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Les faits sont là mais en France on ne veut pas les voir

Par Jean-François Bauer,
le jeudi 9 avril 2020

En France il y a depuis longtemps des entreprises publiques déficitaires sur des métiers dans lesquels des entreprises privées sont bénéficiaires, un enseignement privé qui coûte 1/3 de moins que l’enseignement public et a de meilleurs résultats, des cliniques dans lesquelles les opérations coûtent moins cher qu’à l’hôpital… mais on ne privatise pas d’entreprises, on bloque l’enseignement privé à 20% des élèves et beaucoup de cliniques ferment sous le poids des normes. Ce sont des faits connus depuis longtemps mais on trouve toujours de bonnes raisons pour ne pas en tirer la leçon.

L’épidémie actuelle met en évidence que la gestion budgétaire du système de santé français a conduit au délabrement des hôpitaux publics ; dans le même temps, l’Allemagne qui a beaucoup d’hôpitaux privés, accueille des malades français et semble avoir une proportion plus faible de décès.

Allons-nous en conclure qu’il faut développer l’hospitalisation privée ou plutôt que l’échec français est dû « au manque de moyens » et qu’il faut d’urgence accroître les charges sociales ?

Le scandale des masques n’aura pas de responsable ; de multiples commissions ont donné des avis aux nombreux ministères concernés et, faute de responsable visible, c’est la disette budgétaire qui expliquera que l’Etat ait laissé disparaître le stock de sécurité ! une taxe spécifique sera-t-elle créée pour le reconstituer ?

Contre l’épidémie, il est trop tard pour réformer et il faut se débrouiller avec le confinement et l’aide de l’Armée, comme fit le Régent du royaume de France lors de la grande peste de Marseille en 1720.

Mais on pourrait encore agir contre les conséquences économiques à venir. La crise de 2008/2009 a duré moins longtemps que celle de 1929/1933 grâce à des politiques de relance utilisant le déficit budgétaire ; cette fois, le gouvernement français n’a pas été long à se lancer dans cette voie.

Mais cela ne suffira pas pour réussir la reprise après la crise et il y a quelques faits à méditer :
 après ces deux grandes crises, le retour à la croissance a été plus lent et moins fort en France que dans les autres pays développés alors que l’économie française est plus administrée ;
 au début des années 80 le PIB par habitant français était légèrement supérieur à celui de la Suisse et il est aujourd’hui en dessous de la moitié ; pendant le même temps la France s’est mise à moins travailler et a divisé par deux la part de l’industrie dans son PIB alors que la Suisse a continué à travailler autant et a développé son industrie ;
 au milieu des années 70, certains instituts de prévision annonçaient que l’économie française était en voie de dépasser l’économie allemande, et moins de 10 ans plus tard la croissance française commençait à décrocher ; dans le même temps les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires ne cessaient de croître.

Une démarche logique serait d’en conclure que pour réussir la reprise il faudrait :
 déréglementer l’économie française pour libérer les initiatives ;
 réduire le périmètre d’intervention de l’Etat pour diminuer la dépense publique ;
 inciter les Français à « travailler plus pour gagner plus » ;
 diminuer les charges et taxes sur l’industrie ;
 cesser de pénaliser la réussite économique par des taux d’imposition confiscatoires…

Nous proposerons dans un prochain article une série de mesures en ce sens, mais il ne sera pas facile de les mettre en œuvre car un tel programme sera aussitôt qualifié du mot affreux de « libéral ».

Les administrations, les syndicats et beaucoup de politiques n’y sont pas favorables, et on a plutôt entendu préconiser : un plan d’urgence pour l’hôpital public, le retour à la planification à la française, le maintien des congés d’été, le rétablissement de l’ISF et une surtaxe sur les hauts revenus !

Et pourtant si la France ne faisait que sortir appauvrie de cette crise avec une dette de 130% de son PIB, malgré sa force de frappe atomique, elle finirait de perdre ce qui lui reste de son statut de grande puissance hérité du Général de Gaulle.

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3 réactions :

  • 1. Par Olivier Tardy, le jeudi 9 avril 2020 (11:28)
    Autres conceptions du travail

    Bonjour Jean-François,
    Si vous prenez une petite matrice 2x2 :
    2 colonnes : oui et non
    et 2 lignes : travaille et coûte à l’entreprise
    La matrice télétravail à des croix en colonne oui pour travaille et coûte.
    La matrice congés payés en non pour travail en oui pour couté.
    La matrice chômage partiel est en non pour travaille et pour coute...
    L’idéal serait de faire comme en Australie ou au Canada : subventionner les entreprises qu’il licencie pas mais permettre aux gens de travailler pour ces entreprises afin de préparer la sortie de crise. Les gens travailL’idéal serait de faire comme en Australie ou au Canada : subventionner les entreprises qui ne licencie pas mais permettre aux gens de travailler pour ses entreprises afin de préparer la sortie de crise. Les gens travaillent mais ne coûtent pas à l’entreprise Ce qui est, nous en conviendrons facilement une meilleure utilisation de l’argent (du) public. J’attends avec impatience de voir le nombre de contrôle de la directe il impact sur les redressement de ceux qui auront osé faire travailler des personnes en activité partielle...
    Bonne journée !

  • 2. Par zelectron, le jeudi 9 avril 2020 (11:56)
    La bonne mesure :

    Cesser de rester paralysé devant le nombre inquiétant de fonctionnaires dont certains parfaitement inutiles (hormis les régaliens ça va de soi)1980 = 2,5 millions ; 2017 = 6,5 millions
    qui peut dire à quoi servent ces innombrables personnes en surnombre à 3,5 millions d’€ en moyenne chacune pour l’ensemble de sa carrière jusqu’à la fin de sa retraite ! Ça s’est le vrai boulet de l’économie française . . .

    votre proposition ?

  • 3. Par CANEPARO, le jeudi 9 avril 2020 (15:09)
    merci pour cet article

    Fillon avait proposé un programme de rupture. Ce programme ne sortait pas de nulle part il s’appuyait sur un état des lieux alarmant de la France. Il était crédible car porté par un homme d’expérience et rompu aux arcanes de la haute fonction publique de par ces différents postes gouvernementaux. Il s’agit de remobiliser la France qui approuvait son programme et au delà. Vous participez à la réflexion de fonds (état des lieux, diagnostics et solutions) mais il faudrait arriver à d’une part mobiliser financièrement les entrepreneurs et les cadres puis s’adresser aux partis politiques, associations, syndicats et surtout aux français directement par des emails, des courriers, des tractages aux bouches de métros et sur les places de marchés, puis des meetings, ....
    Bon on n’est pas là ..j’attends avec impatience votre prochain article comme les autres bons articles de ce site ;

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