Emploi 2017

Des chefs d’entreprises au service de l’emploi

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Sortir d’un enfer fiscal, si on parlait un peu du comment ?
... les dépenses publiques

Par Yves Buchsenschutz,
le mercredi 6 décembre 2017

Pour réduire les dépenses publiques et donc les prélèvements excessifs, il y a trois conditions nécessaires : en avoir envie et avoir du courage, promouvoir l’entrepreneuriat et l’enrichissement des citoyens, et abolir les privilèges du clergé de l’État. Il y a ensuite une méthodologie : introduire les leviers de changement que sont la comparaison et la concurrence, dans au moins trois domaines déjà partagés par l’État et le privé : l’éducation, la santé et le logement.

En avoir envie et avoir du courage

La première condition semble être de réapprendre le courage. Auguste Detoeuf, faisait fort justement remarquer dans les Propos d’O.L. Barenton, confiseur [1], qu’il existait des patrons de toutes sortes, verts, rouges, intelligents, bêtes, compréhensifs ou brutaux, etc. Mais que leur seule caractéristique commune était une qualité devenue rare : le courage. Le courage pour les citoyens d’affronter la vie telle qu’elle est, et en conséquence de ne pas toujours tout demander à l’État, et peut-être encore plus, le courage pour les hommes politiques, voire les journalistes, de dire non.

Valoriser l’entrepreneuriat et l’enrichissement

La deuxième condition du retour à des dépenses publiques raisonnables est un consensus général sur l’objectif à atteindre. Les Français ont longtemps pensé que l’entreprise était le diable. Il semblerait qu’ils aient enfin compris que c’est elle qui crée la richesse et l’emploi. Mais il reste encore beaucoup de ressentis négatifs vis-à-vis de la richesse. Si la théorie du ruissellement [2] ne parait pas entièrement prouvée, en revanche on observe que la moyenne des populations est plus riche aux États-Unis, en Suisse, au Luxembourg, en Allemagne, en Suède, voire dans une moindre mesure, en France (tout pays ayant des riches !) qu’en Tchécoslovaquie, en Inde, ou au Burkina Fasso. Par ailleurs, toute ponction étatique excessive freine le développement de la partie vive d’une nation : les entrepreneurs.

Abolir les privilèges du clergé étatique

Condition suivante : aucune organisation ne s’est jamais réformée contre ses propres membres si elle n’était pas intimement persuadée de la nécessité du changement. Il importe donc que les membres du service public réalisent que leur rôle est le « service au public » et que les hommes politiques admettent que le soi-disant intérêt général que les fonctionnaires défendent bec et ongles, n’est en fait souvent si on l’examine de près, que la somme de leurs intérêts particuliers : à eux le pouvoir, à eux les postes prestigieux, à eux les avantages en nature et les dérogations diverses, à eux la sécurité et la retraite confortable, les motards, etc., il y a bien longtemps que tous ces privilèges ont disparu du monde des citoyens ordinaires. Cela a été le prix à payer pour l’amélioration phénoménale de la productivité qui a amené à la richesse des pays développés.
Le ras-le-bol de l’État monte lentement mais sûrement dans la population : pour le moment il provoque des exodes, dans notre histoire il a provoqué aussi quelques révolutions. Par bonheur, il existe d’ores et déjà un certain nombre de serviteurs de l’État qui ne se satisfont pas de la prestation que leur administration fournit aux citoyens et de son coût. Encourageons-les, fédérons-les, aidons-les.

Introduire de la comparaison dans un plus grand nombre de domaines

Introduisons dans le système une énorme dose de comparaison. La raison pour laquelle les entreprises restent vivantes, compétitives, et se développent, est très simple : la concurrence. N’importe quel consommateur se sert tous les jours de ce concept basique : pourquoi continuer à acheter une baguette de pain mauvaise et chère alors que chez le boulanger d’à côté il y en a une bonne et bon marché ?

Par bonheur et par chance, il existe au moins trois domaines dans lesquels l’État est en situation d’activer facilement une concurrence bénéfique : l’enseignement, la santé et le logement.
- Dans l’enseignement, l’enseignement privé, plébiscité au point de refuser du monde, est bloqué par l’État qui refuse qu’il dépasse le seuil de 20 % tout en coûtant moins cher à la collectivité (de l’ordre de 30 % !). Ajoutons à cela les résultats PISA : si l’on introduit la concurrence, le système d’enseignement public sera bien obligé de s’améliorer s’il veut survivre ;
- La situation entre les hôpitaux publics et les cliniques privées est comparable : on constate une limitation autoritaire des ouvertures de cliniques privées pour préserver les hôpitaux publics, alors que les cliniques coûtent moins cher à la Sécurité sociale ;
- Un troisième domaine, plus complexe peut-être à réformer, serait celui du logement. La règle de 25% de logements sociaux et des APL coûtant 70 milliards d’euros par an n’ont pas résolu le mal logement en France.
Allant dans le sens de ces propositions, on peut noter qu’Emmanuel Macron a commencé sa carrière politique en créant une concurrence de cars privés à la SNCF publique, qui avait le pouvoir historique de bloquer ce développement et qui commence à le sentir dans la fréquentation des trains

Stopper la machine qui produit en permanence plus de complexité

Enfin il faut bien évidemment arrêter la promulgation continue de nouvelles règles, normes ou décrets, taxes ou impôts, sauf à en supprimer deux quand on en introduit un. On pourrait commencer par les impôts. Aux dernières nouvelles, la France en compte 275 !


[1Propos d’O.L. Barenton, confiseur, ancien élève de l’École polytechnique, Paris, Éditions du Tambourinaire, 1937 (édition limitée) ; 1948 ; puis nombreuses rééditions.

[2La théorie du ruissellement est une théorie politique sur l’économie selon laquelle, sauf destruction ou thésaurisation (accumulation de monnaie), les revenus des individus les plus riches sont in fine réinjectés dans l’économie, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l’investissement (notamment via l’épargne), contribuant ainsi, directement ou indirectement, à l’activité économique générale et à l’emploi dans le reste de la société (Source : Wikipédia).

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