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2020, l’année sans vacances

Par Yves Buchsenschutz,
le lundi 13 avril 2020

Nos sociétés se sont trouvées confrontées un jour au terrorisme. Elles n’ont pas trouvé « la solution » mais moyennant un investissement très conséquent dans la sécurité, elles ont réussi à le cantonner dans des limites « acceptables »(*). Elles se trouvent aujourd’hui face à une pandémie, laquelle n’est ni la première ni la dernière : il doit bien y avoir une solution. Pour la trouver il faut la chercher.

(*) Je n’ai jamais pu trouver d’évaluation du coût de la sécurité antiterroriste mais les seules mesures d’aéroports ou de fouilles systématiques représentent certainement déjà un joli pécule au niveau mondial tant en argent qu’en temps gaspillé.

L’énorme mensonge de la Chine

La Chine ment certainement sur les conséquences de la pandémie dans son pays : de deux choses l’une. Ou bien les Chinois ont réussi à trouver une solution « soft » à la pandémie puisqu’ils n’auraient que 3.000 morts pour une population de plus d’un milliard d’habitants, alors que des pays comme la France, l’Italie ou l’Espagne, voire les USA, en ont entre 10 et 20.000 pour des populations de 50 à 350 millions. On peut dès lors se demander pourquoi ils n’en ont pas fait part au reste du monde. Après tout, c’est la Chine qui semble avoir fait cadeau de cette maladie au reste du monde, ce que nous ferions bien, pour de multiples raisons, de ne pas oublier. Ou bien ils ont délibérément menti pour minimiser la crise qu’ils ont provoquée, profitant d’une société où la transparence n’est pour le moins pas la règle de base. Dans tous les cas, et même s’ils ont donné sporadiquement des signes de bonne volonté en donnant certaines informations ou en envoyant quelques spécialistes, il semblerait un peu déplacé de les considérer comme les sauveurs d’une catastrophe mondiale comme nous n’en avons jamais connu. L’attraction évidente de leur énorme marché (de plus encore en développement) ne devrait pas boucher les yeux et les oreilles de l’Occident, voire du reste du monde.

Notre problème va maintenant être, en admettant que le problème médical ait trouvé une solution, de faire redémarrer l’économie. Pour que la machine reparte correctement, quatre conditions paraissent nécessaires :

Quatre conditions au redémarrage

• Il faut une disposition importante de liquidités et ceci à deux niveaux ; au niveau des entreprises et des acteurs économiques pour que ceux-ci ne meurent pas de cette thrombose, et au niveau des clients finaux afin que ceux-ci réamorcent le processus économique d’achat ventes. Côté liquidités des entreprises, l’État et l’Europe semblent avoir pris la mesure du problème : reste à l’administrer de manière efficace. Le vrai critère de performance sera le nombre d’entreprises sauvées. Côté clients finaux, ceux-ci ayant été dans l’impossibilité de consommer pendant deux mois il est très probable qu’ils ont pu épargner, aidés par les mesures concernant le chômage partiel en particulier, qui cette fois-ci, semblent avoir été prises à temps. Nous conclurons donc que les liquidités sont disponibles : il faut surtout, bien les fluidifier. [1]

• Il faut en face, reconstruire très rapidement une offre. Plus personne depuis deux mois n’a acheté de voitures, ni d’appartements, ni de billets d’avion, etc. les circuits sont donc complètement à réactiver ce qui ne sera pas forcément très simple. Encore une fois les dispositifs « congelant » en quelque sorte les salariés au lieu de les licencier, sont certainement vertueux et plus pertinents que les licenciements de 2008. Un problème important sera celui des vacances traditionnelles. Il faudra probablement considérer que cette année 2020, les vacances ont été passées en confinement et redémarrer l’école et le travail le plus tôt possible (en début d’été ?), ce qui posera d’ailleurs le problème des activités touristiques.

• Il sera nécessaire de veiller soigneusement à l’accès : tout dépendra du ou des modes de déconfinement retenus et possibles. Je ne vais probablement pas acheter une voiture si je ne peux ni la voir ni l’essayer. Cela implique donc que la succursale Renault soit ouverte et que je puisse m’y présenter « normalement » et échanger avec un vendeur. L’économie repose sur l’échange, dans une certaine contradiction avec le confinement, solution standard de ce jour. Il faut absolument reconstruire les relations.

• Le dernier point mais pas forcément le moindre, sera celui de la confiance. Si les populations et les états pensent qu’ils sont en train de sortir d’une guerre d’un nouveau genre mais qui a une fin prévisible, voire heureuse, tout le monde s’y mettra. On peut même rêver que l’administration aidera au processus et ne sortira pas à chaque coin de rue une norme ou une règle qui freinerait le système. Pour atteindre ce niveau de confiance, deux points-clé au moins : la conviction que la pandémie est maîtrisée, mieux, qu’elle est derrière nous, et que nous partons une fois de plus vers des lendemains qui chantent. Un deuxième à savoir une forme d’union nationale qui permette d’adapter significativement les circuits devenus obsolètes. (Par exemple le fonctionnement des hôpitaux, et en particulier celui des services d’urgence : ils ont fait des miracles mais au passage, en crise, redéployés tous leurs modes de fonctionnements antérieurs. Profitons de cette occasion pour capitaliser sur les expériences réussies et en faire de nouveaux modes de travail, mieux adaptés à demain.

Ce problème est intéressant car c’est au fond un immense chantier de « supply chain ». Il y a une vingtaine d’années, les entreprises ont compris qu’une optimisation en silo, des achats, de la production, et de la logistique, les trois composantes principales des opérations, pouvaient encore être améliorées par l’articulation intelligente des trois fonctions. Nous avons un beau chantier devant nous.

À noter que la remise en route des scolarités et du bâtiment, voire de l’automobile et des transports, sont probablement les fils conducteurs de l’écheveau à condition d’avoir réglé le problème médical de la sortie du confinement (mais rappelons-nous que nous avons su régler en son temps celui du terrorisme). Par ailleurs, au moins en ce qui concerne la France, cette dernière vient de vivre ou aura vécu, à la sortie du confinement, entre deux et trois mois d’inactivité forcée. Si l’on veut que la machine redémarre il faut donc accepter qu’elle ait, de facto, pris ses vacances, en avance de manière sauvage certes, mais il est peu probable qu’elle puisse se payer raisonnablement une inactivité quasi totale pendant un mois ou un mois et demi de plus. Un scénario à étudier serait celui d’une reprise de l’école et de l’activité entre le 1er juin et le 1er juillet en réorganisant purement et simplement les vacances traditionnelles en particulier scolaires. Bien entendu cela ferait mal au tourisme mais cela permettrait au moins de redémarrer le reste en « libérant » les parents. Des aménagements intelligents du genre classes d’été, week-end prolongés, vacances « à l’américaine » (les américains ne prennent pas, contrairement à nous, un mois continu de vacances mais une succession de petites périodes plus courtes qui désorganisent moins la production et peut-être saturent moins les lieux touristiques). C’est probablement la condition pour ne pas se retrouver en fin d’année avec la perte pure et simple d’une demi-année de travail, ce qui pourrait cette fois-ci avoir des conséquences dramatiques.

Curieusement, c’est au moment où la mondialisation, par ses défauts, et elle en a : (la division du travail mondial a handicapé nos capacités de réaction et la circulation générale tant des populations que des touristes a provoqué la diffusion immédiate et générale de la pandémie) que l’on reconnaît enfin ses avantages, à savoir l’enrichissement du monde et le recul massif de la pauvreté. C’est pourquoi il va falloir faire preuve d’imagination et agir finement pour gommer les inconvénients tout en gardant les avantages, ceci dans un contexte démographique et de consommation de planète déjà problématique par bien des côtés [2].

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[1Les premières informations disponibles confirment une croissance des dépôts des livrets A et autres Assurances-Vie

[2Tous les dogmatismes, syndicaux, mandarinaux, catégoriels, juridiques ou constitutionnels, politiques… n’ont qu’à bien se tenir.

1 réactions :

  • 1. Par Onurb, le lundi 13 avril 2020 (23:42)
    Et les fonctionnaires ?

    Pour relancer la France, il faut que le secteur public cesse de mettre des boulets au pied du secteur privé.
    Les fonctionnaires doivent n’avoir que 15 jours de vacances. Sans une telle décision, pourquoi faire encore porter au secteur public le poids de la relance de l’économie.
    Quant à l’hôpital, on pourrait "rationaliser" les fonctionnement en virant tous les administratifs qui sont infoutus de prendre des décisions et qui vont au contraire mettre des bâtons dans les roues de l’efficacité (cf les ARS qui interdisent aux laboratoires régionaux de faire des tests).
    Pas un mot sur l’administration à part "On peut même rêver que l’administration aidera au processus et ne sortira pas à chaque coin de rue une norme ou une règle qui freinerait le système."
    ça veut tout dire.

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