyse. Mais à l’entendre on ne peut s’empêcher de noircir le tableau.

Le dérapage des dépenses est naturel pour un gouvernement dirigé par des étatistes et jacobins invétérés, décidant avec les références et les critères appris à l’ENA ou à Sciences Po, satisfaits de l’approbation tacite de leur petit monde confiné. Ils disent que la France est intoxiquée à la dépense publique mais augmentent les doses. Comment un entrepreneur ambitieux peut-il accepter d’être surveillé par ces petits maîtres qui décident en dernier ressort sur l’assistance aux « défavorisés » et la « réduction des inégalités » ? Toujours l’obsession de maîtriser le partage du gâteau (en gardant leur part). Jamais le souci de l’agrandir.

Mais ce cancer ne se limite pas à la Macronie. Les camarades d’école qui dirigent le principal parti de droite n’en sont pas immunisés. Eux aussi rêvent de jouer aux dispensateurs d’aides publiques et de maintenir les Français dans la dépendance qui est le revers de leurs privilèges. Le piège se referme quand on entend ces belles âmes de tous bords déclarer qu’ils souhaitent le succès d’Emmanuel Macron pour éviter l’arrivée des extrémistes au pouvoir. Quand on vous dit que ce jeune politicien, habile à unifier l’énarchie, détraque notre pays....

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2 réactions :

  • 1. Par Eschyle 49, le dimanche 17 juin 2018 (16:37)
    Directives 92/49 et 92/96

    Directives 92/49 et 92/96 : tant qu’on en refusera le bénéfice aux 95% d’entreprises de moins de dix salariés , subissant 62% de charges sur leur CA , on n’arrivera à rien .

  • 2. Par Lagarde Henri, le mercredi 27 juin 2018 (19:01)
    Charge pesant sur les entreprises ne produisant qu’en France

    1 - Cotisations Sociales après CICE de 6 % = 35 à 38 % des salaires, dans l’industrie car salaires plus élevés, soit 58 % du RCAI

    2 - Taxes, participations, cotisations ...etc., "locales" pour un RCAI de 14,1 % = 24 % du RCAI

    3 - IS de 33,3 à 30 % pour ami exportant pourtant 67,5 % de son CA.... soit : 30 %

    TOTAL = 112 % du RCAI....et bien plus si RCAI inférieur !!

    Je vous fait passer un document où je détaille ces chiffres.

    Henri Lagarde

    Amitiés

    Henri

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