Entrepreneurs pour la France

Des chefs d’entreprises au service de l’emploi

Accueil > Edito

Scandale sexuel, mensonge et Oxfam

Par Yves Buchsenschutz,
le mercredi 28 février 2018

Oxfam vient de se faire prendre les mains dans le pot de confiture pour scandale sexuel en Haïti et autres lieux… Mais ce n’est pas tout.

Fondée en 1942, à Oxford en Angleterre, Oxfam est considérée comme l’une des plus anciennes et des plus vénérables ONG. Elle a pour objectif affiché de lutter contre les injustices causant la pauvreté. Mais c’est aussi une multinationale dans tous les sens du terme : un budget de fonctionnement de plus d’un milliard d’euros, 10.000 employés, 20 associations alliées et constitutives, travaillant avec près de 400 autres associations locales ou spécialisées, une multitude de points de vente et de collecteurs de dons, ainsi que cinq « bureaux de plaidoyer », traduction en langage ONG de lobbying.

Oxfam et le scandale sexuel en Haïti

Il semble clairement avéré et prouvé que des employés d’Oxfam, et ceci au plus haut niveau, ont organisé des « relations sexuelles » contraintes ou tarifées en abusant de leur position de force et de populations désemparées. Ceci est vrai en Haïti, mais aussi dans d’autres pays, voire dans d’autres ONG. Oxfam a mis en place certaines sanctions mais elle a également tenté d’occulter l’information. Ceci a été largement repris depuis près d’un mois dans la presse, notamment dans deux articles du Monde des 17 et 19 février 2018.

Oxfam et l’argent [1]

Plusieurs remarques s’imposent quand on s’intéresse d’un peu plus près au rapport d’Oxfam avec l’argent. La première remarque est certainement son importance : des dépenses de plus d’un milliard d’euros (et les recettes correspondantes). C’est énorme !

La deuxième remarque est l’origine des fonds [2] : 41% soit 443 millions d’euros proviennent d’organismes publics (ONU, UE, pays, bailleurs publics divers, etc.) ; 39% soit 424 millions proviennent de dons privés (personnes physiques, entreprises ou fondations) ; 17,5% soit 188 millions de l’activité commerciale mais il s’agit là de la valeur brute : la valeur nette des recettes liées aux ventes n’est que de 30 millions, autant dire une goutte d’eau dans l’océan des subventions. Pour résumer, Oxfam vit donc de dons publics (c’est-à-dire de nos impôts) et de charité privée (celle-ci ayant très souvent à la clé des exemptions fiscales).

Intéressons-nous maintenant aux dépenses : comme souvent, c’est un peu plus délicat à interpréter. À première vue, Oxfam consacre 746 millions d’euros, sur un milliard, à ses programmes, ce qui donne des frais de fonctionnement de 331 millions soit près de 30% de ses recettes ! Tout cet argent consacré à la gestion et à la récolte de fonds, c’est beaucoup. Les ONG sérieuses sont en général autour de 15%, voire 10% de frais de fonctionnement [3]. Et en effet on peut considérer que si les gens donnent, c’est pour soutenir une cause, non pour entretenir une administration, ou les convaincre de donner !

On constate par ailleurs une certaine hypocrisie de l’organisation : à quoi sert en effet d’avoir une charte et de la signer à grand renfort de publicité, si les comptes mettent deux ans à sortir, s’ils sont confus, et s’il n’y a pas de contrôleur de gestion ou de Cour des comptes pour les examiner de manière sincère et critique ?

Oxfam et son objectif social : l’éradication de la pauvreté

Oxfam explique urbi et orbi que les lobbys sont des organisations capitalistes malfaisantes. Elle n’est donc pas un lobby mais un porteur ou initiateur de « plaidoyer ». Un plaidoyer qui rapporte un milliard d’euros, il n’y en a pas beaucoup, c’est même un lobby exceptionnel ! Sa production par ailleurs est largement constituée de tentatives, pour ne pas employer le mot trafic, d’influence. Tentatives directes auprès des décideurs nationaux et internationaux, ou indirectes et publicitaires vis-à-vis du public, potentiel donateur.

Pour arriver à ses fins, le don, Oxfam a développé au fil du temps une habileté incomparable à présenter les faits et les chiffres sous forme de slogans marketing ravageurs : en 2017, c’est avec une courbe de pauvreté extrapolée de manière totalement invraisemblable (la pauvreté mondiale augmentait parait-il inexorablement au fil des années), en 2018 c’est l’accaparement : « 82% des richesses créées dans le monde en 2017, ont bénéficié au 1% les plus riches ». [4] Les personnes ayant des doutes sur la bonne foi d’Oxfam sont invitées à consulter l’article du Monde « Comprendre l’étude d’Oxfam sur les inégalités de richesse ». C’est confondant de manipulation et d’approximations.

Rappelons que l’ONU, un des premiers bailleurs de fonds d’Oxfam, explique que la pauvreté recule chaque année, et qu’elle a été divisée par deux depuis l’an 2000 (soit aujourd’hui 800 millions de personnes, ce qui est bien entendu encore trop).

En ce sens, Oxfam rejoint deux grands penseurs historiques :

 Georges Marchais, longtemps secrétaire général du parti communiste français et qui dit avoir vu les Français s’appauvrir tous les ans pendant 30 ans, mais, en même temps, passer du vélo à la voiture ;
 L’économiste vedette Thomas Piketty, qui a démontré chiffres à l’appui que les riches s’enrichissent toujours plus. Mais ses statistiques sont contestables et son raisonnement économique est loin de la réalité.

Pour Oxfam, il s’agit tout simplement de tromperie et de mensonge. À noter qu’un salarié cadre moyen d’Oxfam semble toucher entre 70 et 80.000 euros par an ce qui le classe, d’après Oxfam lui-même, dans les 1% les plus riches qu’il combat !

Conclusion

Oxfam avait tout pour lui : un objectif généreux, une belle histoire, apparemment une belle organisation et d’extraordinaires introductions, probablement quelques beaux résultats sur le terrain et la confiance des pays et du public. Mais tout cela n’a pas résisté aux mensonges, à la cupidité, à la mauvaise gestion et, cerise sur le gâteau, aux prédations sexuelles. Cela devrait nous servir d’avertissement, à nous donateurs éventuels, et à l’ensemble des ONG, afin qu’elles évitent les mêmes dérives.


[1Voir rapport annuel d’Oxfam international 2015-2016.

[2Id. section 9.1 et 9.2.

[3En fait, le mode de calcul intègre le coût des ventes mais par contre il met la gestion des programmes, montant assez similaire, dans les programmes ! Une fois corrigés, les comptes donnent à peu près le même résultat.

[4Le Monde du 23 Janvier 2018.

3 réactions :

  • 1. Par zelectron, le mercredi 28 février 2018 (20:21)
    mensonges, cupidité, mauvaise gestion, prédations sexuelles

    revendiqués marxistes . . .

  • 2. Par Grobin Edouard, le jeudi 1er mars 2018 (09:23)
    discernement

    Oui, circonspection et discernement à l’égard des ONG, surtout celles de M SOROS.

  • 3. Par LALOI gérard, le vendredi 2 mars 2018 (17:48)
    "La Morale de l’Histoire"

    Le management d’une Organisation, quel qu’en soit le statut, Sociétés privées ou publiques, Associations...,exige de tous ses Membres une rigueur d’attitude et une exemplarité de comportement. Rien, cependant, ne peut garantir ce savoir être de probité si les acteurs ne se sentent pas guider par une vertu que le monde semble de moins en moins oser promouvoir : la morale !

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message