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La Convention Citoyenne pour le Climat est une mascarade étatiste à oublier

Par Hervé Gourio,
le jeudi 2 juillet 2020

Grosse tête et agressivité

Le système politique français donne des pouvoirs plus importants à l’exécutif que dans toutes les autres grandes démocraties occidentales. Dans les gouvernements successifs de la Vème République, presque sans exception, les têtes n’ont donc pas pu s’empêcher de grossir. Il faut bien remplir l’espace offert par la Constitution ! Par facilité, cette boursouflure est le plus souvent appliquée à la position internationale de la France, référence toujours embellie pour détourner les regards de la glaise nationale où pataugent les citoyens bien naturellement acrimonieux.

Cette démarche mensongère n’est évidemment pas le meilleur chemin vers la cohésion nationale et la paix sociale. Comment s’étonner que, par exemple, nous soyons les pires Européens au classement fort technocratique du Global Peacefulness Index dont si peu de nos concitoyens connaissent l’existence ? Le village gaulois est en même temps bagarreur et le centre du Monde.

Élu sur la promesse d’une synthèse entre droite et gauche, Emmanuel Macron a encore amplifié ce climat de guerre civile virtuelle avec de nouveaux « combattants » et suscité une agressivité inédite contre la personne du président de la République après une succession d’actions ou d’inactions qui irritent des segments variables de la population.

Démocratie directe dévoyée

Un exercice de démocratie directe était demandé avec force par la plèbe des Gilets Jaunes. La machinerie étatiste française l’a transformé en un exercice de démocratie représentative (« unique au monde » s’est réjoui Emmanuel Macron) potentiellement explosif tant il est hypocrite à court terme et anti-démocratique à long terme. Et on peut se demander s’il n’élargira pas encore plus le fossé entre le président et l’opinion, que la pandémie avait opportunément réduit.

L’hypocrisie commence en laissant croire aux conventionnels que leurs propositions sont importantes pour atteindre l’objectif de la COP 21. Sans souligner, préalable indispensable, que la contribution française à l’objectif est un objectif diplomatique beaucoup plus que physico-chimique. Démonstration de la boursouflure nationale évoquée plus haut, prétention à montrer l’exemple plus qu’à faire obstacle aux catastrophes annoncées dans les scénarios du pire qui émeuvent beaucoup dans l’opinion mondiale mais dont la probabilité en lien avec la part des GES est difficile à établir.

En vérité la question n’est pas de chercher quelles mesures seront les plus efficaces ou efficientes (c’est aux experts de le dire) mais quelles pénalisations seraient acceptables pour la population (financières ou entraves à la liberté).

Hypocrisie encore aggravée quand on demande aux panelistes de ne pas considérer dans leurs propositions les deux mesures à coup sûr les plus efficaces : la taxe carbone et le recours au nucléaire.

Manipulation quand on argue de la représentativité d’un panel composé en respectant les règles des instituts de sondage quand ils appliquent un questionnaire, sans souligner que ces panelistes ont accepté de travailler pendant 9 mois sur cette question. Combien de Français auraient-ils fait de même ? Ne sont-ils pas un peu orientés et bien peu représentatifs ces conventionnels ?

Manipulation encore, quand ce groupe est soumis à une information commune et centralisée et invité à produire une liste limitative de mesures. Heureuse issue, toutes ces mesures sauf 3 jokers auront l’appui du chef de l’Etat sans qu’on nous dise ce qu’elles coûtent, ni ce qu’elles rapportent en économie de GES au moins.

Enfin le choc des images est encore plus troublant. Le rassemblement esthétique des conventionnels autour d’un président façon gourou californien dans les jardins de l’Elysée, ne nous entraîne pas vers l’idéal du débat démocratique des assemblées antiques.

Loin d’inspirer confiance dans un rapprochement des citoyens avec l’action du gouvernement, on peut craindre que cette mascarade n’aggrave encore les préventions déjà accumulées. Encore un faux pas dans la mauvaise direction pour le président ? Mais, plus grave, aussi pour la République ?

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1 réactions :

  • 1. Par GLORIEUX Régis, le jeudi 2 juillet 2020 (10:42)
    Endoctrinement démocratique !

    Déjà quand on utilise le mot "citoyen", c’est inquiétant. Car évidemment il ne permet plus aucune contestation. Le citoyen est roi, n’est-ce pas !
    Une analyse détaillée des 150 (149 effectives) propositions révèle un tissu de bonnes intentions que n’importe quel enfant du primaire aurait pu énoncer, une absence totale de chiffrage (mais l’économie et les millions de chômeurs ne comptent pour rien), un endoctrinement sournois par les militants extrémistes de l’écologie dogmatique, une avalanche de mensonges par omissions, etc.
    Bien évidemment, les voitures électriques et les TGV vont rouler grâce aux éoliennes. Qui a fait le bilan écologique de la SNCF en y incluant toutes les composantes : chantiers de réalisations des lignes, construction - durée de vie - recyclage des rames, consommation électrique, nuisance sonore, etc. Je n’en ai pas connaissance ….

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