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Emploi-2017 : nous sommes-nous posé les bonnes questions ?

Par Bernard Zimmern,
le dimanche 7 juillet 2013

Chers lecteurs,

Au seuil des grandes vacances, laissez-moi vous remercier de nous avoir accompagnés dans cette aventure qu’est emploi 2017 et de nous avoir permis de faire, grâce à vous, un certain nombre de découvertes, malgré déjà plus d’un quart de siècle consacré à l’étude des politiques publiques.
André Messiah, résistant et physicien qui vient de disparaître, enseignait que l’esprit scientifique consiste moins à savoir des choses qu’à se poser des questions.
Nous sommes-nous posé les bonnes questions ?

Brièvement rappelé, ce qui n’était au départ qu’une protestation contre 30 années d’échec des politiques économiques françaises, a logiquement débouché sur la dénonciation de nos institutions les plus établies, au premier rang desquelles le ministère des Finances avec, en son cœur, la Direction de la Législation Fiscale, DLF, et l’INSEE, distributeur d’informations tronquées, voire même systématiquement fausses.

Dernièrement, un lecteur ne nous a-t-il pas rappelé que l’INSEE n‘avait même pas été capable de publier les résultats de son enquête phare, l’enquête-emploi, pourtant standardisée dans les pays de l’OCDE, et ne sait pas où elle a déraillé.

Mais la constance des efforts pour la création d’emplois depuis le retour de la droite au pouvoir en 2002, avec notamment les services à la personne de Jean-Louis Borloo et les auto-entrepreneurs d’Hervé Novelli, nous ont fait prendre conscience de l’incapacité de la droite à aborder la vraie question au centre de la création d’entreprises et donc de l’emploi :comment pousser les « riches » à investir et créer des entreprises. La droite a tellement peur de se voir identifiée aux riches, par la même panique qui l’empêche de s’attaquer à l’ISF, qu’elle n’a cessé de se contenter de créer des « petits boulots », de faire « mieux que rien ». Nous sommes visiblement parvenus au bout du chemin où nous conduit cette lâcheté.

Mais le plus innovant pour nous a été de découvrir que cette peur a été créée et organisée par une petite troupe d’étatistes et parasites de l’État, qui en vivent. Au nom de la lutte contre les inégalités ils ont attaqué le « 1% », le centile le plus riche, alors que ce centile, en France comme aux USA, est en gros responsable de la moitié des investissements dans les entreprises. Et alors que ce 1% est constitué pour plus de moitié par des entrepreneurs vivant d’une seule entreprise, qu’ils ont souvent créée en partant de rien. En le vilipendant, ces égalitaristes condamnent en fait des générations de jeunes au chômage dont ils sont, eux, parfaitement abrités car payés par l’État.

Nous avons certes continué à publier les résultats de recherches sur les gazelles, qui montrent que ces entreprises à forte croissance sont celles qui font l’emploi, que leur création ne peut se faire efficacement que par l’argent privé, pas l’argent public, et que même tous les agents privés ne sont pas bons pour bien investir, il nous faut des « chiens truffiers », des investisseurs privés qui sentent où placer les fonds publics, comme l’ont montré avec talent les Canadiens.

Mais la dernière découverte que nous avons faite, et nous n’en croyions pas nos yeux, est de comprendre enfin pourquoi, que la droite ou la gauche soit au pouvoir, les politiques de création d’entreprises et d’emplois françaises sont, au mieux, nulles, au pire dévastatrices. Nous savions d’expérience que c’est parce que c’est en fait Bercy qui dirige la politique économique française. Et Parce que ce sont les mêmes que l’on retrouve en dessous du niveau Élysée-ministres qui font dérailler les mesures qui ne plaisent pas à l’expansionnisme de Bercy, et qui imposent leurs propres mesures.

Mais nous n’avions jamais mesuré quel était leur niveau de non-connaissance de l’entreprise.
En faisant l’inventaire des carrières des 95 plus hauts fonctionnaires de Bercy, nous n’en avons trouvé que 3 qui avaient passé au moins 1 an dans une entreprise privée, mais nous avons trouvé en revanche, 42 énarques. Et à la DLF, ou au sommet de l’INSEE, ceux dont nous avions expérimentalement dénoncé les méfaits, zéro ? oui zéro ?, personne n’est passé par une entreprise.
Et nous nous étonnions d’avoir des législations fiscales qui démolissent notre tissu économique et une information statistique sur les entreprises souvent débile, alors que les entreprises représentent près de 80% des emplois et collectent près de 80% des recettes de l’État ?
Il est clair que nous avons complètement déraillé en France sur le recrutement des élites qui nous dirigent et que c’est probablement là le talon d’Achille français, qui explique le désastre économique et social actuel.

Désastre que nous allons tenter d’oublier pour quelques semaines en vous souhaitant d’excellentes vacances et un retour en forme pour un automne qui devrait être chaud et plein de surprises.

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6 réactions :

  • 1. Par florin Aftalion, le dimanche 7 juillet 2013 (18:57)
    Emploi-2017 : nous sommes-nous posé les bonnes questions ?

    Merci pour votre remarquable travail qui éclaire si bien les sources de nos problèmes.

  • 2. Par gerard Dosogne, le dimanche 7 juillet 2013 (20:25)
    Emploi-2017 : nous sommes-nous posé les bonnes questions ?

    En effet, personne n’ose poser les bonnes questions... car elles apporteraient des réponses évidentes qui ne plairaient pas à notre nomenklatura. Le chomage vient il d’un marché de l’emploi trop rigide ?Les jeunes ne sont pas engagés en apprentissage ..car une fois "dans la place" , ils n’ont plus rien à craindre et "s’en foutent". (pas de possibilité de les virer si ils ne font pas le boulot).
    Et que dire des indemnisation et autres allocations qui n’incitent pas les jeunes à chercher...
    Et pas seulement les jeunes....
    Et les emplois publics résolvent ils le problème ???
    Mais stop , silence , on entre dans le politiquement incorrect !!!
    On va en tout cas y penser durant l’été avec des réponses aux questioons que personne ne pose

  • 3. Par Mennessier, le dimanche 7 juillet 2013 (20:46)
    Emploi-2017 : nous sommes-nous posé les bonnes questions ?

    Bonsoir

    Je recherche la référence du document qui expliquait comment la création de 1000 emplois aidés ("ce que l’on voit"), détruisait en fait environ 1100 emplois marchands ("ce que l’on ne voit pas").
    Peut-être pourriez vous m’aider à retrouver cette source ?
    Merci d’avance
    Claude Mennessier

  • 4. Par Jacques Ternoy, le lundi 8 juillet 2013 (14:01)
    Emploi-2017 : nous sommes-nous posé les bonnes questions ?

    L’Economie a pour objectif central de créer des richesses et non des emplois. Même s’il y a une corrélation positive entre création de richesses et création d’emplois, l’Entreprise, moteur de l’Economie, n’a pas pour objet central la création d’emplois. Il ne faut pas se tromper d’objectifs au risque de transformer le système redistributif de richesse (bien français) en un système redistributif de misère.

  • 5. Par Bernard Zimmern, le mardi 16 juillet 2013 (21:39)
    Emploi-2017 : nous sommes-nous posé les bonnes questions ?

    J’ai écrit en effet en 1999 )à tout fonctionnaire son chômeur montrant que le coût d’un fonctionnaire mettons 30.000 € aujourd’hui obligeait à des prélèvements dont l’OFCE, pourtant de gauche, montrait que suivant qu’il s’agissait de prélèvements directs ou indirects ils contribuaient à faire disparaître de 1 à 2 emplois privés

  • 6. Par Jean Schielé, le mercredi 24 juillet 2013 (22:55)
    Emploi-2017 : nous sommes-nous posé les bonnes questions ?

    Comment amener la "société civile" à reprendre les manettes pour redresser la barre ?

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