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Pourquoi Macron va échouer. Sauf si...

Par Hervé Gourio,
le mercredi 15 novembre 2017

Les médias quasi unanimes donnent Emmanuel Macron perdant dans leur bilan des six premiers mois. Mais pour de bien mauvaises raisons, comme nous l’avons vu dans un article précédent (Les médias contre Macron). Avec un regard froid, ses chances d’infléchir le destin du pays nous semblent faibles. Sauf si ?

Faisons le point sur ses atouts et ses handicaps. Sans reprendre à notre compte les malédictions proférées par les médias qui tournent toutes autour de son centrisme avoué.

Atouts : Quintessence des savoir-faire enseignés à l’ENA pour organiser efficacement l’action gouvernementale, y compris les épreuves parlementaires depuis le vote de la loi Macron, qui fut un training accéléré. Une analyse beaucoup plus réaliste que tous ses prédécesseurs de la situation réelle du pays, probablement héritage de son passage à la Commission Attali et du réseau qui l’alimentait.

Capacité de séduction en privé qui lui a permis d’attirer dans son entreprise politique des talents jusque-là attentistes, en particulier quelques experts issus de la société civile.
Un talent dans la communication visuelle (osons le mot, théâtrale) supérieur à celui de bien des leaders politiques mondiaux.

Handicaps : La dispersion des efforts, déjà apparente dans sa profession de foi « Révolution », fait tache d’huile dans une prolifération de réformes d’importances extrêmement inégales. Si l’analyse est souvent correcte, la synthèse et le choix des réformes décisives font défaut. Difficile de savoir le mot clé qu’il faut inscrire : révolution ? Certainement pas. Réforme ? Ça ne plait pas aux anciens électeurs du PS. « Transformation » tient la corde aujourd’hui, mais qui transforme quoi ? « Réparation » est probablement le plus correct. On veut remplacer les politiques publiques qui ne marchent pas.
Mais pour autant le gouvernement peine à s’extraire de l’entrelacs, du fouillis devrait-on plutôt dire, de politiques publiques mal hiérarchisées et aux effets contradictoires, résultat du Concours Lépine en vigueur depuis 30 ans.
Quels que soient les talents administratifs du président et de plusieurs membres du gouvernement, il est raisonnable de tabler sur l’échec, car les résultats positifs nécessaires au maintien de la bienveillance des électeurs seront insuffisants.

Échec sauf si ? Le redressement du pays ne pourra pas se faire sans proclamer les 2 ou 3 objectifs fondamentaux de l’action du gouvernement. Ceux qui passent avant tous les autres. Aucune politique publique ne doit être engagée si elle ne contribue pas positivement à l’un de ces objectifs fondamentaux. Les nôtres : sécurité et santé publique ; croissance durable de l’emploi marchand. Dans les deux cas, il faudra radicalement changer d’échelle pour avoir des résultats visibles. Bien loin du mi-figue mi-raisin actuel.
Comme disaient les grands industriels, tout ce qui n’est pas indispensable est inutile.

Comme disait Clemenceau, dont le souvenir vient d’être célébré... Après tout notre nouveau président en est peut-être capable.

Messages

  • Comme vous, je me pose des questions. Une des faiblesses criantes de la politique de Macron réside dans son incapacité quasi actée de réduire le déficit du budget de l’Etat en 2018. Donc, la France va continuer de vivre à crédit pour ne pas désespérer principalement (mais pas seulement) le lobby des salariés administratifs de l’Etat (les ronds de cuir cachés dans les administrations) et des territoires métropolitains (régions notamment). Comparée à celle de l’Allemagne, la situation financière de la France fait pâle figure. Sans argent, comment impressionner nos partenaires européens pour être crédible dans des projets ambitieux pour l’Europe ? Comme souvent dans le passé, la France de Macron se paie de mots et de discours grandiloquents dont l’effet ne dépasse guère l’émotion de l’instant.
    Mais, il est vrai que Macron hérite des politiques lamentables de facilités démagogiques et de perte d’ambition de développement entrepreneurial que lui ont laissées ses prédécesseurs depuis, disons pour faire simple, 1981, mis à part quelques brefs sursauts momentanés et vite abandonnés par manque de persévérance.

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