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Le Pacte de Marrakech et pourquoi la France n’aurait pas dû le signer

Par Robert Devos,
le dimanche 27 janvier 2019

L’origine du Pacte s’inscrit dans la déclaration de New York aux Nations Unies en Septembre 2016, dans laquelle 193 pays sont convenus qu’il fallait deux pactes, l’un sur les réfugiés, l’autre sur les migrants. Une réunion sur ce pacte pour les migrants a eu lieu au Mexique le 4 décembre 2017 mais les Etats-Unis s’étant retirés de la négociation quelques jours avant, le document final a été présenté et signé le 10 décembre à Marrakech.

C’est un document d’une quarantaine de pages qui s’ouvre par un préambule exposant le phénomène des migrations et qui déclare que « les migrations sont un facteur de prospérité, d’innovation et de développement durable ». Le problème est que ce n’est pas la perception majoritaire des Français à date, même si, à certaines époques, cela a pu répondre à des besoins importants de main d’œuvre par exemple. Les effets collatéraux des migrations (ghettos, conflits identitaires divers, etc.) ont largement masqué les avantages auprès de la population. Ceci biaise dès le départ la démarche.

Il se décompose en 23 objectifs pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Parmi lesquels :

3. Fournir dans les meilleurs délais des informations exactes à toutes
les étapes de la migration. Comment ?
4. Munir tous les migrants d’une preuve d’identité légale et de papiers
adéquats. A qui la responsabilité ?
5. Faire en sorte que les filières de migration régulière soient
accessibles et plus souples ?
8. Sauver des vies et mettre en place une action internationale
coordonnée pour retrouver les migrants disparus ;
9. Renforcer l’action transnationale face au trafic de migrants ;
11. Gérer les frontières de manière intégrée, sûre et coordonnée ;
13. Ne recourir au placement en rétention administrative des migrants
qu’en dernier ressort et chercher des solutions de rechange ;
14. Renforcer la protection, l’assistance et la coopération consulaires
tout au long du cycle migratoire ;
15. Assurer l’accès des migrants aux services de base ;
16. Donner aux migrants et aux sociétés des moyens en faveur
de la pleine intégration et de la cohésion sociale ;
17. Éliminer toutes les formes de discrimination et encourager un débat
public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière
dont les migrations sont perçues ;
23. Renforcer la coopération internationale et les partenariats mondiaux
pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.
Chaque objectif est décliné en 15 ou 20 sous-objectifs, ce qui en rend la lecture bien fastidieuse. [1]
Ce pacte présente plusieurs graves inconvénients :

Il faut d’abord remarquer que le pacte contient pratiquement exclusivement des engagements pour les pays qui reçoivent des migrants. Les pays doivent leur consentir immédiatement les mêmes droits (en particulier au niveau social et éducatif) sans que les migrants aient contribué en quoi que ce soit à leur réalisation. La sécurité sociale et l’éducation en France sont le résultat d’efforts considérables faits par les Français. Et ces efforts se poursuivent aujourd’hui : ce sont les impôts d’aujourd’hui payés par les Français qui financent ces services qui ne sont gratuits qu’en apparence !! Les migrants, eux, n’y ont aucunement participé et n’ont pas les moyens d’y participer à leur arrivée. On aimerait voir apparaître face à cette exigence de bon accueil (plus « chrétienne » de fait, que constitutionnelle), un devoir d’intégration pour le migrant, au minimum…

Le plus grave, c’est que le pacte ne fait pas une distinction claire entre les migrants légaux et les migrants illégaux (ce pacte ne s’applique pas aux réfugiés et autres demandeurs d’asile qui relèvent d’un autre pacte).
Et c’est là le problème de base de ce pacte : il est conçu pour les migrants légaux mais il laisse la porte ouverte aux autres. Et c’est cette porte qui va être utilisée par tous les migrants illégaux, soutenus par des ONG.
C’est un point fondamental. Un migrant légal a bien sûr une légitimité à être dans le pays qui lui a donné le visa correspondant et à y être traité conformément à la législation en vigueur. Cela n’est pas le cas du migrant illégal qui essaie de forcer le passage et qui compte sur la compassion (ou la faiblesse…) du pays d’accueil. Mais il ne devrait pas être là : normalement il devrait être immédiatement renvoyé dans son pays d’origine… De plus le pacte fait la part belle aux mineurs non accompagnés migrants qui ont vocation à être traités comme s’ils étaient les enfants du pays. Et à bénéficier du regroupement familial en France !! Alors qu’il serait légitime de procéder immédiatement à ce regroupement en les renvoyant dans leur famille, dans leur pays d’origine [2].

Ensuite ce pacte est un engagement : un engagement est un engagement (votre banquier vous le rappellera au besoin) !!! Comme c’est un engagement, il paraît normal que tout migrant illégal l’ait en permanence sur lui et commence à argumenter en disant : voilà le pacte que vous avez signé et sur lequel vous vous êtes engagés !! S’il oubliait je ne doute pas que des organisations comme la Cimade le lui fournirait et l’aiderait à faire valoir son point de vue. Ceux qui prétendent qu’il na pas force de loi et n’est donc pas une obligation, ont raison, mais seront les premiers à le « pousser en mêlée ».

Enfin, la France (et l’Europe) va être confrontée à un problème d’immigration de masse potentiel en provenance de l’Afrique. Ce continent a connu au cours des 50 dernières années une expansion démographique folle qui limite son développement économique. Les réseaux de communication modernes montrent, à longueur de journée, la vie dans les pays européens et en particulier la France. Une majorité de jeunes africains est prête à partir immédiatement pour espérer un avenir meilleur. Le malheur, c’est que l’on voit tous les jours les difficultés en France pour gérer les immigrés et leurs enfants. Laisser augmenter le nombre d’immigrés serait une folie. Et il faudrait une détermination sans faille pour contenir cette poussée.

Mise en œuvre des objectifs

« Nous nous engageons à atteindre les objectifs du Pacte mondial et à honorer les
engagements qui y sont pris, en accord avec notre vision et nos principes directeurs,
en prenant des mesures concrètes à tous les niveaux pour favoriser des migrations
sûres, ordonnées et régulières à toutes les étapes. Nous appliquerons le Pacte dans nos
pays respectifs et aux niveaux régional et mondial, en tenant compte des différences
entre la situation, les capacités et le niveau de développement de chaque pays, ainsi
que des politiques et priorités nationales. Nous réaffirmons notre attachement au droit
international et soulignons que le Pacte devra être mis en œuvre dans le respect des
droits et des obligations découlant du droit international ». [3]

Il s’agit bien d’un engagement !!

Le Pacte est un très fort signal envoyé à tous ceux qui rêvent de venir, et la France n’aurait jamais dû le signer, ce que même la Suisse ou la Norvège n’ont pas fait ! C’est un exemple typique de « soft power » de lobbying d’ONG.

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[1Catalogue de bonnes résolutions. Document disponible sur le site de l’ONU

[2Voir sur ce point le cas ubuesque de Mayotte qui accueille tous les accouchements de futurs petits français

[3Texte repris mot pour mot du Pacte

2 réactions :

  • 1. Par krieger, le dimanche 27 janvier 2019 (20:30)
    Pacte de Marrakech : peut on encore dire quelque chose quand nos gouvernants ont fait les choses en catimini ?

    Je salue cette analyse du Pacte de Marrakech, car elle résume bien ce que le français moyen peut craindre. Décidément, il n’aura jamais son mot à dire et même si il y avait un RIC sur ce problème, gageons que les politiques n’en tiendraient sûrement pas compte s’il leur était défavorable. Le bon sens n’habite plus depuis longtemps nos gouvernants avides de pouvoirs et soucieux d’etre réélus avec la complicité des immigrés et anciens immigrés d’une religion qui n’est pas celle des autochtones qui se revendiquent d’origine judéo-chrétienne. Le vivre ensemble est une utopie qui se transforme en distopie et notre réveil va être de plus en plus difficile...si nous n’ouvron pas les yeux sur ce glissement lent mais progressif vers une vie impossible et incompatible avec les nouvelles valeurs que nous imposent ces bidules que sont l’ONU, la CEDH, l’OMS....la Résistance s’impose !

  • 2. Par zelectron, le lundi 28 janvier 2019 (14:31)
    Macron n’a pas les pleins pouvoirs, il outrepasse son rôle.

    Ce pacte auquel le gouvernement français, en la personne du président de la république, a consenti sans en référer à ses concitoyens est donc de plein droit caduque.

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