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L’avenir de l’automobile, champion de la liberté !
Installer des chicanes ou poser des « stent »

Par Yves Buchsenschutz,
le mardi 11 juin 2019

L’homme est le centre du monde parce qu’il est physiologiquement construit ainsi et qu’il perçoit le monde par ses sens. La vue, l’odorat, le toucher, le goût et l’ouïe. Pire, chaque homme est le centre du monde puisqu’il ne le perçoit que par ses propres sens ou par ouï-dire. La mobilité a par ailleurs démultiplié ses facultés de connaissance et d’information. L’automobile, meilleur outil de la mobilité, a démultiplié la puissance de ses sens et par conséquent, sa liberté. Faut-il la tuer ou l’adapter ?

L’homme encapsulé

À ce sujet il est intéressant de noter que l’homme ne perçoit le monde que comme une sorte de capsule ou de sphère accessible à ses sens et qu’en conséquence il est comme à l’intérieur d’un univers clos et intangible, presque immuable. L’homme pense régulièrement qu’il va changer le monde mais n’en a pas vraiment le pouvoir ou alors, très rarement) et comme il ne peut ni se changer, ni changer l’univers, il est contraint de gérer sa relation à ce dernier, le moins mal possible. Être heureux c’est quelque part trouver un moyen d’être satisfait de la manière dont on a établi sa relation au monde qui nous sert de bulle de vie. Plus récemment, la photographie, le film, et plus particulièrement le reportage, mais aussi la télévision ou YouTube ont développé de nouveaux amplificateurs de la vue ou de l’ouïe mais cela ne résout pas tout.

A la recherche de la diversité

Au fil du temps, l’homme a tout de même trouvé quelques moyens d’élargir un peu son univers perceptible. Il a inventé la longue-vue et le télescope qui lui permettent de voir plus loin. Il a imaginé de transporter les odeurs de pays ou d’endroits extraordinaires ; (l’importation de l’encens a permis de se retrouver dans l’atmosphère de pays lointains et idéalisés ) ; il a imaginé la radio, le téléphone, le disque ou l’enregistrement qui ont permis d’accéder à l’information plus largement que par l’ouïe directe ; l’importation de cuisines étrangères a satisfait la recherche de goûts nouveaux ; il n’y a guère que le toucher qui n’a pas réellement réussi à se démultiplier, sauf à se procurer des produits aux textures inconnues.

Le développement de la mobilité

Une autre manière de déployer ses sens au-delà de leurs limites naturelles a été l’utilisation et l’amélioration de la mobilité spatiale. Si je suis le centre du monde et que ceci me condamne à ne connaître qu’un seul environnement puis-je me déplacer à l’intérieur ou à côté de cette sphère pour accéder à des visions ou des perceptions différentes ?
Le premier moyen de mobilité fut bien évidemment la marche, la deuxième probablement le cheval ou son équivalent le dromadaire et le chameau, voire l’éléphant, selon les pays et les civilisations, mais aussi le bateau. L’âge technicien a d’abord vu arriver la draisienne, puis le grand by, puis le vélocipède et la bicyclette, puis le train, l’automobile, puis l’avion, pour ne citer que les plus connus et utilisés. Chacun de ces moyens de transport et ou de mobilité a ses avantages et ses inconvénients. Sans revenir à la draisienne, le vélo est très proche du cheval, du moins dans son usage pseudo généralisé. On le gare devant sa maison, on monte dessus, on se déplace et on l’attache ou le laisse au point d’arrivée. C’est un porte-à-porte intégral très facile d’utilisation, peu coûteux mais fatiguant, surtout en cas d’intempéries ou de géographie accidentée. Son autre avantage sur le cheval est qu’il n’y a pas à le nourrir ni à l’étriller. Autre inconvénient, il ne va pas très vite et transporte peu. Le second candidat fut historiquement le train. Plus vite, plus loin, plus de charge, mais beaucoup plus de rigidité : la voie ferrée est un investissement lourd et structurant. Il n’est plus question de porte-à-porte ; c’est l’apparition du syndrome du dernier kilomètre et je suis tributaire des autres.
Vint ensuite la voiture…

Tentons de nous résumer dans un petit tableau comparatif :

(1) Et autres 2 roues
(2) La route (pour voiture) est de fait un investissement quasi incontournable car résout seul le dernier km

Il faudrait en fait intégrer les différents objectifs de déplacements, mais le tableau deviendrait très compliqué. En fait, mis à part le bateau car il nécessite une voie d’eau (mais il a eu son heure de gloire à l’époque de Madame de Sévigné par exemple), on peut tirer les conclusions suivantes :
• Le bateau est spécifique : en fait spécialiste des charges très lourdes sur très longues distances + une mer ; il est également lent ;
• Le cheval n’est plus raisonnable ;
• Sur les courtes distances, la marche le dispute aux deux roues : elle est plus lente mais plus sûre. Les deux vont de porte à porte ;
• Sur plus longues distances. Le très long va à l’avion : la vitesse compense les difficultés d’accès aux aéroports ; c’est de plus l’accès le plus facile et le plus efficace à un changement massif de sphère de référence ;
Le court ou moyen long va à la voiture qui remplit presque tous les critères, en particulier le porte à porte et la charge utile, et en prime l’horaire de départ individuel.

C’est d’ailleurs le choix des consommateurs, 70% des Français utilisent leur voiture pour aller travailler, mélange de 10% des parisiens intramuros pour qui les transports en commun (quand ils fonctionnent) résolvent un peu mieux le problème du dernier kilomètre, et des banlieusards ou des couronnes des grandes villes qui l’utilisent à 86%. [1]

La voiture est donc le meilleur moyen de mobilité et donc de liberté, qui a été inventé par l’homme et il ne faut pas la chasser ou l’interdire mais la sauver en l’adaptant !

Comme toutes les inventions universelles et pertinentes, elle est victime de son succès. Compte tenu de la démographie et de l’amélioration moyenne du niveau de vie, son accès généralisé pose en fait trois problèmes bien distincts :
• Sa pollution individuelle. Il conviendrait d’abord de la comparer honnêtement en termes de cycle de vie complet, aux autres moyens, y compris entre les modèles de voiture. (S’il faut rouler 100 000 km pour atteindre l’équilibre entre une voiture électrique et un diesel, il faut réfléchir un peu avant de décider). La recherche de solutions techniques n’est certainement pas terminée et les progrès déjà réalisés sont considérables ;
• Ses émissions de CO2 de même. Si le problème est purement celui de la consommation d’énergie, le nucléaire, malgré sa mauvaise presse, semble tout de même plus pertinent que l’éolien, même si la meilleure « batterie » (i.e. réserve d’énergie) mobile est en fait… l’essence ;
• La saturation de l’espace commun dans certains moments ou certaines conditions : la généralisation à toute la population de tel ou tel moyen entraîne immanquablement des effets de saturation. Il y a des situations diverses qui peuvent appeler à des solutions différentes et le même individu est toujours « multimodal » selon les moments. Je changerai de moyen de déplacement selon la distance, la charge, voire la météorologie. On nous dit qu’il y a trop de voitures, mais il y a aussi trop de trottinettes, de vélos, de motos, de camions, voire de foule ! (l’enfer c’est les autres !) [2]

Le choix délibéré de favoriser le piéton ou le vélo, et l’excommunication concomitante de l’automobile est loin d’être évident : pour commencer il n’y a aucune justification autre qu’idéologique à ce choix. Un Français piéton est-il plus égal qu’un Français automobiliste ? (il est en tout cas moins libre) ; il va contre le choix des consommateurs ; (voir le vote bananier des utilisateurs ou les réactions aux 80 km/h). Les prétendus classements écologiques sont tous encore entachés de larges incertitudes (le béton de l’éolien ? la puissance, la fabrication et la destruction des batteries électriques ? la consommation des voitures ? les déchets du nucléaire ? le fuel lourd des navires ? etc.)

Nous sommes pourtant pour le moment dans une situation où pour améliorer la mobilité générale, on installe des chicanes dans les artères automobiles au lieu de poser des « stent » comme dans les crises cardiaques. Il s’agit pourtant encore et toujours de circulation ! Ceci sans mentionner la punition par les taxes !

On ferait mieux, au minimum, de favoriser le covoiturage, le partage des véhicules, les solutions type Autolib, la fluidification du trafic… en attendant sa mutation écologique qui ne saurait tarder.

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[1L’expérience prouve que l’on peut tromper tout le monde une fois ou une personne tout le temps, pas les deux : un consommateur isolé est aisé à manipuler mais pris en masse son choix est en général tout à fait pertinent.

[2La solution est plus à rechercher dans la démographie et l’urbanisation.

3 réactions :

  • 1. Par zelectron, le mardi 11 juin 2019 (10:57)
    L’autre vision (partielle) L’AUTOMOBILE comme son nom l’indique le mobile automatique

    L’AUTRE ÉNORME AVANTAGE des automatiques mobiles (auto-mobiles, AM) autonomous cars
    pour autant que les compagnies financières ne mettent pas la main sur ces driverslesscars pour les louer à n’importe qui, n’importe comment, n’importe quand.

    elle peut faire encore plus ce que la SeuNeuCeuFeu (le RAIL) ne sait pas faire (le dernier kilomètre) :

    - aller chercher toute seule la grand mère chez elle pour fêter à la maison son anniversaire.
    - aller porter un gros panier de cerises à Tatie-confiture
    - ramener les enfants de l’école
    - envoyer la pièce essentielle du projet XYZ à bon port
    - prendre au drive les commissions prêtes
    - laisser la petite machine dans la voiture pour l’amener avec soi au bureau lundi matin.
    - envoyer un immense bouquet de fleurs des champs à l’élue de son coeur
    - si elle le souhaite, la voiture peut la conduire chez soi
    - garder dans le coffre arrière les outils indispensables, le plaid, le bric à brac habituel, dans le coffre à gants, une vieille carte en papier inutile mais qu’on a l’habitude d’avoir, une lampe de poche, un couteau suisse, une brosse à dents, un vieux journal, un livre, il n’y a plus de carnet d’entretien c’est une clé USB-8a qui le remplace,
    - et comme toujours aller à la campagne en comptant fleurette tout le long du trajet, s’arrêter pour piqueniquer et après forces libations entremêlées de baisers fougueux et passionnés revenir épuisés à la maison sans avoir à conduire de quelque manière que ce soit.
    Ah ! j’oubliais, cette voiture peut faire tout ça successivement ou partiellement sans problème (fonction navette familiale)

    NON A L’APPROPRIATION DES VOITURES PAR LES BANQUES ET LES CONSTRUCTEURS sans oublier les états racketteurs
    LA LOCATION C’EST LA MORT DE LA VOITURE INDIVIDUELLE !

  • 2. Par Jacques Peter, le mardi 11 juin 2019 (17:43)
    La liberté avant tout

    Laissez choisir librement les gens entre les divers modes de locomotion qui fonctionnent librement.

  • 3. Par Molimard, le jeudi 13 juin 2019 (09:33)
    L’automobile, centre du Monde ?

    Pendant le vingtième siècle, le classement des économies de la planète correspondait à celui de ses industries automobiles : 1 Usa, 2 Japon à partir de 1968, grâce à ses industries automobiles envahissant progressivement les USA, 3 Allemagne, 4 France, 5 Royaume Uni (qui fit vite venir Nissan Sunderland, lorsqu’ils se sont aperçus qu’ils étaient descendus de la 2 à la 6ième place, derrière les italiens). Or, depuis 2000, la Chine est devenue progressivement la 2 ième puissance (sans réelle puissance automobile) et l’Inde la 5 ième, alors que la Tata Nano, épouvantail de la baisse des coûts avec un pallier de 1300 euros pour son prix de vente le plus bas, vers 2008, la Tata n’a pas percé ... ? L’Allemagne, 2ième plus gros exportateur, continue d’impressionner avec ses SUV à 150 000 euros (...100 briques d’avant ???!!!), mais, voilà, l’auto se loue, surtout ... et coûte cher, trop cher, la moitié des budgets, souvent et le mal est enfin déclaré... attention aux remèdes de cheval, car vous oubliez, dans cet article, les nouveaux moyens de mobilité ... à suivre !...

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