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EDF (ex-GDF) : Tourisme au pays des régimes spéciaux

Par Yves Buchsenschutz,
le lundi 3 février 2020

Les fers de lance de la lutte contre l’aménagement des systèmes de retraite, et d’ailleurs tout changement dans notre pays, ont été incontestablement : la SNCF, la RATP, et dans une moindre mesure les enseignants et la CGT qui s’est arc-boutée sur un slogan stérile s’il en fut : le retrait total d’un projet pourtant voté par les Français lors des élections présidentielles.

Plus loin, mais présents en deuxième rideau, on trouve pêle-mêle et pour des raisons souvent contradictoires, EDF qui a, c’est évident, une grande capacité de blocage général de la nation et ne s’en est pas privé. Des coupures « sélectives » ont ponctué toute la période de grève y compris dans les centres hospitaliers. On a trouvé également les sacro-saints aiguilleurs du ciel, plus curieusement le personnel de l’Opéra, maintenant les éboueurs, parfois les pompiers… voire les avocats. Point commun : capacité de blocage, défense de rentes particulières et présence de la CGT. Quand le blocage interne ne s’est pas manifesté spontanément, celle-ci a le plus souvent eu recours à des interdictions physiques d’accès, illégale en général au demeurant.

Pourquoi EDF ?

Parce que cette entreprise, autrefois fleuron industriel que le monde entier nous enviait, commence peut-être à exagérer. EDF, c’est un bon salaire, ce sont des horaires plutôt légers, c’est un emploi quasi à vie (1 % de turnover !), une retraite calculée sur les six derniers mois et garantie à 75 % (système à prestations définies). Cette dernière est de plus financée largement par les consommateurs.
La petite ligne sur votre facture qui s’appelle de manière poétique, je ne trouve pas d’autre terme, CTA ou contribution tarifaire d’acheminement, correspond en fait à une facturation aux consommateurs d’une partie non négligeable du financement des retraites du personnel d’EDF. (Comme l’EDF est une grande entreprise, cela représente tout de même de l’ordre d’1,5 milliard par an). À ma connaissance c’est le seul régime spécial qui ait réussi l’exploit de facturer la retraite de ses salariés directement au client. Pour information, la TCFE (taxe sur la consommation finale d’électricité) est, elle, une sorte de taxe sur l’énergie un peu semblable à la TIPP des produits pétroliers, mais la CSPE (contribution au service public de l’Electricité) finance, elle, les tarifs aidés que ce soit pour des raisons sociales ou des raisons écologiques. Le total représente allègrement 20 % de votre facture.

L’EDF C’est quoi ?

La deuxième raison est plus curieuse et peut-être moins connue. Dans les avantages qu’une entreprise peut apporter à ses salariés, les prestations fournies au titre du Comité Social et Economique (CSE, ex-Comité d’Entreprise) peuvent être - nous le verrons au gré de nos différents voyages - significatifs. Cette cotisation des entreprises, est à la fois obligatoire et volontaire. Dans la totalité des entreprises françaises d’une certaine taille, elle oscille entre 0,2 % et 0,5 % de la masse salariale, frisant parfois les 1 %. Chez EDF, elle est de toute éternité de 1 % mais, du chiffre d’affaires ! Elle a été fixée après la guerre, sous la tutelle d’un ministre communiste, lequel prétendit que c’était une erreur, mais elle a été appliquée et jamais corrigée.

Le résultat est impressionnant : le CSE « d’EDF GDF » est sacré champion toutes catégories de tous les comités d’entreprise français année après année. La Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) aligne un budget qui représente 1% du chiffre d’affaires de la compagnie ce qui fait un total de 407 millions d’euros. Ce CE est tellement important qu’il emploie près de 5.000 personnes. Les avantages qu’il octroie aux salariés sont aussi inédits qu’exclusifs. Ces derniers ne représentent pas moins de 300.000 personnes et plus de 580.000 si on compte aussi leurs familles.

Pour une meilleure organisation, le CE a dû être scindé en deux. D’une part, l’entité chargée des œuvres sociales qui dispose d’un budget de près de 280 millions et qui a un personnel constitué de plus de 5.000 personnes. Les tâches qui lui sont confiées sont innombrables. Elle doit notamment gérer 380 centres de vacances, 270 restaurants d’entreprise, 5 centres médicaux, 280 colonies de vacances, 2 maisons pour handicapés et 2 maisons de retraite.

La seconde branche est constituée par la mutuelle qui s’occupe de tout ce qui concerne l’assurance-maladie. Partout en France, elle emploie jusqu’à 1.500 salariés et détient un budget de 118 millions d’euros.

Mais ceci n’était pas encore suffisant : en 2014 s’est dénoué, dans la plus grande discrétion, le procès du CE d’EDF :
Emplois fictifs au CE d’EDF au bénéfice du parti communiste et prestations « particulières » pour la fête de l’humanité : Le procès de 3 semaines et les condamnations n’ont pas fait l’objet du tapage médiatique qu’on aurait eu si cela avait concerné des groupements de droite.

Les résultats du procès :

Jean Lavielle, ex-président du Comité d’entreprise EDF, a écopé d’une lourde condamnation : 18 mois d’emprisonnement avec sursis et 4.000 euros d’amende, il était le principal inculpé et présidait le Comité d’entreprise EDF, la CCAS, ou Caisse centrale d’activités sociales.

Son ancien directeur général, Jean-Paul Blandino, en prend pour 8 mois de prison avec sursis.
La sénatrice communiste Brigitte Gonthier-Maurin écope de 10 mois de prison avec sursis pour emploi fictif grassement rémunéré par le CE alors qu’elle travaillait pour la fédération du parti communiste des Hauts-de-Seine.

Jacques Lefèvre , ex-président de l’IFOREP, 12 mois d’emprisonnement avec sursis,
Jean-Paul Escoffier , ex-président de l’IFOREP, 12 mois d’emprisonnement avec sursis,
Pascal Lazarre , ex-vice-président de la CCAS, 8 mois d’emprisonnement avec sursis,

La CGT a été condamnée à 20.000 euros d’amende,
La fédération des Mines et de l’énergie CGT, 20.000 euros d’amende,
L’Iforep, qui a détourné plus d’un million d’Euros avec l’Humanité, condamnée à 75.000 euros d’amende,
l’Humanité, condamnée à 75.000 euros d’amende aussi.

Au total, huit personnes et quatre organisations ont été condamnées

En juin, l’audience avait duré trois semaines, « Trois semaines de silences gênés dans les grands médias audiovisuels et les principaux quotidiens », fait remarquer Jean Nouailhac dans Le Point de l’époque en précisant que « les quotidiens parisiens sont dépendants de la CGT pour être imprimés par le Syndicat du livre CGT » comme pour passer sous silence les connivences et liens idéologiques forts qui lient les uns aux autres.
Le comité d’entreprise EDF, ou CCAS, détient plus d’un milliard d’Euros d’actifs et un budget de 500 millions d’Euros par an financé par vos factures EDF.
Et cette grosse machine à sous, caisse noire du Parti Communiste, est entre les mains de la CGT, camarade !

Les condamnés n’en croyaient pas leurs oreilles, persuadés que comme à chaque fois ils passeraient en travers des gouttes et tenaient la presse via la CGT et le Syndicat du Livre.

Ce sont ces gens-là qui réclament votre soutien inconditionnel et étalent au grand jour leur incompétence à Flamanville, car ils défendent l’intérêt général.

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1 réactions :

  • 1. Par Jean-Xavier ROCHU, le mercredi 5 février 2020 (09:54)
    Excellent travail !

    C’est le mythe de Sisyphe !
    Comme l’enfant met le doigt dans le pot de confiture, les serviteurs publics doivent apprendre les réserves et dignités de leurs différents métiers. Pour ce faire ils ont besoin de telles mises au point.
    La turpitude des uns peut justifier la turpitude d’autres… Mais seules nos vigilances agissent comme des ressorts de rappel vers des pratiques qui honorent la plupart de nos serviteurs de l’Etat et autres gestionnaires de deniers publics.
    Merci !

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