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GILETS JAUNES : Créons une Association de Victimes des Gilets Jaunes (AVGJ)

Par Yves Buchsenschutz,
le dimanche 24 mars 2019

La France semble se diriger inexorablement vers une partition généralisée du pays :

D’un côté, les bourreaux, en vrac : le mâle hétérosexuel blanc, l’industriel patron, la chimie, les pesticides, l’Etat, le capitalisme, les élites (grandes écoles et ENA), l’industrie, l’agriculture intensive, le nucléaire, les voitures, les chasseurs, les Parisiens, la police, les mondialistes, les riches, les colonialistes, etc.

De l’autre, en vrac toujours, les victimes : les noirs, les arabes, les juifs, les femmes, le petit personnel, les LGBT, les transgenres, les handicapés, les animaux, la terre, le bio, les immigrés, les inégaux, les gilets jaunes, les piétons, les vélos, les abeilles, les oiseaux, la nature, les provinciaux ruraux, les manifestants, les colonies, etc.

Et si les victimes étaient en passe de devenir les bourreaux ?

Un auteur distinguait récemment la nuance entre la jalousie et l’envie : la jalousie consiste essentiellement dans le désir – très fort – de ce que quelqu’un d’autre possède. C’est un ressort bien connu du fonctionnement de la société, source de difficultés bien entendu, mais aussi parfois moteur positif de l’effort et du progrès, voire du renouvellement des dominants. L’envie, elle, exige d’abord que l’autre n’ait pas, ou plus, tel avantage considéré comme injustifié ; en ce sens, non seulement elle perturbe, comme la jalousie, le fonctionnement harmonieux de la société, mais encore elle la détruit à petit feu, la ramenant inéluctablement à son niveau le plus basique. Cela entraîne assez vite, rien à personne, tant qu’un exemplaire de cette catégorie subsiste.

Toutes les sociétés ont toujours connu des dominants et des dominés et une lutte entre ces deux camps, l’un jouissant en général de la force et du pouvoir organisé, l’autre du nombre.

Sans remonter trop loin dans l’histoire, un premier grand remue-ménage basé sur la victimisation d’une partie de la population va se développer avec le marxisme-léninisme et la révolte de la classe ouvrière. Les partis « communistes » fleuriront dans le monde entier ou presque, aboutissant plutôt malheureusement aux résultats de l’envie que de la jalousie - c’est-à dire – rien pour personne mis à part quelques rares caciques triés sur le volet. (on peut d’ailleurs assez bien trier cela grâce à l’IDH et l’indice de GINI [1]).

Le deuxième grand mouvement de libération (assez proche de celui de dé-victimisation) fut certainement celui de la décolonisation prônée avec insistance par les Etats-Unis du Président Roosevelt. Le moins que l’on puisse dire est que les résultats ont été mitigés… mais il est intéressant de constater que le levier utilisé pour ouvrir la porte à ce « progrès » a été une deuxième fois celui de la victimisation, cette fois-ci des peuples colonisés. Comme si les américains n’avaient pas purement et simplement éliminé les populations autochtones d’Amérique du Nord, interdisant de fait tout retour en arrière, et comme si, ces mêmes américains, devenus tout-puissants, avaient été secrètement rongés par une sorte de remord (judéo-chrétien ?). Au passage, l’histoire nous apprend que de tout temps, les hommes se sont battus pour se partager la terre et que la colonisation n’a rien d’une innovation au XIXème siècle.

Un troisième mouvement de dévictimisation, en partie concomitant du précédent est celui de la libération de la femme. Longtemps basé sur la force physique, le pouvoir, au moins apparent, était historiquement plutôt échu au genre masculin. Depuis le début du vingtième siècle, il glisse chaque année un peu plus vers les « victimes » à savoir, les femmes. Nous glissons tout doucement de la notion de partage (sexué), parfois léonin il est vrai, vers un renversement des rôles au profit des femmes déclarées éternelles victimes aux yeux des peuples éblouis. De la destruction du plafond de verre, on est passé à la politique des quotas, puis au mouvement Metoo, et maintenant à l’alignement des salaires et des postes dûment contrôlés par la loi et l’État, avec rapport annuel et sanctions. Un rêve inespéré pour le dernier des syndicalistes égalitaristes attardé : c’est encore mieux que l’avancement à l’ancienneté de la fonction publique. Il n’y aura donc plus beaucoup d’évolution pour les hommes dans les mois et les quelques années qui viennent [2] (il faut bien faire de la place aux femmes) et les choix de vie individuels devront s’aligner sur l’envie de faire carrière, comme tout le monde, sous peine d’abîmer les bilans sociaux. La cerise sur le gâteau est certainement l’augmentation obligatoire de rémunération au retour de la maternité, l’entreprise étant, de manière évidente, responsable aussi de cela ! [3]

Forts de ces quelques expériences couronnées de succès, nous assistons désormais à un scénario bien rôdé :
Phase 1 : sélectionner une cause à défendre, de préférence la mienne ;
Phase 2 : la présenter sous forme de victimisation ;
Phase 3 : la faire émerger comme une normalité qui s’imposera désormais à tous, au besoin par la loi.

On peut par ailleurs distinguer différentes variantes de victimisations :
  Des victimisations directes tels les homosexuels, les races, les bouchers, (la famille) ;
  Des victimisations indirectes : les animaux, les immigrés, les mal-logés, les aveugles ;
  Elles peuvent être le fait de majorités mais plus souvent de minorités ;
  Elles peuvent donner lieu à des créations d’associations, plus ou moins subventionnées par l’état ;
  Elles peuvent donner lieu à des actions de lobbying ;
  Elles peuvent donner lieu à des campagnes médiatiques ;
  Elle peut donner lieu à des manifestations : non violentes ou violentes ;
  Elle peut donner lieu à des manifestations : légales ou illégales ;
  Elles peuvent entraîner des contradictions législatives bizarres : nous sommes libres de penser mais pas de nous exprimer « raciste » ou « anti-homosexuel » par exemple ; nous sommes libres de manifester mais dans un cadre bien défini : autorisation, parcours, organisation du service d’ordre, etc. ;
  Elles peuvent devenir une quasi profession comme pour OXFAM ou Greenpeace, voire se perpétuer dans le temps : la victimisation du statut marital a accouché du PACS, relayé par le Mariage pour Tous, relayé par le statut LGBT, relayé par la GMA, suivi de la PMA, et maintenant les transgenres. Quelle sera la prochaine victimisation promue par les chantres de la nouvelle famille-sexualité ?

En termes de résultats, cette voie « de progrès » est une méthode efficace, surtout si elle arrive à s’appuyer sur des manifestations violentes, lesquelles sont susceptibles de déboucher sur mort d’homme [4]. Des décisions votées dans le droit fil de la démocratie telle le Camp du Larzac, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ses séquelles [5], les manifestations des gilets jaunes, quasiment toutes organisées hors légalité, continuent…Si l’on veut vraiment arrêter les gilets jaunes, il faut d’urgence créer une Association des Victimes des Gilets Jaunes : les villes dévastées, les commerces en faillite, les résidents interdits de domicile et Monsieur et Madame tout le monde, interdits de circulation, de fait depuis 18 Samedis devraient former un noyau suffisant pour, assistés de quelques casseurs, faire entendre leurs voix.

Si le cœur vous en dit, prenez contact avec nous ou avec Alain Dumait : alain.dumait@me.com

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notre revue de presse quotidienne

[1IDH Indice de Développement Humain
Indice de GINI : indice mesurant les inégalités

[2A priori 3 ans d’après la Ministre du Travail, Mme Pénicaud

[3Mais, en même temps, on libère soi-disant le travail de ses charges indues, comme le chômage ?

[4Encore faut-il relativiser : le mouvement des gilets jaunes compte 11 morts à son actif sans réprobation manifeste

[5Certains propriétaires légaux n’ont toujours pas récupéré leur bien au bénéfice des squatters

1 réactions :

  • 1. Par Picsou 75, le lundi 25 mars 2019 (08:59)
    Bravo !

    excellent analyse, tout est bien résumé. Mais que faire maintenant ? Aucun parti, aucun homme politique n’a compris cette situation, ou alors ils ne le disent pas. Mes contacts s’interrogent pour l’avenir de leurs enfants, faut il rester en France ? doivent ils partir eux mêmes ? L’ambiance générale est malsaine...

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